Nuit blanche

Le noir envahit tout. Les yeux grands ouverts dans l’obscurité, je cherche désespérément un point d’éclairci, une lueur qui brillerait à travers le volet mal fermé, sous la porte close… mais rien. Tout est noir et les yeux grands ouverts, je ne vois pas la moindre lueur d’espoir.

Autrefois, j’écrivais souvent la nuit. Je me réveillais, les idées vagabondaient puis une en particulier me saisissait et je devais l’écrire. J’ai passé beaucoup de nuits blanches à écrire.

Et puis, la muse m’a quittée, l’inspiration s’est tarie… J’ai cessé de me réveiller la nuit pour ça. J’ai arrêté d’être écrivaine, je me suis dit que ce n’était plus pour moi. Mais en y réfléchissant, j’ai arrêté beaucoup de choses à ce moment-là. Tout ce qui me bouffait, il est vrai, j’en avais besoin, mais aussi des tas de trucs qui m’avaient pourtant fait du bien…

J’ai eu un autre grand projet. J’ai toujours fonctionné comme ça, par « grand projet ». Cela impliquait tellement d’investissement, mes grands projets, de cela me bouffait tout : le temps, l’énergie, les pensées. Je me retrouvais, monomaniaque, à ne faire plus qu’une chose, dans un seul but… Et je n’y arrivais jamais assez. Trop idéalisé, vite fatiguée, je n’avais pas d’alternative.

Depuis presque deux ans, je suis dans un nouveau projet… et me voilà, pour une nuit encore, dans le noir.

J’ai trente-cinq ans, dans quelques mois, j’ajouterai une bougie sur mon gâteau et où en suis-je ? J’ai une famille, j’ai fait des tas de trucs de ma vie… et j’ai l’impression de n’avoir rien au final, je marche sur du sable gorgé d’eau, petit à petit, je m’y enfonce.

Je suis cyclothymique : je passe d’un enthousiasme débordant à des moments de désespoir. Je le sais, je dois m’en sortir, attendre que ça passe. Bientôt, ça ira mieux. Bientôt, je serai à nouveau combattive, à nouveau, j’aurais envie de me lever, d’aller me battre pour mon projet. Mais quand ?

Ce projet, c’était pour apporter de la stabilité à ma famille, à ma vie, pour soulager mon compagnon qui supportait depuis des années à lui seul notre train de vie. « Train de vie » est un bien grand mot, depuis longtemps, les aides de l’état étaient plus importantes que ces revenus à lui, qui déclinaient. Mais je trouvais ma vie vide et sans intérêt. Je n’écrivais plus, je passais mes journées à ne rien faire d’intellectuellement réjouissant, il me fallait un « nouveau grand projet ».

Un jour, je me suis dit que j’allais trouver du travail, que j’allais passer un concours. Au bout d’un an à bosser, je l’ai eu. Ce n’était pas gagné, ce n’était pas agréable, mais je l’ai eu. J’ai commencé à bosser, à me noyer. Du moins je le croyais. En fait, je me noyais depuis longtemps. Depuis le jour où j’avais cessé de créer. Étudier, lire des bouquins, recracher des textes, ça permet d’éviter de penser, de penser réellement. Et c’est ce qu’il me fallait sans doute.

J’arrive à presque la moitié de ma vie et je n’ai pas encore eu de boulot fixe. Je suis passée par le concours car c’était un moyen d’éviter les entretiens d’embauche, la concurrence du privé. Je ne suis pas quelqu’un d’agréable au premier abord. Je peux donner le change, certes, mais cela me coute énormément d’énergie. Parler pour ne rien dire, être agréable juste pour paraitre, si je n’y vois pas d’intérêt autre que le paraitre, je ne peux pas. Je n’ai jamais eu d’emploi fixe, je n’ai été salariée qu’une seule fois : étudiante, je gardais des enfants. Je n’étais pas dans une entreprise, j’étais assez libre dans mon travail.

L’argent est le nerf de la guerre… mais en fait, je m’en fiche. Oui, tous les mois le salaire tombe. Bien plus important que ce que nous avions avant. Mais est-ce que cela fait une différence ? Pour moi qui aie toujours géré les comptes, non, je ne trouve pas. Certes, il y a plus sur le compte à la fin du mois, certes, nous n’avons plus à compter chaque centime et à traquer les promotions pour gagner un peu d’argent… Je n’aurais plus le temps de toute manière : mine de rien, je faisais beaucoup plus de choses à la maison, quand je ne travaillais pas.

Mais je me rends compte que je ne peux pas continuer comme ça : un grand projet, ça finit toujours par retomber. Parce que l’enthousiasme ne dure pas, que la fatigue me prend et que la reconnaissance ne vient pas.

C’est évidemment ça qui me choque le plus : la reconnaissance, le mérite. Ai-je mérité quelque chose ? J’ai bossé toute ma vie, mais pas au sens rémunérateur : j’ai bossé à tenir mon foyer, à élever mes enfants, à créer des entreprises, à passer des nuits blanches pour mes grands projets, à y laisser un temps considérable. Mais jamais la reconnaissance n’est venue, pire que ça, jamais l’argent n’a suivi. Car c’est bien le nerf de la guerre : si, après tout le temps et l’énergie investie, l’argent venait, si je pouvais en vivre, je pensais que je pourrais continuer.

C’est ce qui a toujours fini par m’épuiser, avant, le fait que j’avais beau me démener comme une diablesse, au final, je n’avais ni reconnaissance, ni moyens financiers. Au bout d’un moment, on jette l’éponge pour ne pas perdre la boule.

Mais là, l’argent est là… il tombe tous les mois. L’incertitude par contre, puisque je ne suis pas titularisée, puisque je suis en période d’essai, stagiaire virable à merci, et la reconnaissance, non. Et je pense que c’est ce qui me manque : la certitude et la reconnaissance. On ne voit pas mes efforts, on m’assomme, on me dit que je ne suis pas faite pour ça, que je ne corresponds pas à une image qu’ils veulent de moi. C’est l’incertitude qui me tue, finalement. J’ai passé presque vingt ans de ma vie dans l’incertitude, et je n’en peux plus. J’aimerais juste que ça cesse…

Nous mourrons zen nous zaimant (article très long)

Du temps où j’habitais à Paris, j’ai souvent assisté à des opéras à Bastille. De très belles productions, des émotions fortes, des trucs qu’on ne voit pas ailleurs… D’ailleurs, l’opéra Bastille est une de mes salles préférées : seuls ceux qui ont déjà pénétré dans la salle sauront de quoi je parle : cosy, apaisante et surtout l’impression d’être en petit comité malgré l’immensité de la salle. Les photos ne transcrivent pas cette ambiance si particulière.

