Last day of June (Switch)

Ce sont enfin les vacances ! Et comme j’ai besoin de m’évader un peu, j’ai fini par craquer et acheter (en attendant Luigi’s Mansion 3 la semaine prochaine) un jeu que je reluque depuis que j’ai ma Switch :

Last day of June de Ovosonico

L’histoire

June et son mari vont faire un pique-nique. Il se met à pleuvoir, ils rentrent en voiture. Sur le chemin, ils ont un accident.
Tu te réveilles dans la peau du mari, paralysé, et June n’est plus là. En visitant ta maison, tu as des visions « fantomatiques » et tu pars dans les souvenirs pour essayer de changer les choses. Si tu y parviens, tu passes au niveau suivant.
Voilà !

La map

Les couleurs du paysage sont automnales, le temps aussi : le soleil de 19h est très bas, le vent, la pluie… On est clairement en automne. Ironie car le titre pourrait laisser penser que c’est le dernier jour de juin (dommage d’ailleurs de ne pas avoir joué sur ce jeu de mots et laisser les joueurs en suspens : June était-il un prénom ou le mois ?) C’est agréable de s’y promener, même si on tourne vite en rond : elle n’est pas grande et il faut parvenir à ouvrir les portails et différents accès pour la parcourir en entier, c’est ce qui est le plus dur. Il y a bien un plan, mais je n’ai pas vu l’intérêt de ce dernier (ce n’est pas assez grand pour s’y perdre). En plus, lorsque l’on est dans les souvenirs, on ne peut pas entrer dans les maisons et c’est dommage.

Ici ou là, on trouvera des sphères flottantes qui s’activent selon les différents personnages. Il y en a 20 et le décompte vous permet de savoir où vous en êtes. De plus, la tête du perso qui l’active est affichée dessus : il ne reste plus qu’à reprendre le bon perso pour le récolter. C’est une « quête secondaire » puisqu’on peut finir le jeu sans en collecter aucune.
Ce sont des souvenirs qui vous aident à comprendre le background des différents perso si vous êtes intéressés par l’histoire.

Lorsque tu interprètes le mari, tout est noir et déprimant et tu ne peux aller que là où les souvenirs veulent bien t’emmener (son fauteuil roule super bien dans les petits chemins de terre caillouteux, mais heureusement pour la cohérence, ne passe pas les escaliers !)

Les personnages :

Les personnages ne sont pas nombreux. On en compte six que l’on incarne à tour de rôles. C’est assez beau, même si le côté visages sans yeux m’a un peu choquée (ça donnait un petit côté Tim Burton, alors qu’on est dans un univers assez lumineux et pas du tout lugubre).
La voisine se tortille en marchant (c’est pire si on la fait courir) mais à part ça, les mouvements sont assez fluides.
Petit bémol : les personnages passent leur temps à faire des bruits (rire, glousser, grogner) sans que jamais une parole réelle ne soit prononcée. Je comprends que ça permet d’éviter les traductions pour les différentes langues (à part le menu qui ne possède que 4-5 mots), mais quand tu tournes en rond avec le gamin et qu’il passe son temps à rire alors que ça fait 15minutes que tu cherches comment tu vas changer le cours de choses… c’est assez énervant.

La maniabilité

Il y a très peu d’options niveau jeu, on utilise à peine trois boutons : A pour l’action requise, B pour sortir et Y pour se souvenir… mais vu qu’à part à un ou deux moments, il n’y a jamais 2 actions possibles en même temps, un seul bouton aurait fait l’affaire. A cela on ajoute le stick gauche pour déplacer le personnage, le stick droit pour l’orientation de la caméra (si on veut, mais elle suit naturellement le personnage… sauf si vous souhaitez regarder un peu plus le paysage, ça ne sert pas des masses)
Astuce : en appuyant sur R le personnage peut trottiner (sauf s’il porte un paquet lourd)

Et aucun bouton pour passer les cinématiques… Heureusement, après les avoir vu deux ou trois fois, le jeu a pitié et te les écourte.

