Bonne année

Cela fait longtemps que j’ai abandonné ce blog. Mon dernier article remonte à mi-novembre et je ne l’ai même pas publié.

Mais nouvelle année, j’ai envie de me remettre à bloguer plus sérieusement. Je ne sais pas encore sur quels sujets, mais sans doute sur des thèmes qui me préoccupent en ce moment, c’est finalement le plus facile à faire.

On verra si l’envie me tient plus qu’une semaine comme à chaque fois que je suis repassée par ici. Comme toutes les bonnes résolutions de nouvel an, il arrive qu’on mette la barre un peu trop haut.

En attendant, j’ai une semaine chargée qui s’annonce : finir Luigi’s mansion 2 tant que les gamins sont à l’école (parce que je n’ai pas eu le temps d’attraper la DS pendant les vacances) et, peut-être, aller faire les courses si je veux que mes enfants mangent autre chose que de la purée en sachet et les 3kg de lentilles ramenées du Puy cet été. Je n’ai même plus rien au congélateur vu que j’envisage de le dégivrer incessamment sous peu ! Enfin, ils reprennent la cantine demain, ça m’évite un casse-tête de menus variés supplémentaires (mine de rien prévoir 4 repas de plus par semaine, ça vous bouscule dans vos habitudes, mes enfants n’aimant rien ou alors des trucs pas raisonnables)

Mais pour les courses, je devrais d’abord récupérer ma voiture qui est au garage (je me vois mal ramener mes courses du mois en caddie de mémé et en métro…)

Bref, une année où je ne me suis encore trop mis la pression niveau perfectitude et où cela ne m’angoisse pas (encore) ! Une année qui commence bien en somme.

Chansons à peu près

Donc après la chanson de la barbichette qui n’est pas « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette » mais « C’est la Barbichette qui a perdu son chat »

Après « Allons enfants de la batterie, le jour de gloire est déjà passé »

Mes enfants ont une nouvelle chanson à leur répertoire approximatif:

« Vive le vent, vive le vent, vive le vendredi »

Promis, ils les ont appris tout seuls (et ça me fait bien rire à chaque fois)

La ficelle romanesque était un peu grosse (appelons cela une corde)

C’est sans doute un tic, mais j’ai repéré un schéma chez certains auteurs anglo-saxons qui m’irritent au point que j’en ai refermé les livres à peine le deuxième chapitre entamé.

Le voici :

  1. Premier chapitre (ou en fait plutôt une sorte de prélude) :
    ça se passe il y a 50-30ans avec une scène mystérieuse : un départ, une arrivée, un truc que tu ne peux pas comprendre pour l’instant, mais c’est pas grave, l’auteur te l’expliquera avant la fin du roman, ne t’inquiète pas lecteur. Puis ça se coupe sur un cliffhanger : on ne sait pas ce qui arrive après. Toujours il y a une génération environ avec l’histoire de l’héroïne par la suite, histoire de bien te dire « en fait, voilà, l’héroïne aura un rapport avec cette scène plus tard ». Et allez savoir pourquoi, c’était toujours une héroïne et l’histoire écrite par une femme… je ne sais pas si cela a un rapport.
  2. Premier vrai chapitre (donc l’histoire réelle du bouquin) :
    une femme (jeune ou moins jeune) arrive dans ce même coin paumé (c’est toujours un coin paumé) et au lieu de décrire le paysage, d’être pleinement là, elle pense qu’à sa propre vie, ces petits problèmes sentimentaux et professionnels (les deux souvent se mélangent) et bien sûr, tu sens bien qu’avec sa dernière relation c’est pas le vrai amour, le grand Amour, et qu’elle va pas tarder à le lâcher, ce beau gosse intelligent mais tellement imbu de lui-même (mais elle, elle ne doute absolument pas d’elle…)

Voilà, c’est en général là que je lâche. J’ai dû passer 10 minutes à lire que déjà ça me barbe. Très anglo-saxon cette manière de décrire l’héroïne intelligente, belle (on le suppose) et comblée par tout ce qui est possible (une belle carrière, un couple idyllique, de l’argent aussi c’est pas négligeable) mais qui fait de la mélancolie post-coïtale parce que la pauvre, elle n’a rien connu de la vraie vie, en fait, elle vit dans son petit monde surprotégée et va plonger dans l’horreur vivre la vraie vraie vie de vrais gens qui ont eu de vrais malheurs…