Depuis que je ne vis plus à Paris, je me rabats sur un opéra municipal de province, ce qui a des avantages (une volonté municipale forte d’encourager la création artistique, ce qui permet d’avoir une grosse programmation en création et musique contemporaine) et des inconvénients (disons que les mises en scènes et les créations artistiques sont assez inégales, quant au placement, il est aléatoire tant niveau assise que visibilité)

Du coup, je me tourne à nouveau vers les opéras en vidéo. Cette année, le Don Carlos de Verdi en version originale de Grand Opéra (comprenez en 5 actes et en français) c’est la grosse production de la rentrée à l’opéra de Paris : diffusé en direct dans les cinémas UGC, en léger différé sur Arte et disponible sur Arte Concert.

Don Carlos transformé en pâle copie de Werther

C’est sur Arte Concert que je l’ai récupéré. J’ai commencé à le regarder sans lire aucune critique avant. J’ai arrêté au début du deuxième acte… et je suis allée voir les critiques, histoire de m’épargner 3h de torture pour 5minutes de grâce.

Don Carlos en français, c’est un de ces opéras dont je collectionne les versions (je dois en avoir 3 ou 4 dans mes cds, ce qui est assez conséquent quand on sait que la version française en 5 actes n’est quasiment plus jamais jouée), du coup, j’en attends beaucoup.

Ici, j’ai été assez déçue. La mise en scène d’abord… J’apprends qu’à la première, le metteur en scène a été sifflé. Je comprends pourquoi. Il a transformé un Grand opéra avec des intrigues politiques importantes en Werther bis.

Acte 1:

J’ai mis du temps à comprendre que Carlos était en train de se souvenir de sa première rencontre avec Elisabeth et non de la vivre en vrai. Je ne voyais pas pourquoi Elisabeth était en mariée blanche, pourquoi Werther-Carlos découpait des journaux et s’était tailladé les poignets. Bref, si tu ne connais pas l’histoire, tu as un peu de mal à raccrocher. C’est con mais j’apprécie que les metteurs en scène pensent à ceux qui n’ont jamais été voir un opéra et qui ne lisent pas le résumé avant (à Bastille, le programme est payant, donc tout le monde ne lit pas les délires du metteur en scène avant la séance)

Bon, disons, pourquoi pas… Mais du coup, niveau vocalise, ce n’est pas du tout la même interprétation : dans la version originale, Carlos et Elisabeth sont naïfs, ils se croient fiancés, ils sont maladroits, tombent amoureux… Dans la version de Bastille, Carlos hurle son désespoir en disant qu’il l’aime… c’est un choix, mais à hurler comme ça dès le départ, il faut arriver à suivre pendant les 3h suivantes sans lasser.

D’accord, on est à Bastille, la salle est grande, l’acoustique pas forcément très bonne, mais de là à crier ! Dans cette même salle, j’ai entendu Bryn Terfel finir une sérénade Don Giovanni en murmurant ! Et je n’étais pas au premier rang… C’est possible de chanter en nuançant un peu.

Donc j’ai fini par mettre la mise en scène en veilleuse et l’opéra en arrière plan pour me concentrer sur la musique. (et ce que je voyais à chaque fois que j’y jetais un œil m’horrifiait…)

Je passerai sur les décors sans âme et les costumes… ok, c’est un genre de transposer une époque à une autre… mais bon, il faut aussi tenir compte des physiques des chanteurs : difficile de faire passer Jonas Kaufmann pour un jeune étudiant anglais avec son pull col en V, et le costume mal coupé de Terzier.

Trop de voix, mal assorties…

J’ai du mal avec Jonas Kaufmann. Oui, c’est the ténor en vogue en ce moment, mais j’ai du mal à apprécier son timbre de voix (je les aime plus clairs quand il s’agit de ténors). Je reconnais qu’il chante distinctement, qu’on comprend ce qu’il dit et on lui pardonne (comme à tout chanteur qui sait articuler le français) un léger accent qui ressort sur certain mot. C’est le jeu de l’opéra. Mais là, j’avoue avoir eu du mal avec son chant trop dans l’excès romantique à la Werther.

Jonas Kaufmann, je l’ai découvert dans Werther, justement, qu’un ami m’avait offert en dvd. J’ai mis du temps à le regarder parce que, bon, Werther, c’est longuet… Opéra romantique avec des grandes plages de musique et assez peu d’air à proprement parler. Et là, j’ai eu l’impression que c’était pareil : Carlos en Werther qui aurait raté son suicide… Alors que les personnages sont totalement différents : l’un est dans le désespoir total parce que sa Charlotte a épousé par devoir un autre type, l’autre tente de sortir de sa dépression, de se prendre de passion pour la politique, pour la justice, parce que son Elisabeth a épousé un autre type par devoir. Donc grosso modo la situation de base est la même, mais leur réaction est à l’opposé. Carlos veut s’en sortir, il s’en donne les moyens ! Pas Werther… (et c’est en ça qu’il est absolument infect) Ici, on est réduit à un clone de Werther qui chougne dès le départ.

C’est dommage d’ailleurs car, Don Carlos, c’est un opéra qui parle plus de politique qu’il ne parle d’amour. Je trouve même plus intéressante la relation Carlos-Philippe-Posa que l’intrigue Carlos-Elisabeth. Là, on a un opéra qui tourne autour de Carlos (alors que sincèrement, l’homme fort, c’est Posa ! C’est lui qui prend en main, qui dirige, qui reste lui-même et qui plait pour ça ! Posa, sans lui, y’a plus d’histoire !)

Acte 2:

Venons-en à Posa justement. Ludovic Terzier, français et diction impeccable… jusqu’au duo « Dieu, tu semas dans nos âmes » Si vous ne connaissez pas, ce duo, c’est l’un des plus beaux duos masculins qui puisse exister ! Et soudain… Nous mourrons-Z-en-nous-Z-aimant… Si l’on ne veut pas paraître ridicule, parfois, il faut savoir faire une césure à la place d’une liaison ou au moins ne pas marquer la liaison trop fortement. De plus, j’ai trouvé que les deux voix s’accordaient mal : les deux timbres sont trop semblables, trop sombres tous les deux, du coup, les nuances de Jonas Kaufmann ressortent mal, écrasées par la voix de Terzier.

Là, j’ai arrêté. Le ridicule de la scène m’a tuER…

Après avoir lu les critiques, j’ai repris l’écoute en zappant la mise en scène. On me promettait quelques moments exceptionnels.

Duo Carlos-Elisabeth : Kaufmann nuance enfin… Quelques phrases, échanges tout en douceur entre Sonya Yoncheva et j’y crois, on arrive à quelque chose qui peut émouvoir réellement. Mais il s’oublie rapidement et enfle de la voix avant même l’envolée lyrique finale… du coup, cette dernière perd en puissance ! (il fera la même chose au couronnement lorsqu’il menace le roi)

Entrée de Philippe : Mon Dieu, mais virez le tailleur ! La coupe du costume est ratée sur un roi d’Espagne, bon sang ! Vous les avez achetés chez Kiabi ou quoi ?