La difficulté

Disons que la difficulté est réduite au maximum. C’est un PEGI 7ans et un enfant de 7ans peut y arriver, voire un gamin de 3ans (vu que tu n’as pas de truc inutile à faire, tu cherches où tu dois agir et tu agis…)

Il m’est arrivé de buter sur une énigme un peu plus longtemps que sur une autre, mais ça ne m’a pas pris des heures non plus ! Je l’ai fini en moins de 3h en ayant récupéré quasiment tous les souvenirs (il m’en manque un seul).

Les énigmes sont… binaires. En gros, pour finir un niveau, tu as deux options : solution A ou solution B. C’est la combinaison des différents options qui fera que l’accident se produira ou pas (et que tu pourras passer au niveau supérieur). Originalité : il faut parfois revenir en arrière pour changer la solution d’un niveau et avancer. Après il n’y a que 3 réels niveaux, le dernier étant un niveau que tu refais en boucle jusqu’à ce que la fin soit satisfaisante (pour le jeu).

Mon avis

J’avais entendu parler de ce jeu en des termes assez laudateurs : très beau, poétique, captivant, intense, avec des énigmes, un véritable parcours sur le deuil… C’était d’ailleurs pour cette dernière raison que je m’étais tourné vers Rime au premier abord.

Sur 4 niveaux où tu comprends assez vite que 1) c’est le déni, 2) c’est le marchandage/compromis, 3) c’est la colère et 4) la tristesse (celui-là plus que les autres, vu qu’on entend des pleurs tout du long). C’est un peu du martelage des étapes du deuil.

Les niveaux sont vraiment courts : tu comprends vite ce que tu dois faire, même s’il faut parfois du temps (5minutes max) pour comprendre comment y arriver.

La fin est prévisible, tu devines vite ce qui va arriver (bon au moins tu n’es pas déçu.e) et même au niveau 4, le twist qui se prépare est déjà une évidence (oh comme c’est étonnant !) Bref, sans trop dévoiler, on comprend rapidement l’histoire si on a vu quelques séries ou jouer à quelques jeux sur le thème du deuil.

C’est moins un jeu qu’une histoire interactive.

Du coup, est-ce que ça vaut vraiment 20€ ? Sachant que je n’ai pas forcément envie d’y rejouer car il n’est pas difficile (ou alors pour voir si je peux avoir une autre fin… mais j’ai des doutes) : l’ambiance est agréable, sans être enivrante ou hypnotique (comme dans Ico ou Rime), du coup, l’envie d’y passer à nouveau des heures n’est pas évidente surtout sur une map aussi petite.

Pour Rime, rien qu’en te focalisant sur l’intrigue principale, tu y passes facilement 3h30, et tu peux explorer des maps immenses et différentes à chaque niveau, relever les défis, trouver tous les éléments cachés pour allonger le temps de jeu. L’intrigue est moins évidente, le twist final plutôt inattendu. Alors que là, c’est 3h pour une première partie avec tous les objectifs atteints…

Après, je ne regrette pas l’argent que j’y ai mis : c’était agréable à jouer et c’est un éditeur indépendant. Mais plus cher, j’aurais été extrêmement déçue, c’est sûr (et j’aurais pu me sentir flouée par les développeurs).

Last day of June est un jeu d’énigmes indépendant disponible sur PS4, Switch et PC.

Une si belle journée…

Une super journée… J’ai fait du Land Art avec une classe de Petite-moyenne section (3-4 ans). Ils étaient à fond, ils ont bien participé, consciencieux, attentifs… Sérieux, j’étais contente ! Les gamins étaient ravis, moi aussi, l’atsem aussi. Bref, une belle journée de travail !

Et voilà qu’à la sortie, un père m’agresse verbalement parce que son fils a été « agressé » (il avait une petite tache rouge sur le cou, sous le t-shirt et n’est jamais venu se plaindre de rien du tout de toute la journée !), me tient la jambe pendant 10 min parce que je suis responsable de son fils et que j’aurais dû empêcher cette « agression » et qu’en plus, son pantalon est couvert de craies et que je lui parle mal, que c’est un scandale.

J’ai juste répondu « je ne sais pas, il n’est pas venu m’en parler. » à sa question sur l’agression, ceux qui me connaissent savent que j’évite toute confrontation, et même l’atsem a trouvé que je n’avais jamais été agressive (alors que lui, bon…), bref, je l’ai renvoyé vers la directrice (absente jusqu’à jeudi… mais je ne le lui ai pas dit !)