En l’occurrence sur le dernier bouquin débuté de la sorte que j’ai commencé à lire (L’Île des Oubliés de Victoria Hislop) : un vieux et sa fille sur un bateau de fortune qui font route vers une île de lépreux il y a 50 ans, et chapitre 2, de nos jours, une jeune archéologue qui s’appelle Alexis (j’ai du mal, désolée avec les prénoms masculins utilisés au féminin…) qui s’embarque pour la même île, mais ne fait que penser au fait que son petit ami n’est pas le prince charmant, au lieu de nous expliquer pourquoi elle va là où elle va ! Parce qu’évidement, elle a voyagé pendant des heures pour arriver dans ce coin paumé de la Grèce, pris 3 avions, 2 bateaux et qu’elle n’a pas bien eu le temps de penser à son petit connard de fiancé durant les quinze heures qu’ont duré le voyage ! C’est pourquoi, seule sur son frêle esquif, embarquée vers l’aventure de sa vie, elle ne fait que penser à lui et au fait que, nan, décidément, il n’est pas pour elle… Très réaliste je trouve. :/

Le précédent, c’était un bouquin de Joyce Carol Oates , Mudwoman (j’ai tenté, j’avais lu des critiques disant que c’était une auteure exceptionnelle à lire absolument, j’ai profondément détesté dès le début ce personnage de professeure d’université boulot-boulot-carrièriste-qui va sans doute découvrir qu’elle a lien avec un passé noir de bouseux, pareil, j’ai dû lâché au milieu du deuxième chapitre)

Bref, c’est une ficelle tellement grosse qu’elle n’en est pas originale et qu’elle est très énervante. Sans doute aussi parce qu’elle ne suscite pas, chez moi et avec ces auteurs-là, la curiosité qu’elle cherche à faire naitre. Je n’aime pas qu’on me dise tout dès le départ, mais j’aime bien être surprise aussi bien par l’histoire racontée que par la manière dont c’est fait. Là, j’avoue que c’est loupé dans les deux cas : on ne suscite aucune curiosité par ces excès de mystères mystérieux lus et relus un peu partout, et pire, on vient me balancer toute la vie des héroïnes dès le début !

Ecrire comme un coureur du tour de France (mais pour aller où ?)

J’ai lâché ce site, j’ai lâché l’écriture et j’ai lâché mes romans.

Il a fallut quand même un bon six mois pour qu’on repère que certains livres n’étaient plus dispo. Bah, c’est la vie, on finit tous par être oubliés.

J’en viens au sujet de cet article : tout va trop vite et bien écrire demande du temps. Je m’ennuie un peu en ce moment, j’ai la crève et du coup, je zone sur internet. J’ai fait un petit tour sur twitter depuis quelques mois que je n’y ai pas vraiment mis les pieds.

Je n’y comprends plus rien. On parle de sites d’écriture dont je n’ai jamais entendu parlé ou presque, de rémunérations has been et d’autres prometteuses. Cela fait quoi, un an peut-être ?, que je n’ai pas réellement suivi l’actualité webistique ? Un an et déjà, un site si prometteur a été devancé par un autre, on abandonne une rémunération novatrice pour une autre. Et sans doute d’autres sites, d’autres rémunérations (d’autres auteurs aussi) ont été oubliés entre temps.

Comment voulez-vous écrire correctement, publiez correctement ? Changer sans arrêt de mode opératoire (rémunération Amazon, puis crowdfunding, puis à la page, puis gratuit mais avec pub, puis gratuit contre un échange de croquettes pour chien…) et arriver à gagner votre vie ?