L’air de Posa : étouffé par les cuivres de l’orchestre (peut-être un problème de prise de son ? On entend régulièrement et distinctement les gens qui toussent…) et dans le duo qui suit, Terzier manque de souplesse…

Acte 3 :

Alors, jusqu’ici, je n’ai rien dit sur l’Elisabeth de Yoncheva… sauf qu’elle m’énerve depuis le début. Elisabeth est une fille de France, elle a appris dès son plus jeune âge à se comporter en future reine, elle sait choisir entre son devoir et son désir… Et Yoncheva passe son temps à se languir comme une Traviata. Où est la grâce, la bonté, la noblesse ? Comment Eboli peut-elle être jalouse de ça ? C’est elle la garce, pas Elisabeth ! Mais là, elle se moque même de la religion (qui est son seul recours à la fin) en mimant le geste de prière du roi… et niveau voix, c’est pareil, on est dans les émotions qui explosent. Comment peut-elle être vue comme un modèle de vertu, pure et sans tâche, faussement accusé, dans l’acte suivant ? Sincèrement, là, Eboli est une sainte et Elisabeth une garce… Le monde à l’envers.

Trio Eboli-Posa-Carlos : c’est poussif… Terzier s’en sort en nuançant mais il est écrasé par Kaufmann qu’on est le seul à entendre, quant Elina Garanca, pour une lionne blessée qui menace, elle n’est pas très impressionnante. Malheur sur toi, fils adultère… à moitié avalé, ce qui rend la malédiction peu crédible et le trio enchaine trop vite pour être impressionnant : on n’y comprend rien si ce n’est une grande confusion (alors que la scène n’est pas confuse du tout !)

Duo Posa-Carlos : le moment clé, le moment où Carlos confie sa vie à Posa qui sait qu’il va y rester (donc THE bascule dans l’opéra), très peu habité… où est l’enjeu de cette amitié à la vie à la mort si ce n’est un bête échange de paroles dans un couloir…

Le couronnement : J’ai osé regardé la vidéo… ok, donc le roi se désespère bien avant son grand air (qu’on m’a promis magnifique… y’a intérêt), on passe dans le vaudeville : Philippe II, ce grand roi toujours seul qui prend sa charge le plus sérieusement du monde (qui en est à sa troisième épouse s’il faut le rappeler, on va pas parler d’un mariage d’amour !) se bourre la gueule avant son grand oral devant le peuple, bouscule sa femme alors qu’il n’est pas encore au courant de son infidélité supposée…
Bordel, Philippe, c’est l’archétype du roi qui sacrifie sa famille et son bonheur à son pays ! Là on va finir sur « il veut la mort de son fils parce qu’il a piqué sa femme… » Et l’enjeu politique ? Le poids de la religion ? BORDEL LE METTEUR EN SCENE AU BUCHER ! (sans parler d’Elisabeth qui parait avoir fumé du lexomil… et le vieux qui représente Charles Quint planqué derrière une grille, puis arrêté par un vigile et mis à genou comme pour exécution de Daesh…  Posa qui grille une cigarette pendant que Carlos menace le roi… WTF !)

Du coup, j’ai pas vraiment écouté la scène… pourtant c’est la trahison, le choix politique (la justice divine, l’injustice des hommes…), cette scène est politique, c’est la trahison d’un fils, celle d’un ami, c’est la scène de la RAISON des hommes mûrs contre la déraison de la jeunesse… Et ben, c’est bariolé, c’est costumé (punaise, mais TAILLEZ LES COSTUMES AUX MESURES DES CHANTEURS !) et c’est confus visuellement, donc confus pour le type qui n’a pas lu le résumé de l’opéra…

Acte 4 :

Donc on commence par l’air dont j’ai lu qu’il était exceptionnellement bien chanté… Un air qui me donne la chair de poule. Je coupe la vidéo, histoire de me concentrer sur la voix.
Ildar Abdrazakov en Philippe… Ok, la voix qui tremble (la volonté d’exprimer l’émotion ? mes hauts-parleurs ?) je suis pas fan. Mais à part ça, rien à redire et à la fin, le dernier « elle ne m’aime pas » était émouvant. Pas l’extase, cependant.

Duo Philippe-Inquisiteur (Dmitry Belosselskiy) : Alors, là, les critiques que j’avais lu le disait pas très bon, voix qui s’accordaient mal. Je ne suis pas du tout d’accord. Deux orgueils qui s’affrontent, l’un qui finit par plier (et on sent bien la résignation dans la dernière note de Philippe qui sonne comme le glas qu’il est pour Posa)

Duo Elisabeth-Philippe puis le quatuor, le duo, l’air d’Eboli : AH ENFIN ! rien à redire, vocalement superbe. La mise en scène gâche tout : la salle de cinéma privée, Philippe en Othello, je suis pas fan, Posa qui débarque en costume de clown bedonnant (honnêtement, c’est l’impression que ça donne ! ).

Duo Carlos-Posa : Kaufmann toujours trop fort, trop puissant: Carlos est abattu, en prison qu’il appelle son tombeau et a encore la force de pousser sa gueulante… Posa par contre a bien conscience que la fin est proche (noble martyr qu’il est) « Dans tes yeux baignés de larmes, pourquoi donc ce muet effroi ? » (sauf que Carlos a plus l’air de faussement pleurer sur le sort de son premier caleçon que sur la mort à venir de Posa. Ah la voilà la belle amitié !), Terzier meurt impeccablement.
Mise en scène : dans les années 30, il y avait des fusils à viseur rouge ?

Duo Philippe-Carlos et fin de l’acte : Bon heureusement, Carlos-Kaufmann-Werther se ressaisit et on peut enfin se laisser porter par la musique dans le désespoir qu’ouvre la mort de Posa.

Acte 5 :

Parfait (si on zappe la mise en scène et Elisabeth qui joue les Juliettes, pour que toutes les références romantiques soient présentes dans un drame qui en manquait visiblement à la base, hein, parce que voilà, les gens sont bêtes, ils ne comprennent pas si on ne leur colle pas des clichés sous les yeux…)

En résumé

Niveau mise en scène, décors, costumes : ça ne vaut pas le coup.  Transformer un chef d’œuvre qui aborde de grands sujets (devoir, religion, justice) en vaudeville où l’on règle ses comptes persos sous couvert de décision politique, c’est lamentable.

Ce qui me dérange le plus avec ces choix, c’est qu’on passe à l’as le côté construction de devoir : Carlos, c’est l’anti-Werther, il évolue, il passe de l’enfant amoureux capricieux et centré sur lui-même à l’adulte qui prend ses responsabilités et s’arrache à cet amour qu’il n’a pas le droit de vivre. C’est un vrai parcours initiatique quand on y regarde de plus près… sauf que tout ça, ici, y’a pas ! Werther-Carlos se suicide, Elisabeth aussi… Où est la morale lorsque Charles Quint débarque et annonce que la paix ne se trouve qu’auprès de Dieu (ça veut pas dire qu’on doit se suicider, ça veut dire qu’il faut assumer son rôle jusqu’au bout ! Charles Quint bordel, s’il y a un type encore plus rigide sur le devoir royal que Philippe II, c’est Charles Quint !)