10 minutes pour gâcher une belle journée ! MERCI !

Alors à tous les parents : OUI il arrive que vos enfants se frappent et on ne peut pas toujours les en empêcher : ils sont 25-30 par classe, 90 qui courent dans tous les sens pendant la récréation. Même avec 5 adultes dans la cour, impossible d’empêcher un coup de pied ou une morsure, car ça va trop vite ! On ne peut parfois que gérer l’après-coup et c’est la vie !

OUI vos enfants se salissent : ils jouent dans la cour (il y a de la terre, de la boue, de l’eau), ils apprennent à faire de l’art (des feutres, des craies, de la peinture, de la pâte à modeler), à coller, à découper : ça implique de se salir un minimum !  (même adulte, je me mets de la peinture partout quand je peins… alors imaginez un enfant de 3-4 ans qui sait à peine tenir un pinceau ! C’est un miracle quand on arrive à faire une séance de peinture sans qu’il y en ai sur les murs !)

Cela prouve qu’ils vivent ! Qu’ils apprennent !

Alors si vous voulez que vos enfants ne se salissent pas, restent des petites poupées propres et toutes jolies, ne se confrontent pas aux autres enfants (blessé… ah, ah ! c’était même pas une bosse, juste une petite tache rouge – et si ça se trouve, c’était du feutre ! Si vous saviez combien d’enfants tombent tout seuls au cours d’une récréation !), ne vivent plus, c’est possible : gardez-les sous cloche à la maison. Ne les mettez pas à l’école !

L’école où on reste assis 6h par jour, où on punit bêtement tous ceux qui sortent du rang, parlent ou regardent le voisin de travers, c’est fini depuis plus de 100 ans ! L’école du 19e siècle, avec les coups de règles et de bâton, ça ne marche pas ! Maintenant, monsieur le père de famille, si je pouvais, je vous laisserais ma classe de 25 enfants de 4 ans pendant juste 30 minutes ! Et je vous demanderai des comptes quand vous n’aurez pas réussi à obtenir le silence, à faire l’appel, à leur faire apprendre quelque chose, à empêcher Hector de tirer les cheveux de Zazie, à surveiller Emma pour l’empêcher de se renverser le pot de colle sur le pantalon et à retenir les aspirations artistiques de Jules pour le bodypainting à coup de feutre noir …

Parce que je suis sûre que vous n’y arriveriez pas (surtout en criant et en menaçant ! Ce qui semble être votre mode de fonctionnement…)

Et puis non, flûte ! Vous ne me gâcherez pas ma si belle journée ! Voilà ce qu’ils ont fait vos enfants, aujourd’hui ! Ils ont découvert Nils Udo et ont fait de l’art ! Et c’est magnifique !

L’oeuvre sans les feuilles…
Et finie avec les feuilles !

Les jeux vidéos sur le deuil

L’année dernière, vers le mois d’avril, alors que mon moral n’était pas au plus haut, j’ai décidé de me faire un très beau cadeau d’anniversaire.

J’ai donc sauté le pas et j’ai décidé d’acheter une switch. S’est alors posée la question d’un jeu à acquérir avec ladite console. Il faut savoir que j’adore les jeux d’aventures avec des énigmes, mais je suis beaucoup moins portée sur les univers RPG ou jeux de baston. A l’époque, je venais de redécouvrir ICO qui, malheureusement, n’existe pas sur Switch.

J’ai donc cherché des jeux similaires. Il faut avouer que ce n’est pas évident de trouver quand cela fait 20 ans qu’on a arrêté de s’intéresser aux sorties de jeux vidéos et que de toute façon, on a toujours eu des jeux PC. Le choix était assez restreint : un jeu qui soit beau, jouable, avec une vrai ambiance et de beaux graphismes… et qui en plus ne soit pas un RPG !

Mon premier choix s’est porté sur le jeu Last day of June mais rapidement, je me suis dit qu’un jeu sur le deuil et la mort, dans mon état dépressif, ce n’était pas forcément le plus indiqué… J’ai donc choisi RIME.

