L’enflure de l’hippocampe (et autres titres à la c**)

Ce qui vous amène à lire un livre, c’est la curiosité. Parce que même un livre que vous devez lire, vous ne le lisez finalement que par curiosité (sinon, vous le survolez, vous lisez le résumé ailleurs, vous vous débrouillez pour ne pas le lire du tout ou trouver le film…)

Bref, un bouquin pour être lu doit piquer votre curiosité et seulement deux choses arriveront à attirer votre attention sur les étals (et sur internet aussi) :

La couverture et le titre.

La couverture, bah, nous sommes saturés d’images H24, du coup, ce n’est plus vraiment accrocheur. La plupart des couvertures reprennent les codes du genre de bouquin écrit : noires et rouges, c’est pour les vampire ou les polars bien sanglants; aussi bariolées qu’un magazine de déco, c’est les romances contemporaines où l’héroïne se bat contre son célibat à coup de soirées copines et d’achat de rouges à lèvre en promo (je sais pas où ils les trouvent ces filles, moi, je n’en ai jamais croisées); la fille de dos face à la mer/la ville/le lac/n’importe quoi c’est pour les bouquins de Marc Levy…

Bref, la couverture, c’est devenu un truc qui doit sortir du lot mais qui se bagarre avec les 200 autres couvertures qui l’entourent et qui sont toutes sur le même modèle.

Alors, il ne reste plus que le titre. Un titre, c’est hyper important pour un bouquin, je le sais, j’en ai déjà parlé ici (article supprimé, ben ouais, internet n’a pas de mémoire…)

Le problème, c’est de trouver un titre accrocheur, qui éveille la curiosité (parce qu’on ne peut pas s’empêcher de lire les titres des livres s’ils passent dans notre champ de vision), et qui n’existe pas déjà ou ne soit pas réservé (vous saviez qu’on peut « réserver » un titre comme on dépose une marque ?)

Mais il y a de plus en plus de titres qui ne reflètent pas le bouquin, qui sont accrocheurs et qui, finalement, mal utilisés et surtout utilisés à outrance, sont complètement ridicules. Surtout que ces titres se veulent souvent inspirants, philosophiques, avec un sens caché et profond que tu ne découvriras qu’après avoir lu le livre… Livre qui se résume à une histoire gentillette, sans profondeur (ou alors une profondeur de pataugeoire), ni réel intérêt littéraire. J’entends par « intérêt littéraire » un intérêt ARTISTIQUE de la littérature : qui parle du monde, qui vous questionne, qui vous fait ouvrir les yeux, et non pas qui est joli et bien beau à lire… (désolée, en ce moment, je lis un roman sur la dictature argentine, pas le genre à vous faire voir le monde en rose)

Bref, des titres à la c*n…

Allez, je suis sympa, je vous en donne quelques titres gratos pour ceux qui n’en trouveraient pas pour leurs futures oeuvres :

  • L’arthrite de l’écureuil du parc de la Villette (l’histoire de  la rencontre d’une vieille dame et d’un jeune SDF au nord de Paris)
  • Pourquoi les mouches à merde se posent sur les coquelicots en bord de mer ? (un ancien catcheur se retrouve vigile dans une station balnéaire en plein hiver et se met à écouter du Francis Cabrel en boucle)
  • Le jour où Amanda Troubilon se décida à mettre une robe verte (l’histoire de Luc Biloutin, un type qu’on sait pas trop ce qu’il fait dans la vie, mais qui est attachant et n’arrête pas de se rappeler un souvenir heureux de son passé qui va sûrement changer sa vie à l’avenir)
  • L’outrage de la moule (Kévin, un ado fermé comme une huître, s’ouvre au monde en se découvrant une passion pour le ballet contemporain. Qu’est-ce que vous alliez penser bande de pervers ?)

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