Direction de Philippe Jordan : un peu brutale, certaines nuances de la partition ne ressortent pas assez… et parfois, ça sort et on se dit « Ouais, ça c’est vraiment bien » (dommage que ça ne soit pas tout le temps).

Quant aux choix de la partition, ils montrent que la vision était une vision romantique (envolées lyriques parfois un peu lourdes et insistantes… c’est cohérent avec le jeu des acteurs… mais bonjour les nuances ! Ils ont coupé le ballet, pourquoi ne pas avoir fait de même avec d’autres moments ? Certains l’avaient fait il y a vingt ans et ça n’avait pas dénaturé l’œuvre.)

Les chanteurs mettent du temps à trouver la grâce qui parcourt l’opéra pourtant du début à la fin… En gros, avant le 4e acte, c’est poussif et peu inspiré car trop dans le pathos : ça marche au 4e acte parce que c’est un acte où l’on hurle, où l’on se bat, se dispute !

J’avoue que je ne suis pas objective : Don Carlos, je l’ai découvert avec la production du Châtelet, avec la direction sobre et efficace de Pappano, la mise en scène impeccable de Luc Bondy, Alagna, Hampson et Van Dam très bien assortis, Karita Matila parfaite et même Waltrud Meier, vocalement limite, était scéniquement admirable. La barre est donc très haute !

Pâte à crêpes végétale et parfaite

J’ai pas encore trouvé, je vous l’avoue.

MAIS je vais vous expliquer pourquoi.

Depuis des années, je fais ma pâte à crêpes ainsi :

  • 6oeufs
  • 500gr de farine
  • 1 litre de lait

C’est la recette ancestrale de la crêpière familiale Tefal et elle est super. Pas de repos (à peine, juste le temps de faire remonter les grumeaux pour les atomiser au mixer), pas de levure, de bière, de sucre… Nada ! Des oeufs, de la farine, du lait.

Depuis mon adolescence et mes expériences de babysitting, je fais aussi des crêpes sans oeuf, puisque lorsqu’on promet des crêpes à deux gamins de 8ans et qu’on ne sais du tout où leur mère planque les oeufs, on fait sans. Certaines fois, c’était même sans lait, donc juste de la farine et de l’eau (ce qui donne une superbe recette de crêpes-mongolfière à la Gaston mais qui a l’avantage de bien amuser les-dits enfants et de pas être trop dégueu sous la montagne de nutella qu’ils y ajoutaient)

Bref, la pâte à crêpes végétale, j’en fait depuis un moment : 500g de farine et 1 litre de lait de soja (parce que bon, les crêpes à l’eau, c’est pas aussi bon et puis le lait de vache…).

Mais voilà, comme les 3 poêles se détéflonisaient à outrance, nous les avons virés pour les remplacer par 2 nouvelles poêles sans revêtement : une belle sauteuse en inox et un magnifique poêle en fer. La sauteuse en inox pour les crêpes, on oublie. Mais j’ai lu partout que les crêpes dans la poêle en fer, c’est un régal, ça glisse tout seul, c’est magique.

Ma poêle en fer est bien culottée, elle est noire maintenant, et en effet, ma première tentative (un jour de grand désespoir où l’homme était malade, où les enfants avaient faim et où j’avais la flemme de faire le repas prévu…) les crêpes se décollaient sans problème, même mieux que sur les deux autres crêpières (une téflon et une céramique). Un rêve !

Puis lors de mes essais suivant, la cata ! Cela refusait de se décollait, les crêpes cramaient à l’extérieur, n’étaient pas cuites dedans… Et après de longues semaines d’essais, j’ai fini par en venir au problème : ma pâte à crêpes sans oeuf ne convient pas à une poêle en fer. Même en huilant entre chaque crêpe, même en mettant de l’huile, du sucre, de la compote dans la pâte. Rien à faire !

Par contre, celle avec des oeufs… Le rêve !

Voilà, sans être une vegan ultra-rigoriste (par exemple, je mange les haricots du cassoulet de mes enfants parce que bon, c’est déjà la galère de faire la bouffe alors faire 2 plats différents, non !), lorsqu’arrive la fin du mois, les 10 oeufs bio achetés le 1er sont déjà partis !  Du coup, il me fallait trouver un moyen pour faire une pâte à crêpes SANS oeuf et qui ne colle pas dans ma belle poêle (parce que je n’ai pas encore viré les crêpières, mais j’aimerai bien m’en débarasser quand même)

Du coup, j’ai réfléchi un peu.

La poêle en fer fonctionne avec le principe de la réaction de Maillard : elle chauffe, cuit les protéines qui forment une belle croûte de protection (celle qui donne le cancer, car pleine d’acrylamide surtout sur les produits végétaux, hihi, téflon ou acrylamide : peste ou choléra ?) qui, lorsqu’elle est bien formée, permet à l’ingrédient de se décoller de la poêle sans aucun effort. C’est pour ça qu’au début, le steak, il colle puis que d’un coup, il se détache tout seul (y parait, j’ai jamais cuit de steak dedans).

Bref, c’est simple, sans oeuf, ma pâte à crêpes manque de protéines (ah ben oui, on te l’avait dit qu’en devenant végétarien, on manquait de protéines !).

J’ai donc fait quelques essais avec ce que j’avais sous la main : au premier essai, j’ai mis un peu de farine de pois-chiche. Pas assez sans doute, ça a collé un peu quand même.

Au deuxième essai, j’ai mis plus de farine de pois-chiche ET une cuillère à soupe de gluten (pour un gros bol de pâte à crêpes). Et ben, là, miracle, ça se décollait tout seul. Pas encore le rêve, mais c’est déjà ça.

Voilà donc pour ceux-ceusses qui cherchent la recette de pâte à crêpes vegan parfaites pour les poêles en fer : il faut y ajouter des ingrédients riches en protéines.

A vous de voir :

  • Soit de la farine de pois-chiche (inconvénient, si tu mets le « bon » dosage pour que ça se décolle, ta crêpe a un goût de pois chiche…)
  • Du gluten pur (si t’es un vegan sans gluten, ben tant pis pour toi, voilà !)
  • de la farine de lupin (il y a plus de protéines que dans celle de pois-chiche, mais c’est cher, j’en ai pas et j’ai peur que ça ajoute un goût bizarre)
  • du tofu soyeux ? (y’a des protéines dans le tofu, nan ?)
  • des oeufs (hahaha, pas vegan ça) c’est quand même le plus facile et ça donne un meilleur résultat que le gluten/pois chiche/truc bizarrre, parce que même avec le gluten ma pâte à crêpes vegan dans ma poêle en fer, c’est quand même moins le rêve que celle avec des oeufs.

