Les jeux vidéos sur le deuil

L’année dernière, vers le mois d’avril, alors que mon moral n’était pas au plus haut, j’ai décidé de me faire un très beau cadeau d’anniversaire.

J’ai donc sauté le pas et j’ai décidé d’acheter une switch. S’est alors posée la question d’un jeu à acquérir avec ladite console. Il faut savoir que j’adore les jeux d’aventures avec des énigmes, mais je suis beaucoup moins portée sur les univers RPG ou jeux de baston. A l’époque, je venais de redécouvrir ICO qui, malheureusement, n’existe pas sur Switch.

J’ai donc cherché des jeux similaires. Il faut avouer que ce n’est pas évident de trouver quand cela fait 20 ans qu’on a arrêté de s’intéresser aux sorties de jeux vidéos et que de toute façon, on a toujours eu des jeux PC. Le choix était assez restreint : un jeu qui soit beau, jouable, avec une vrai ambiance et de beaux graphismes… et qui en plus ne soit pas un RPG !

Mon premier choix s’est porté sur le jeu Last day of June mais rapidement, je me suis dit qu’un jeu sur le deuil et la mort, dans mon état dépressif, ce n’était pas forcément le plus indiqué… J’ai donc choisi RIME.

Je laisse ceux qui ont fini RIME apprécier l’ironie de ce choix…

Fanart du jeu RIME

RIME est un jeu que je qualifierais d’ICO-like. Il est évident qu’il est fortement influencé par le jeu de Fumito Ueda. On débarque sur une île, on joue un petit garçon (qui ressemble vraiment à Ico), on se balade dans un univers avec des décors magnifiques, pas beaucoup de musique, le bruit de la mer, les oiseaux… C’est plus coloré, mais ça reste tout aussi magique.

Après RIME, j’ai découvert le store de la switch et une tripotée de jeux indépendants. J’ai joué à Oxenfree (plusieurs fois pour vivre toutes les versions possibles), à Goetia (un peu déçue car c’est très statique), à Old’s man journey (très déçue : le texte te le présente comme un voyage initiatique vers le deuil, mais en gros, tu fais toujours la même chose : trouver comment passer le paysage pour continuer le voyage, sans modification de la difficulté, il n’y a pas d’histoire et c’est très court. Je ne l’ai pas payé cher et j’ai quand même eu l’impression d’avoir trop payé… :/ )

Et l’autre jour, j’ai testé la démo d’un jeu sur la dépression Drowning (jeu… tu avances et le texte défile, même si le paysage est beau, tu ne peux pas t’écarter du chemin… en tout cas dans la version démo)

Bref, les premiers jeux que j’ai acheté pour ma console parlait tous du deuil, de la mort, de sujets pas très joyeux… Et je me rends compte à quel point l’univers des jeux vidéos s’est enrichi en terme de sujets depuis mon enfance (Aaaah Duck Hunt !). Je dis pas que les jeux « sérieux » n’existaient pas, mais c’était plutôt des jeux pour nous apprendre des choses (Versailles, Gabriel Knight, Les chevaliers de Baphomet…) ça sortait du quotidien et ça tournait autour d’énigmes historiques, avec des traits d’humour partout. Rien de vraiment « grave ». Les jeux vidéos restaient des jeux, on devait s’amuser (et donc rire…).

Même ICO, c’était très beau. Dès que tu passes la difficulté des ombres (qui te fait hurler contre « coconne »), tu peux y passer un bon moment, mais le personnage n’a pas d’évolution psychique, n’a pas d’histoire personnelle, il n’a qu’un but : sortir de là avec sa copine. Rime, ton personnage évolue, tu découvres son passé, son histoire. Oxenfree, tu peux jouer ton personnage comme tu l’entends, et chaque histoire refaite apporte de nouveaux éléments, Goetia fait découvrir le deuil des autres et tout ce qu’ils sont prêts à faire pour ramener les êtres disparus. Il y a une profondeur qu’il n’y avait pas dans ICO.

Et en même temps, dès que je tombe sur un jeu un peu intéressant… BOUM ! Deuil, mort… Par exemple, un autre jeu que j’ai acheté : Super Chariot. Alors, je ne dit pas, il n’est en rien comparable aux jeux que j’ai cités plus haut : c’est un jeu de plateforme, très drôle, avec des tas de choses à trouver dans tous les coins (un peu comme les Mario récents), mais bon c’est quand même l’histoire d’une fille qui trimbale le cercueil de son père pour lui trouver une sépulture !

J’ai un peu l’impression que les jeux sur le deuil sont à la mode (régulièrement quand je lis les descriptions, les « jeux sur le deuil » sont assez nombreux – parfois sur des jeux de types tétris… non mais sérieusement ?) et que ça donne l’impression que son jeu aura plus d’achat s’il a un peu plus de profondeur (ce qui, par exemple sur Old man’s Journey ne se justifiait pas, le type pourrait être le petit chaperon rouge ou un bête randonneur, ça serait pareil ! le vendre comme un jeu initiatique sur le deuil, c’est tout simplement prétentieux…)

Je vous rassure, après j’ai joué à Mario Odyssée, je viens de finir Yoshi’s Crafted world et j’attends Luigi’s Mansion 3 avec hâte, je ne fais pas que des trucs morbides et déprimants !

Et je n’ai toujours pas acheté ni joué à Last Day of June

Des nouvelles

Je n’ai rien écrit ici depuis Janvier. Un bel article pour m’indigner, dire que je fermerai pas ma gueule et puis plus rien. Ironique, non ?

Mais voilà, j’ai pas l’esprit à continuer ce blog « dans un but purement d’écrivain ». J’ai commencé à bloguer bien avant ce site, d’ailleurs, ici, au début, c’était juste un nouveau blog sur tout et n’importe quoi (recettes de cuisine &co, cherchez pas, j’ai viré tout ça l’année dernière). Parce qu’en ce moment, j’ai des soucis, des trucs imprévus : machine à laver qui tombe en panne, puis c’est la chaine hifi, puis le volet roulant coincé, la balance de cuisine qui déconne, la voiture qui fuit de partout, mes plantes qui se sont chopées un truc (des araignées ? un champignon ? enfin, elles crèvent toutes les unes après les autres quoi), l’impétigo du petit qui refuse de partir, les 3 kg que j’ai pris depuis le début de l’hiver, l’impression d’étouffer, physiquement et moralement, sous les corvées, les affaires, les imprévus.

Parce que je ne me sens plus du tout non plus dans cette histoire d’autopublication (je vous épargne, pour l’instant, le couplet sur le fait que c’est pas forcément une bonne chose pour un auteur), parce que je n’ai rien écrit depuis novembre (le Camp NaNo arrive, peut-être que ça me remotivera…) parce que ma vie, en ce moment, c’est « comment faire pour dépenser moins » alors qu’on fait déjà attention à tout, comment voulez-vous que je réfléchisse, que je replonge dans les méandres d’un cerveau en ébullition, d’une activité intellectuelle, quand il est, lui (mon cerveau), entièrement tourné vers le mode « survie quotidienne » ?

Je pense que ce blog va redevenir un truc plus fourre-tout, moins orienté. Ne parler que d’écriture, cela me convenait quand j’avais quelque chose « à vendre » (même si ce n’est pas la bonne façon d’attirer le lecteur de romans que de parler d’écriture, on n’attire que les écrivains). Là, j’ai besoin d’un truc plus personnel.