Comment pouvez-vous prendre le temps de réfléchir si vous êtes toujours la tête dans le guidon ? À chercher comment « réinventer la manière d’écrire » sans avoir un seul moment le temps de vous poser pour savoir ce que vous écrivez. Le succès sur internet est éphémère, il ne dure jamais. JAMAIS. Les gens veulent du gratuit, du divertissement. Bah, oui, du facile à consommer. Vite avalé, vite digéré, vite recraché/déféqué…

Tous ne sont pas comme ça, non ! Et souvent on vous bassinera sur telle exception, telle success story. Mais soyons sérieux un peu : même chez le crowdfunding alternatif (hipster pour reprendre un mot à la mode), c’est toujours du prêt à consommer, du facile à avaler, du merchandising et du populaire qui marche !

Alors il y a les écrivains maudits qui vont se plaindre (les « faux », ceux qui écrivent mal finalement, mais qui n’ont aucun jugement sur eux-mêmes) qu’on ne reconnait pas leur talent, qui crient qu’on aimerait envoyer balader parfois. Et les vrais « maudits », qui eux écrivent vraiment bien, prennent vraiment le temps de poser leurs pensées et leurs mots avant de les publier, et qui se découragent parce que le monde va trop vite pour eux (ou plutôt sont-ce eux qui vont trop lentement pour ce monde hyperactif ?)

Tout cela pour dire que je peux comprendre certains auteur qui écrivent toujours plus (plus vite, avec la plus-meilleure-dernière technologie à la pointe des techniques, et plus d’origan et de persil…), mais parfois, il faut savoir se poser, s’ennuyer, lever la tête et se poser la question : mais où je vais ?

Parce que parfois, à certains auteurs, cette question, j’aimerais bien la poser.

Recette : Courgettes farcies végétaliennes

Hier soir, en rentrant de l’hosto, j’avais envie de manger un truc bon et bien cuisiné. Malheureusement, je n’avais plus du tout envie de cuisiner (nous sommes allés aux fraises samedi, donc, depuis samedi soir, je coupe, tranche, cuit, stérilise. 11,6kg de fraises ça donne pour information : 8 bouteilles de jus, 10 pots de coulis, 15 pots de confiture et 200gr de fraises séchées, mais ça dégoûte aussi de la cuisine et de la vaisselle…)

Du coup, après la soupe industrielle un peu fadasse d’hier, je me suis vengée ce midi avec des courgettes farcies. Voici la recette (ouais, maintenant, je mets des recettes voilà !)

Niveau prix : Quedal (au niveau ingrédient, le plus cher là, c’était sans doute les courgettes…)

Ingrédients pour deux :

  • Deux petites courgettes cueillies de la ferme (obligatoire ! sinon, elles sont gorgées d’eau et immangeables 😛 )
  • Quelques dés de tofu-feta express (voir la recette ici)
  • Une grosse poignée d’arachides (des cacahuètes quoi) non grillées non salées
  • De l’huile (un pchiout ça doit faire une cuillère à soupe…)
  • Du jus de citron (comme je mets du en bouteille, je dirais un pchiout aussi !)
  • Une bonne pincée de sel

Vous coupez les courgettes en deux dans la longueur, vous creusez un peu un des côtés pour que votre farce reste dans la courgette (ça sera la base, gardez l’autre côté pour faire capuchon)

Dans un mixeur, vous mettez les autres ingrédients et les bouts de courgettes que vous avez ôtés à l’étape juste au dessus (ça c’est parce que je n’aime pas jeter la nourriture). Vous mixez jusqu’à obtenir une pâte pas trop collante (sinon c’est que vous avez mis trop d’huile ou de citron)

Vous faites deux boudins avec cette pâte, les posez sur les demi-courgettes creusées, refermez les courgettes avec les autres demi-courgettes (je ne suis pas claire, enfin, vous faites un burger de courgette quoi !)

Dans un plat, au four à 180°C chaleur tournante pendant 30 minutes et Pouf, vous mangez un truc bon, chaud et végétalien.

Notes :

A la place des arachides vous pouvez mettre des amandes, mais c’est plus cher (ou des noix de cajou, mais ça doit être beaucoup plus « fort » en terme de goût) et si vous avez la flemme de prévoir le tofu-feta, ben ne le mettez pas (je ne suis pas sûre que ça ajoute du goût, en fait, je voulais faire des courgettes farcies à la feta à la base, mais version végétalienne et j’ai été radine sur le tofu-feta (qui n’a pas duré longtemps lui-même vu que c’est super bon comme ça à grignoter)

Voilà. Bon appétit.

