Mon fils me donne une leçon sur le sexisme

Depuis plusieurs semaines, mon fils refuse de se couper les cheveux, ça commence à lui faire une masse conséquente (genre casque) et, bien sûr, ses cheveux lui tombent dans les yeux.

Il nous réclamait donc un serre-tête depuis pas mal de temps. Ce n’est pas que nous trainions les pieds, mais bon, j’aime pas faire les boutiques et trouver une boutique avec des serres-têtes, ça implique d’aller soit en ville (trop de monde), soit dans une galerie commerçante (trop de monde aussi) avec, en plus, ledit fils pour qu’il puisse choisir (ce qui veut dire pas pendant les horaires scolaires, ce qui veut dire le soir ou le week-end… ce qui veut dire encore plus de monde ! je vous ai dit que je n’aimais pas quand il y avait du monde quelque part ?)

Bref, l’autre soir, on a quand même dû aller racheter des pantalons aux deux grands (la faute à leurs fesses bioniques qui usent trop vite les vêtements) et on en a profité pour aller dans une galerie commerçante. Avec, miracle, un vendeur de barrettes, chouchous et serres-têtes ! Bref, Numéro Deux a passé 10 minutes à essayer un peu tout (j’avoue avoir fortement orienté son choix sur un serre-tête neutre et discret… peut-être n’aurais-je pas dû, mais bon c’est mon fils, j’ai pas envie qu’on le castagne à la récré parce qu’il a mis un serre-tête avec des papillons à paillettes, d’autant qu’il est du genre à subir en silence et à tout prendre mal…) Du coup, il en a pris un marron qui fait un peu « peigne » et donne un effet ondulé.

Bref, ça lui va bien, il ne l’a pas quitté depuis qu’on l’a acheté (je le soupçonne de s’endormir avec…)

Mais j’avais quand même un peu peur pour le collège qui n’est pas peuplé par des population forcément habituée à toutes les excentricités… Mais aucune nouvelle, rien, tout avait l’air de bien se passer.

Après une semaine, j’avoue à mon homme être impressionnée parce que Numéro Deux ne semble pas avoir eu de remarque désobligeante à cause de son serre-tête. C’est là que Numéro Deux nous sort qu’il lui a bien eu une remarque de la part d’une fille, comme quoi « Un serre-tête, c’est pour les filles » ce à quoi mon garçon a répondu que sa remarque était sexiste et qu’il avait le droit de porter une serre-tête s’il le voulait. Il a tellement bien argumenté que la fille en question lui a donné raison à la fin. Bref, mon fils a su assumer son choix !

Et cette manière d’assumer, m’a fait réfléchir à la manière dont j’avais abordé le problème. Au départ, l’idée du serre-tête était un peu une blague (j’aurais préféré qu’il se coupe les cheveux…) mais petit à petit, elle s’est imposée à lui comme une évidence. Moi, je ne trainais pas les pieds, mais j’avais quand même une petite appréhension. Le collège est un milieu dur à vivre, celui dans lequel il va n’est pas dans un quartier huppé, clairement, ces camarades ne sont pas des tendres. Comme il s’est pris des remarques à cause de son frère en début d’années (Numéro Un se fiche de tout ce qu’on peut dire ou penser sur lui, du coup, il passe pour un type « bizarre » parce qu’il joue et parle tout seul dans la cour… et qu’il ne joue pas à Fortnite, bouh ! La honte !), j’avais un peu peur de ce qui allait se passer avec cette histoire de serre-tête.

C’est plus ma propre peur, mes propres visions des choses (pas qu’un serre-tête soit une affaire de « fille », mais que d’autres puissent le lui faire remarquer, voire payer) qui ont joué dans cette affaire. Finalement, j’ai l’impression que j’ai peut-être rajouté une couche (en orientant son choix vers un serre-tête neutre plutôt qu’un à fleurs en faux diamants…), alors que si c’est son choix, je devrais le soutenir à fond. Et en même temps, s’il était arrivé avec un serre-tête à fleurs, cela aurait peut-être été beaucoup moins accepté par ces camarades. Je ne sais pas, c’est ça le pire. Mais ce que je sais c’est que le prochain serre-tête, il prendra celui qu’il voudra (bon ok, pour le serre-tête licorne, on verra parce que je ne suis pas sûre qu’en classe, ça ne dérange pas le voisin de derrière… mais je sais qu’il assumera son choix et ça, à 11 ans, c’est déjà énorme).

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