Sinon, pour ceux-ceusses qui ne savent pas par quoi remplacer le jambon dans les crêpes : des carottes fraîchement râpées à 4mm, natures comme ça, sans sauce, ça fait super bien illusion je trouve. (Essayez, je vous assure que c’est super)

Bonne chandeleur à vous !

Obsolescence programmée

Il n’y avait pas une loi contre ça ?

Le grille-pain

Mon grille-pain est un grille-pain du genre basique : pas de système qui fait « sauter » le pain, pas d’interrupteur, tu le branches, il grille tant que tu ne le débranche pas. C’est le même grille-pain qu’il y avait chez mes grands-parents pendant les vacances et que j’ai toujours vu depuis toute petite. Celui-là avait bien plus de trente ans (40 ? 50 ? qui sait, c’était une antiquité ce truc). Du coup, quand je me suis installée, j’ai pris le même : l’aspect neuf en plus, l’amiante en moins.

Il a bien 15 ans maintenant. Enfin, il avait… Un peu avant Noël, il a rendu l’âme.

Vous me direz 15ans pour un grille-pain, c’est une belle vie ! Ouais, ok, mais quand même, je vous dis, le truc c’est un truc basique. Du coup, lorsqu’il a cessé de fonctionner (enfin de chauffer, c’était la chose qu’il faisait), on l’a démonté et on a trouvé ce qui ne marchait plus. C’était la résistance (le seul truc qui pouvait se casser en fait), dont le filament de métal s’était coupé. Du coup, on a voulu la remplacer parce que je vous dis, c’est HYPER FACILE à réparer ! Hop, en route pour Darty pour commander la fameuse résistance à changer. En faisant la queue au service après-vente, j’en ai profité pour aller voir le prix du grille-pain en rayon. Ce n’est plus tout à fait le même, maintenant, il y a un interrupteur (du coup, tu peux le laisser brancher en permanence… mais ça fait un truc de plus qui peut « lâcher » et surtout, il n’est pas automatique donc ça ne change pas le fait que si tu l’oublies, ton pain se transforme en bout de charbon alertant tout l’étage que tes talents culinaires dégagent beaucoup de fumée.) Bref, je regarde le prix : 29,90€.

Au service après-vente arrive enfin notre tour : la pièce est à 25€, plus 6€ de frais de port…. total 31€.

31€ juste pour la résistance à revisser dans ton vieux grille-pain (qui est le même que celui en rayon, hein, juste qu’il n’a pas d’interrupteur)

29,90€ pour le grille-pain COMPLET ! On marche sur la tête, et quand on fait la remarque au vendeur, il nous dit « Ben oui, mais ce sont les prix du fabricant… »

Voilà de quoi décourager la réparation. Bref, mon grille-pain est parti à la déchetterie (voilà, alors qu’il n’y avait qu’une seule pièce à changer) et on n’en a pas acheté de nouveau. Depuis, on fait griller notre pain au four : ça a les mêmes inconvénients que mon vieux grille-pain (si tu l’oublies, l’alarme incendie se met en route) mais ça prend moins de place dans mon placard.

La Cocotte Minute

Il y a deux ou trois « outils » que je trouve indispensable en cuisine et que je me suis empressée d’acheter lorsque je me suis installée dans mon chez moi, il y a un peu plus de quinze ans : le grille-pain dont je vous ai parlé et, entre autres, la cocotte-minute. La première a été remplacé au bout de 5ans car devenue trop petite, j’ai craqué pour une plus grande et plus « technique ».  11ans donc que je l’ai. Ma belle cocotte minute dont les 3 points faibles sont : le joint (que nous avons changé 2 fois en 11ans), la poignée pliante qui refuse de rester dépliée (nous ne l’avons pas changée même si elle n’est pas chère à racheter car ça ne gène pas le fonctionnement du bazar) et… le minuteur.

AAAAAAhhh ! Le minuteur. En gros, c’est un truc électronique qui compte le temps pour toi : il bipe une première fois pour te dire « la pression est bonne, tu peux baisser le feu » et une deuxième fois pour te dire « c’est bon, c’est cuit ». Le truc indispensable, si, comme moi, tu as tendance à oublier que tu as mis un truc à cuire… (cf le grille-pain ci-dessus)

Le minuteur de ma cocotte est une truc en plastique qui ne passe pas à l’eau (attention, hein !) et qui a un léger petit défaut de conception qui n’a jamais été corrigé depuis que j’ai cette cocotte : l’un de ses pas de vis est fragile. En 10ans, nous en avons changé 4 fois et toujours à cause du MÊME problème : l’un des pas de vis en plastique se casse, le bidule n’est plus fermé correctement, la vapeur se faufile à l’intérieur et après des mois, le tout fini par rouiller et ne plus fonctionner. Le plus dingue, c’est que la pile à l’intérieur n’a jamais eu le temps de s’épuiser ! On a toujours dû remplacer le minuteur AVANT d’avoir à en changer la pile. Et en 10ans, le fabricant n’a jamais réparé ce problème… Une vingtaine d’euros à chaque fois (soit là, vu que bientôt il nous lâchera de nouveau), au total le prix de la cocotte neuve… hé ouais. (après, on peut se servir de la cocotte sans, mais je suis une vraie tête en l’air en cuisine)

La machine à pain

La machine à pain est, chez nous, devenue un indispensable : elle sert tous les 2 jours, voire tous les jours pendant les vacances. Nous descendons bien 15kg de farine par mois en pain. On l’a bien rentabilisée, on a calculé que c’était beaucoup plus rentable que d’acheter du pain et comme on n’aime pas trop la croûte, ben c’est génial !

Depuis deux ans (depuis que notre machine à laver nous a lâché en fait, c’était en même temps, juste avant Noël, il doit y avoir des mauvaises ondes chez nous à cette époque de l’année pour les objets électronico-électriques), elle fait un bruit de rotor d’avion quand elle pétrie le pain. Le problème est connu, il faut la nettoyer, la décrasser à mort. Elle a peut-être 8-10ans (là, j’avoue ne plus me souvenir quand nous l’avons achetée).

Bref, c’est devenu insupportable d’entendre la machine vous réveiller à 3h du matin, avec cette impression qu’elle va rendre l’âme, que son moteur va péter, c’est sûr, c’est pas possible qu’il tienne encore avec cet effort qu’il nous fait à CHAQUE pétrissage (et il y en a 2 ou 3 par fournée…)

Donc, le problème est connu sur internet : il faut la nettoyer. Sauf que pour la nettoyer à fond, il faut la démonter. Et là, c’est le problème : les vis utilisées (2 ou 4 à peine) pour fermer la coque en plastique sont des vis « propriétaires ». En gros, si tu n’as pas le tournevis Moulinex, tu ne peux pas l’ouvrir. Donc depuis 2ans, on se dit que vraiment il faut qu’on tourne ce fichu tournevis (et là, j’avoue, c’est la flemme et puis ça fait ch… d’acheter un tournevis pour JUSTE 4 VIS !)