Oui, il est possible de se couper le doigt avec un couteau à pain

Si possible un dimanche, bien entendu.

A quatre heure, pour le goûter en coupant la baguette en deux. Zwiiip !

Une belle entaille juste sur la jointure de l’index entre la première et deuxième phalange. Je l’ai vu avant de la sentir, grande ouverte, béante et pas de sang, juste de la viande quoi. D’un demi centimètre profonde…

Et j’ai su, tout de suite, que là, c’était les urgences, direct.

Puis le sang a coulé. J’ai lâché couteau, le pain, j’ai couru à la salle de bain. Sous l’eau froide pendant… Je sais pas. J’ai eu le temps de dire « Appelle mon père, faut qu’il me conduise aux urgences » (parce que l’homme n’a pas le permis et faut bien quelqu’un pour garder les petits) et y’a eu le temps que mon père arrive… 15 minutes sous l’eau ? 20 ? J’avoue que je ne sais pas. Et ça pissait encore.

Le plus drôle, c’est que j’avais le plus jeune des gamins qui hurlait derrière parce qu’il n’avait pas eu son goûter et qui m’en voulait à mort !

Bref, les urgences, c’est toujours pareil. J’ai toujours l’impression qu’on va me dire que c’était pas la peine, que j’encombre pour rien, que j’aurais pu aller à SOS médecin.

Sauf que la dernière fois, c’était ce qui m’avait fait attendre jusqu’à 3h du mat.

Flashback: Juste un petit coup (une étagère ikéa de 180kg) sur le doigt, je pouvais le bouger, y’avait juste une croûte sous l’ongle… Pas grave, pas de quoi encombrer les urgences un 15 août !

Ben à 3h du matin, la nuit du 15août, y’a pas grand monde, mais j’aurais eu moins mal si j’étais venue en journée… Et j’ai eu droit au sermon: « C’est peut-être cassé (ça l’était pas), vous auriez dû venir plus tôt »

Bref, cette fois, je savais que c’était les urgences. J’ai tellement été culpabilisée (moi qui n’ai quasiment jamais été aux urgences) par le discours « Urgences débordées, ne venez pas si ce n’est pas grave » que c’est difficile de savoir si on « peut » y aller pour « si peu ».

Certes ma main fonctionnait toujours, mais on m’a suffisamment fait le sermon « La main, faut toujours consulter ! Ça peut être grave même si ça n’en a pas l’air. »

Du coup, je suis allée aux urgences sans avoir la sensation d’être là pour « rien ». Un bobo certes (qui sait, ça aurait peut-être cicatrisé sans intervention), mais un bobo à deux points de suture mais pas trois ! de Monsieur « je suis trop fort » l’interne (très sympa ce monsieur :) )

Je n’ai plus droit de me servir de ma main gauche pendant deux jours (minimum) et vous savez quoi ? C’est vachement dur ! Taper au clavier par exemple…

Dinosôôôôaaarrrh !

Pourquoi continue-t-on de construire les enclos des dinosaures avec du béton, du métal et de l’électricité ? Sérieusement ? Pourquoi les attaquer avec des tasers géants, des seringues hypodermiques grosses comme mon bras et des balles réelles ?

Rien de tout cela ne fonctionne, ça fait 20 ans qu’on le sait, non ? Alors pourquoi continuer ?

Non, la solution est juste sous vos yeux, évidente, et j’espère que vous en prendrez notes pour les deux prochains films  (vu que les films maintenant fonctionnent par trilogie, quitte à bâcler complètement l’intrigue du premier : trop vouloir s’éparpiller mais ne rien approfondir à part l’idylle bluette entre les deux tourtereaux qui pensent qu’à se sauter dessus pour s’entre-dévorer la… Hum, je m’égare… C’est pas grave, ils expliqueront le reste sur les prochains), bref, voilà ma solution de la mort qui tue (en l’occurrence, les dinosaures) pour éviter que ça se reproduise ENCORE une fois (voire deux, cf. l’explication sur la trilogie ci-dessus) :