Je laisse ceux qui ont fini RIME apprécier l’ironie de ce choix…

Fanart du jeu RIME

RIME est un jeu que je qualifierais d’ICO-like. Il est évident qu’il est fortement influencé par le jeu de Fumito Ueda. On débarque sur une île, on joue un petit garçon (qui ressemble vraiment à Ico), on se balade dans un univers avec des décors magnifiques, pas beaucoup de musique, le bruit de la mer, les oiseaux… C’est plus coloré, mais ça reste tout aussi magique.

Après RIME, j’ai découvert le store de la switch et une tripotée de jeux indépendants. J’ai joué à Oxenfree (plusieurs fois pour vivre toutes les versions possibles), à Goetia (un peu déçue car c’est très statique), à Old’s man journey (très déçue : le texte te le présente comme un voyage initiatique vers le deuil, mais en gros, tu fais toujours la même chose : trouver comment passer le paysage pour continuer le voyage, sans modification de la difficulté, il n’y a pas d’histoire et c’est très court. Je ne l’ai pas payé cher et j’ai quand même eu l’impression d’avoir trop payé… :/ )

Et l’autre jour, j’ai testé la démo d’un jeu sur la dépression Drowning (jeu… tu avances et le texte défile, même si le paysage est beau, tu ne peux pas t’écarter du chemin… en tout cas dans la version démo)

Bref, les premiers jeux que j’ai acheté pour ma console parlait tous du deuil, de la mort, de sujets pas très joyeux… Et je me rends compte à quel point l’univers des jeux vidéos s’est enrichi en terme de sujets depuis mon enfance (Aaaah Duck Hunt !). Je dis pas que les jeux « sérieux » n’existaient pas, mais c’était plutôt des jeux pour nous apprendre des choses (Versailles, Gabriel Knight, Les chevaliers de Baphomet…) ça sortait du quotidien et ça tournait autour d’énigmes historiques, avec des traits d’humour partout. Rien de vraiment « grave ». Les jeux vidéos restaient des jeux, on devait s’amuser (et donc rire…).

Même ICO, c’était très beau. Dès que tu passes la difficulté des ombres (qui te fait hurler contre « coconne »), tu peux y passer un bon moment, mais le personnage n’a pas d’évolution psychique, n’a pas d’histoire personnelle, il n’a qu’un but : sortir de là avec sa copine. Rime, ton personnage évolue, tu découvres son passé, son histoire. Oxenfree, tu peux jouer ton personnage comme tu l’entends, et chaque histoire refaite apporte de nouveaux éléments, Goetia fait découvrir le deuil des autres et tout ce qu’ils sont prêts à faire pour ramener les êtres disparus. Il y a une profondeur qu’il n’y avait pas dans ICO.

Et en même temps, dès que je tombe sur un jeu un peu intéressant… BOUM ! Deuil, mort… Par exemple, un autre jeu que j’ai acheté : Super Chariot. Alors, je ne dit pas, il n’est en rien comparable aux jeux que j’ai cités plus haut : c’est un jeu de plateforme, très drôle, avec des tas de choses à trouver dans tous les coins (un peu comme les Mario récents), mais bon c’est quand même l’histoire d’une fille qui trimbale le cercueil de son père pour lui trouver une sépulture !

J’ai un peu l’impression que les jeux sur le deuil sont à la mode (régulièrement quand je lis les descriptions, les « jeux sur le deuil » sont assez nombreux – parfois sur des jeux de types tétris… non mais sérieusement ?) et que ça donne l’impression que son jeu aura plus d’achat s’il a un peu plus de profondeur (ce qui, par exemple sur Old man’s Journey ne se justifiait pas, le type pourrait être le petit chaperon rouge ou un bête randonneur, ça serait pareil ! le vendre comme un jeu initiatique sur le deuil, c’est tout simplement prétentieux…)

Je vous rassure, après j’ai joué à Mario Odyssée, je viens de finir Yoshi’s Crafted world et j’attends Luigi’s Mansion 3 avec hâte, je ne fais pas que des trucs morbides et déprimants !

Et je n’ai toujours pas acheté ni joué à Last Day of June