Le démon de la lecture

Depuis des mois, nous nous battons pour que notre fils aîné lise autre chose que des BD (pas que nous soyons contre, mais bon, il y a tellement d’autre chose à lire que relire sans cesse les mêmes gags de Gaston)

Des mois qu’on lui dit « Tu sais Harry Potter, c’est bien tu devrais essayer. » Et qu’il nous répond « Nan ! » Parce que les livres sans image de plus de 50 pages lui paraissent trop longs (mais bon 50 pages, il les finit en un quart d’heure, donc cela ne l’occupe pas longtemps)

Et le voilà qui part pour dix jours de classe verte avec seulement deux magazines sur Minecraft qu’il a déjà lus de long en large (mais c’était la seule chose qui rentrait dans son sac à dos… il en aurait bien pris deux de plus), deux magazines pour dix jours, alors qu’il ne peut pas s’endormir sans avoir lu pendant une bonne heure… Du coup, j’ai agi dans son dos, je lui ai acheté le premier tome d’Harry Potter, je l’ai mis dans son sac en cachette avec un mot « Tu verras, si tu t’ennuies, lis ça »

Il a enfin commencé ce p*t*** de livre et il aime ça ! Plus d’un an qu’on le baratine avec des livres sans image, plus d’un an qu’il nous répond qu’il déteste Harry Potter (ou Tara Duncan, ou n’importe quoi qui ne soit pas une BD ou un magazine)…

Bon, ben ça, c’est fait (en espérant que ça dure).

Expérience scientifique

Dans la série « recette qui tourne mal »

J’ai fait ma lessive aujourd’hui. Ma recette est faite pour 10litres de lessive et je l’ai déjà faite deux fois sans aucun problème, quand je dis 10litres, c’est 10litres, point barre.

Donc, je fais exactement comme les autres fois. Sauf que là, mon seau de 12litres a commencé à déborder. Puis ce fut le tour de mes deux bouteilles de 5l dans lesquelles j’avais commencé à transvaser la mixture en débordement… J’ai fini par en mettre aussi dans la bassine à vaisselle et dans la glacière.

A l’œil, je dois en avoir pour 25 litres et ça n’a plus l’air de « monter » (heureusement, je n’ai plus de bac pour contenir le débordement !)

Je ne comprends pas pourquoi, d’habitude, ça ne mousse pas autant (en espérant que ça dégonfle avec le temps parce que j’ai assez de récipient pour conserver 10litres de lessive mais 25, je vais avoir un peu plus de mal… sans compter que niveau lavage, ça risque d’être beaucoup moins efficace)

Pâques Zéro Déchet du radin

Depuis quelques années, je fais mes chocolats moi-même.

Mais j’ai toujours buté sur le problème de Pâques. Parce que je n’emballe pas mes chocolats et que, dans le jardin l’herbe est humide et que les limaces… bon, bref, du chocolat sans protection dans le jardin, c’est niet.

Cette année, j’ai repris l’idée que ma grand-mère utilisait quand nous étions petits. On partait à la chasse aux oeufs, mais il y avait aussi beaucoup d’autres choses. Des petits sachets en tissus avec des cadeaux, des mini-paniers en rotin. Elle devait y passer l’année (à préparer Pâques et la Saint Nicolas, vu qu’on était nombreux et qu’on avait toujours des tas de chaussettes, paniers, sachets en rotin, tricot, couture…)

Des pochettes en tissu

Cette année donc, j’ai repris l’idée mais en beaucoup plus simple : j’ai fait des pochettes en tissus en forme d’oeufs dans lesquels j’ai glissé mes chocolats de pâques (des gros pour les grosses figures, des petits pour les petits chocolats). Cela m’a pris moins d’une heure pour 3 gros oeufs et 34 petites pochettes (attention à les faire un peu plus grand ce que qu’elles doivent contenir, pour ne rien casser en les remplissant)

J’ai fait mes pochettes en forme d’oeuf parce que c’est Pâques, mais n’importe quelle forme fait l’affaire ! Il suffit juste de récupérer des vieux bouts de tissu un peu coloré et ça ira très bien.

Et ça évite d’acheter des oeufs à garnir en bois (chers et uniquement par correspondance) ou en plastique (pas biodégradable). En plus, si vous êtes bon(ne)s couturier(ère)s, vous pouvez vous amuser à mettre des attaches pour les suspendre aux arbres (et les réutiliser à Noël sur le sapin, tiens pourquoi pas !)

D’autres idées

Ma grand-mère, une année, nous avait fabriqué de petits panier en rotin. Si vous avez du temps et de l’imagination, vous pouvez décorer des boîtes de conserves vides (et propres), utiliser l’origami pour faire des boîtes en papier, transformer des bouteilles en plastique ou des tetrapacks en boîte. En fait, le truc, c’est de trouver des contenants et de les décorer un peu (c’est la fête quand même !) Des pots de yaourts, des pots en verre…  Rien n’oblige que ça soit en forme d’oeufs après tout !

Et pour garnir ?

Alors, moi, j’ai fait des lapins, poules et oeufs en chocolat, mais vous pouvez très bien glisser aussi des dinosaures ou des sucettes animaux, ou même si vous n’avez aucun moule, des bouchées de chocolat ou tout bêtement, parce que vous n’avez pas eu le temps de préparer quoi que ce soit, des morceaux de chocolat, des bonbons ou même des biscuits pour varier un peu !

La pub sur internet

Depuis quelques années, j’ai drastiquement réduit ma « consommation » d’internet. En fait, depuis quelques mois, je ne visite presque plus que trois sites internet (hors le mien et gmail) : 9gag, Le Monde et King.

En gros : l’info, la rigolade et le jeu. Il y a bien longtemps que je ne cherche plus à me cultiver sur le net ou à apprendre des choses.

En fait, à force de tomber sur des sites qui te popup pour te dire que tu utilises un bloqueur de pub et que tu dois le désactiver pour continuer, je bannis ces sites au fur et à mesure. De même lorsque je tombe sur plus de pubs (directes ou indirectes) que de conversations intéressantes : j’ai arrêté twitter à cause de ça, la plupart des blogs que je suivais aussi. Lorsqu’il n’y a plus d’échange que dans le service perso, l’autopromo et les liens sponsorisés, ce n’est plus de l’échange, c’est un supermarché géant.

Pour être complètement honnête, j’ai aussi arrêté des trucs intéressants (les MOOC que je suivais, Duolingo aussi), parce que j’avais pas la tête à ça dernièrement, donc ce n’est pas que la pub qui me barbe, même si c’est un gros point noir.