D’abord, vous construisez un mur d’enceinte entièrement en talons aiguille de la directrice du parc. Sérieux, c’est une experte en survie, ces talons doivent être fait d’un assemblage d’adamantium et de mithril. Si vous faites un mur avec ses chaussures, aucun dinosaure (même un super méga-dino muté caméléon-seiche-grenouille) ne passera. C’est vrai, elle se balade dans la jungle, dans la boue, à courir partout et ils restent impeccables. Le producteur a du avoir un partenariat avec Vanish aussi parce qu’ils restent d’un blanc immaculé (ça c’est un sponsoring qu’on ne fait que deviner, c’est tellement subtil, contrairement à humm… de mémoire : Dr Dre, Pepsi, Lumia – dommage z’auraient dû rester Nokia…)

Ensuite, si jamais vous avez eu l’imprudence de laisser la porte ouverte (oui, un truc, des portes ouvertes directes sur l’extérieur, sans sas c’est vraiment pas très intelligent, hein… genre même les velociraptors ont un sas pour pas s’échapper comme ça), donc si vous laissez la porte ouverte, vous pouvez toujours courir après votre dino et lui vaporiser un coup de laque immobilisante pour un brushing impeccable. Demandez à la directrice (Tante machin, j’ai même pas retenu son prénom !) Un coup de vapo et votre dino bougera plus pendant 1h30 (après ce délai, le méchant dino ondulera juste légèrement pour prendre un air légèrement décoiffé, mais pas trop, juste pour qu’on comprenne que le perso a trouvé l’amour de sa vie et que donc, elle se fiche complètement de réajuster sa coiffure entre l’attaque du petit dino vicieux et celui du plus gros dino volant)

Bref, un film qui veut trop en faire avec des refs au tout premier film (pour les geeks) mais qui veut juste faire du fric et oublie quand même que le tout premier voulait peut-être faire du fric, mais qu’à l’époque, on misait sur la qualité d’image et surtout d’histoire sans prévoir d’en faire un deuxième derrière « parce que bon ben voilà, ça va marcher aussi bien que le tout premier (parce que y’a le nom, et pis des dino, et donc on va aussi en faire 3, comme pour les premiers) en oubliant que les deux suivants n’étaient pas des réussites…

C’est un peu comme les comédies romantiques américaines où la self-made-business-woman retourne dans son patelin d’origine pour une raison familiale (patelin ici représenté par deux neveux oubliés qu’on lui colle sur le dos pour des questions de divorce) et tombe amoureuse du bouseux local : ça fait bien rire, passer le temps (j’ai pas regardé ma montre), mais y’a pas non plus le côté « romantique » qui fait frémir les coeurs des comédies romantiques. Après, j’ai pas eu l’impression que c’était aussi effrayant que le tout premier. Enfin, j’ai vingt ans de plus et je l’ai vu en 2D, ceci explique peut-être cela… C’est pas une bouse non plus.

Ironiquement, le discours qui mène à ce grand méchant plus méchant que le T-rex qui était déjà très très méchant, c’est « Aujourd’hui, les gens veulent du plus gros, plus impressionnant, donc on doit le leur fournir même si c’est pas « un vrai dinosaure » ».

Ben voilà, Jurassic World, c’est ça. Ça se veut plus gros, plus impressionnant, mais c’est même pas une « vraie » histoire.

Madama Butterfly

Après une bonne journée qui finit en queue de poisson (cf. note précédente), j’ai été voir Madama Butterfly à l’opéra de Lille.

Une valeur sûre : Puccini à la partition (c’est le spectacle bankable de l’année pour l’opéra de Lille) et Jean-François Sivadier à la mise en scène.

La mise en scène de Sivadier

L’idée est de ne pas tomber dans la caricature de la culture japonaise et de traiter Madama Butterfly pour ce qu’il est : un drame. La tragédie grecque donc est l’inspiration de cette mise en scène, avec tout ce que cela peut avoir de théâtral : des personnages couronnés aux toges amples et l’omniprésence du chœur surtout sur le dernier acte. Sivadier est avant-tout un homme de théâtre, avec sa culture et ses références, si éloigné des références traditionnelles en matière de mise en scène d’opéra. C’est bien, ça change.