Il n’empêche que la pub est de plus en plus présente. Aujourd’hui, Le Monde (nous y sommes abonnés, mais comme je suis en navigation anonyme, je dois me connecter à chaque fois et pour des articles en « libre lecture », ça me gave), Le Monde donc m’annonce que je ne peux pas lire cet article (je ne sais plus lequel m’enfin, ça marche pour tous je suppose) parce que j’utilise un bloqueur de pub, blablabla, c’est pas bien, blablabla, t’veux la mort du journalisme, blablabla. On me propose donc le choix d’inscrire LeMonde sur la liste blanche d’Adblock (hors de question vu le format que prennent certaines pubs sur ce site), ou de m’abonner « c’est gratuit le premier mois ».

Petit apparté : c’est mal présenté parce qu’il n’y a pas de lien « Je suis déjà abonné-Je me connecte » sur la page de redirection, ce qui fait que je ne peux pas FACILEMENT me connecter, qu’il faut que je cherche comme faire et pour lire un article de 2 paragraphes qui ne m’apprendra rien, ça me gonfle dès le petit déj !

Bref, il y a quelques temps, mon homme pour une question de budget évoquait le fait de se désabonner du monde « à la limite si il faut vraiment économiser ». Ben, là, ce matin, j’ai juste envie de lui dire banco, parce que j’en ai marre qu’on me prenne en otage à cause d’adblock. Je sais que rien n’est gratuit et que la pub, ça paye beaucoup de chose. Mais je sais aussi que pour beaucoup dire « Vous utilisez un bloqueur de pub, vous nous tuez » c’est très exagéré.

Il me reste donc 9gag (en sautant tous les posts sponsorisés pour les jeux vidéos/films/mcdo qui sont plutôt bien intégrés la plupart du temps en « pub discrète ») et King qui annonce clairement la couleur « Pas de Pub » (autre que pour leurs propres produits, mais c’est toujours ça)

Pourquoi je ne vais plus au sport en vélo

Le dimanche matin, je vais faire une petite heure de gym en groupe et en musique. C’est sympa, ça défoule. J’y vais pour me vider la tête. Autant dire que ce n’est pas pour me faire des copines ou taper la discut. Je dis bonjour quand j’arrive (je suis polie), au revoir quand je repars. Il m’arrive d’échanger deux mots s’il en est besoin (expliquer un mouvement à ma voisine ou m’excuser s’il m’arrive de faire un faux pas). Mais ça s’arrête là. Pas envie de parler ou de me mettre à réfléchir, j’y vais pour me vider la tête.

J’y allais en vélo. C’est à 5minutes de chez moi, y’a un beau parking à vélo juste devant la salle. J’y allais signifie que j’ai arrêté d’enfourcher ma bicyclette pour m’y rendre. Désormais, j’y vais en voiture. Cela me prend 10minutes (parce que le centre-ville de Lille, ce ne sont que des sens interdits et des feux rouges) et j’ai parfois du mal à trouver une place car à côté, il y a le Grand Palais et ses week-end chargés de salons en tout genre.

Mais j’y vais en voiture car c’est une question de confort. Pas que j’apprécie plus le chauffage et les sièges molletonnés (je déteste conduire en ville, les gens font n’importe quoi), que j’aime écouter RTL2, RPL ou MonaFM un dimanche matin. Non, le confort vient du fait qu’en voiture, personne ne m’adresse la parole.

La dernière fois que je suis allée à la gym en vélo, sur les 5minutes de trajet, je me suis fait apostrophée 3 fois rien qu’à l’aller. Par des types qui ne peuvent s’empêcher d’exprimer leur opinion sur ma pratique du vélo en tenue sportive (pas particulièrement moulante pourtant). Et pourtant, le dimanche matin, il n’y a pas tant de monde que cela  sur le trajet, mais voilà, il semble que les hommes dans la trentaine ne puissent s’empêcher d’exprimer leur mâle certitude qui, bien qu’elle soit « polie de mots non offensants » sonne souvent comme un :

« Hé Mademoiselle ! T’as un vagin ! »

Le pire c’est qu’ils n’y voient certainement aucun mal. Ben quoi ? J’ai juste fait un compliment sur tes pratiques sportives, ou sur ta tenue ou sur… JE NE SUIS PAS UNE COUREUSE CYCLISTE ! je n’ai pas besoin d’encouragement ! Comprenez messieurs (je ne me fais pas d’illusion, ces personnes ne viendront jamais lire cet article, mais bon, j’ai quand même besoin de le dire) que si une femme a envie de parler avec les gens, elle les regardera, elle s’arrêtera, elle ira vers eux. Si elle ne veux pas, elle tracera sa route et FICHEZ-LUI la paix, bordel !

Non ce n’est pas forcément agréable de recevoir un compliment (et encore, il faut voir comment est balancé ce compliment !) ou même la moindre remarque  obligeante (ou non) lorsqu’on est simplement dans la rue et qu’on n’a rien demandé à personne. C’est un problème essentiellement féminin d’ailleurs : peu de mecs se font siffler ou aborder dans la rue parce qu’ils sont juste là. De femmes non accompagnées d’homme pour être plus précise. Je n’ai jamais eu de problème lorsque j’étais accompagnée d’un homme (compagnon, ami, famille). C’est toujours arrivé lorsque j’étais seule ou avec d’autres femmes. Pourquoi ai-je besoin d’un garde du corps masculin pour sortir dans la rue ? Hein ?

En parlant de remarque désobligeante (parce que les hommes font aussi des critiques à voix haute) : un jour un type m’a touché les pieds en me disant que ce n’était pas très joli des chaussettes dans des nus-pieds. Mais bordel, je dois marcher deux kilomètres avec ces chaussures, alors me fait pas chier : c’est pas joli, mais au moins, je n’aurai pas les pieds en sang en arrivant ! Je m’en tape d’être jolie pour toi, inconnu, je veux juste être bien dans mes pompes ! Et touche pas à mes pieds !

Plus sérieusement, je vous invite à aller lire cet article (que j’ai découvert après ma dernière sortie en vélo) qui vous ouvrira peut-être les yeux sur certains problèmes qui semblent n’être qu’anecdotiques pour certains mais qui ne le sont pas du tout : La ville durable creuse les inégalités par Yves Raibaud (CNRS)

En attendant, je continue de prendre ma voiture le dimanche matin. Et ça me dérange parce que moi, j’aime bien faire du vélo.

Les trucs cons qu’on peut faire quand on veut devenir « plus écolo »

Laver son linge aux noix de lavage.

J’en ai vendu, je sais que c’est super tendance « écolo ». Les noix de lavage, c’est une catastrophe écologique en puissance (déjà bien ancrée hélas). En gros, ça donne lieu, en Inde, à des mafias locales qui ramassent tout ce qui traîne. Alors qu’avant, on les laissait là et ça protégeait le sol, ça le nourrissait, voyez, genre bois raméal fragmenté, sauf qu’on n’avait pas besoin de faire du BRF vu que les marrons tombés au sol le faisaient tout bêtement !