Premier acte : comédie. Trop surjoué peut-être. Sharpless (Armando Noguera) est un peu trop cabotin au début, donnant l’impression de retrouver le Figaro de l’an dernier (dans une mise en scène de…. Jean-François Sivadier déjà !). Mais c’est sans doute le défaut de la mise en scène puisque Noguera prouve, par la suite, qu’il peut incarner beaucoup plus de profondeur (et j’avoue avoir envie de le retrouver une rôle plus grave à l’avenir)

Il y a une mise en place de quelques signes symboliques (une sorte de salut « bonjour/merci/au revoir » selon le sens dans lequel il est fait) comme une volonté d’éviter absolument tout signe qui pourrait rappeler la culture japonaise. Était-ce vraiment utile ? Vouloir sortir de la japon-niaiserie d’accord, mais tomber dans le travers d’inventer une nouvelle « culture » pour cela relève tout autant du folklore (et éloigne du drame).

La mise en place du décor, par contre, est vraiment intéressante, les murs sont des étendards déplacés à l’envi. Le principe reste le même que pour Le Barbier de Séville l’année dernière : un plateau vide, quelques sièges et des rideaux de théâtre. Malgré tout, la scène n’est pas vide et l’on se laisse prendre par les mouvements des acteurs (les chanteurs ne sont jamais moins de quatre sur scène).

Deuxième acte : Que dire ? Serena Farnocchia (Cio-cio-san) chante bien, mais n’a pas réussi à me transcender. Peut-être n’avais-je pas l’esprit à ça. Mais justement, cela aurait dû me changer les idées, me faire vivre autre chose… le principe de catharsis toussa (on reste dans le théâtre grec, voyez !) Rien. C’était agréable à écouter, sans plus. Très musical, pas vraiment émotionnel.

Mise en scène très intéressante lorsque Cio-cio-san et Suzuki dénudent le jardin de ses fleurs pour couvrir le sol de pétales. Pas de pétales, pas de fleurs. Elles arrachent juste les étendards pour s’enrouler dedans, ce qui laissent une forêt de croix (très christique tout cela, ça fonctionne bien, on voit le drame venir même si l’on ne connaît pas l’histoire)

madama-butterfly-lille2015

Troisième acte : Un peu trop théâtral peut-être, avec l’omniprésence du chœur. Omniprésence qui plombe sensiblement cet acte assez intime, non pas par la présence des choristes, mais par l’impression qu’ils donnent d’avoir été mis là pour signifier quelque chose sans que l’on sache vraiment trop quoi. Ils bougent, gesticulent même une espèce de symbolique inintelligible qui donne l’impression que, par manque d’idée, Sivadier a voulu développer l’idée du chœur antique des tragédies grecques sans vraiment savoir quoi en faire sur la fin. Il faut dire que Puccini n’aide pas, c’est souvent un peu longuet…

(Enfin, c’est toujours mieux que Lucia di Lammermoor par Stanislas Nordey en 2013, où la mise en scène était un peu près sur tout : une bonne idée de départ, de bonnes intentions, mais une mise en place complètement à côté de la plaque : les déplacements, les personnages et même les jeux de lumière étaient toujours à côté de leurs pompes ! Sivadier, heureusement, nous évite ça.)

Il se rattrape d’ailleurs bien sur la fin. Pas les dix minutes de fin, non la vraie fin, les dix dernières mesures, bref, sur le suicide de Butterfly, ce qui est assez court et sans doute bien aidé par la musique de Puccini (malgré un couac parmi les percussions ou peut-être mes oreilles m’ont-elles joué un tour ?) Dix mesures à vous prendre aux tripes.

Pour la musique, rien d’exceptionnel, pas de véritables audaces. Les chanteurs sont bons, bien dans leur rôle. J’ai eu une préférence pour Armando Noguera (Sharpless) et François Piolino (Goro), et puis Rachid Zanouda en serviteur muet très bien utilisé.

Conclusion : un bon spectacle assez consensuel à voir (il sera diffusé en live mardi 2juin un peu partout dans la région et sur la culturebox de France Télévision). Et sinon, je déteste toujours autant le personnage de Pinkerton !