Oui parce que les « noix de lavage », ce sont tout bêtement des marrons d’Inde décortiqués. On vous vend ça comme étant super écolo et éthique. En gros les chefs de village se font la guerre, pillent les forêts (oui, on n’en faisait rien « nous », la forêt, elle, en avait besoin pour maintenir son sol vivant), contraignent les gamins à bosser au lieu d’aller à l’école, vous les envoient par bateaux/avions dans des jolis sacs en coton « bio » (cf. la culture du coton niveau écolo, même en bio, on repassera) pour vous les vendre à prix d’or.

Allez une aprèm en forêt cet automne et vous en ramasserez assez pour toute votre année ! Vous pourrez même exploiter honteusement vos enfants pour cela si vous voulez avoir des noix de lavage aussi efficaces que les originales ! Parce que, honnêtement, pour ce que ça lave, autant vous passer complètement de lessive, non ? (Essayez, vous verrez que ça marche tout aussi bien).

Le shampoing sec au cacao (ou au rhassoul et à un tas de poudres bizarres qui viennent de loin)

Passons sur le côté « écolo » qui consiste à aller chercher à l’autre bout du monde des produits transportés par avion pour nous concentrer sur le côté « trop hype » de  passer au no-poo (économie d’eau, de produits chimiques et de temps vu que tu ne te laves plus les cheveux !) en se tartinant la tête de maïzena et en ressemblant à une vieille mémé même en ayant brossé tes cheveux pendant dix minutes pour évacuer la poudre.

Oh, certes, « tu sens bon le cacao après ! » mais franchement, si c’est pour repasser toutes ses fringues à la machine… (ainsi que le tapis de la salle de bain, sauf si tu as prévu le coup et tu t’es mis dans la baignoire toute nue pour te peigner les cheveux… après il faut te rincer toi et la baignoire, vas-y le cacao, c’est la m…. à nettoyer à l’eau ! Je ne vois pas où est l’économie de temps, ni d’eau.)

Remplacer le sucre de betterave par tout un tas d’alternative plus « saines ».

En gros, le sucre de betterave, c’est fabriqué en France de A à Z : on plante la betterave à sucre, on la cultive et on la transforme juste au nord de Paris (vous savez, la nouvelle région Nord-Pas-de-Calais-Picardie ? Ben c’est là, n°1 mondial du sucre de betterave) et c’est vegan (parce que le blanchiment sur poudre d’os, c’est interdit en Europe)

Ok, c’est pas forcément très écolo parce que les tracteurs consomment du diesel (de betterave ! ou alors de l’huile de colza aussi cultivée en France parce, même si c’est pas très légal, c’est souvent moins cher), et puis il y a la transformation de la betterave en sucre, qui est un procédé industriel lourd.

Un sucre, ça reste un sucre : qu’il soit de canne brésilienne, de rapadura argentin, d’agave mexicaine (argh ! super naturel le sirop d’agave… comme si ça coulait tout seul de la plante), ou de betterave, c’est pareil. Si c’est que du glucose, ça fait monter l’index glycémique (pas bien pour le régime) mais si c’est que du fructose, ça tape sur le foie et c’est peut-être même pire que le glucose. Un sucre, ça reste un sucre, qu’il soit complet ou raffiné. Apprenez à manger sans ajouter de sucre déjà, ça sera pas mal !

Pour ce qui est du « non industriel et local », vous pouvez passer au miel bio de votre petit apiculteur du marché en vérifiant que c’est bien sa propre production qu’il vend et pas un « mélange de miels de l’UE et hors UE » comme certaines marques jouant sur le côté « apiculteur français » le font parfois. Mais bon, le miel c’est pas vegan (des fois, il faut savoir choisir).

Coudre du sopalin « lavable »

C’est la dernière idiotie tendance que j’ai vu sur les blogs écolos. Coudre du sopalin réutilisable. Ouais parce que vois-tu, avant on n’utilisait pas du tout de torchon pour ça, nan ! Ou de serpillère, ou d’éponge, non. On laissait tout ça par terre, la table recouverte de gras rance et le sol imbibé de liquide nauséabond (parce qu’en plus c’était des sols en terre battue, vous savez, dans le temps).

Le principe, en gros, c’est prendre un truc qui a été inventé par des industriels (mais qui en soi n’était pas indispensable « avant » d’avoir été inventé), et de faire la même chose en lavable. Un peu comme les lingettes lavables sont une « révolution » à qui ne connait pas l’usage basique du « gant de toilette »…

Perso, j’ai cousu et vendu des centaines de lingettes lavables (bi-couche « polaire-bamboo » bonjour la cata écolo, mais avec l’argumentaire en béton, ça marche du feu de Dieu auprès des clients) alors que pour mes trois gamins, je n’ai jamais utilisé QUE des gants de toilettes 100% coton.

Pour en revenir au sopalin : un torchon, une serpillière ou une lavette, bien choisi, c’est 100% biodégradable. Là, le sopalin lavable, c’est du bi-couche (avec souvent un côté polaire ou microfibre, donc PAS biodégradable) avec des pressions plastique ou du velcro (donc PAS biodégradable). Il faut le laver (comme un torchon), mais il faut aussi le repasser (le « bicouche » c’est souvent une horreur si c’est pas repassé un minimum) et le ré-assembler feuille par feuille, alors que le torchon si tu n’es pas maniaque, tu le plies juste un peu et basta !

Non parce que c’est complètement idiot : le sopalin lavable est souvent utilisé par des personnes qui se veulent « zéro déchet ». Le principe de base du zéro déchet, c’est d’abandonner les habitudes consuméristes et de se simplifier la vie comme on faisait « avant » (parce qu’avant, les gens n’étaient pas des crétins ignares couverts de saletés et vivant dans des grottes quand même)

Donc là, on va prendre un objet qu’on pense indispensable pour le remplacer par un truc identique mais « lavable », au lieu de penser « comment faisait-on avant ? » Ce qui au final ne simplifie rien et rendra l’abandon du truc plus facile : le jour où ils (elles surtout) seront fatigués de devoir rattacher toutes leurs « feuilles de sopalin lavable », ils retourneront au sopalin jetable. Game Over le sopalin lavable.

Alors que si tu prends un torchon/serpillère/éponge pour faire le job, comme tu les as déjà dans ta cuisine, tu ne penses même plus qu’il y a un usage pour le sopalin. Perso, je n’achète qu’un rouleau de sopalin jetable par an, pour les vacances, car c’est le seul moment où je me tape la lessive à la main dans un micro évier de camping (et je ne le finis même pas en 15 jours). Mais en dehors de ça, le sopalin… connaîs pas !