Ma vie en suspens

Trois semaines que je suis confinée. Trois semaines que je me promets de faire tout ce que je n’ai jamais le temps de faire. Me remettre à écrire sérieusement, à corriger ces romans qu’on me conseille d’envoyer à des éditeurs, reprendre le dessin, la peinture.

Mais je ne peux pas. Trop de bruits, de mouvements autour de moi.

C’est une excuse, j’y arrivai. Avant.

Je ne suis pas satisfaite de ma vie. Alors je lui trouve des tas de défauts. Et je tourne en rond dans mon appartement. La chambre des enfants n’est pas rangée. Je ne peux pas écrire. La cuisine est en bordel. Je ne peux pas écrire. Le linge est en train de sécher. Je ne peux pas écrire.

Écrire, c’est se retrouver en dedans. Être seul avec soi. Mais je n’aime plus être seule avec moi : il n’y a plus rien, en dedans. Je ne pense plus à rien, parce que longtemps, j’ai pensé à trop de choses. Les blessures m’ont rendues indifférentes à mes propres pensées. J’avais besoin de faire le vide. Mon esprit refuse de s’emplir.

Et je reste assise sur mon lit, contemplant le vide de mon existence. Ni chaude, ni froide. Juste ce qu’il faut pour ne pas penser, ne plus avancer.

Une réflexion sur « Ma vie en suspens »

  1. ‘lo Pauline,
    Mouip, pas évident cette période.
    J’ai un peu le problème inverse. Si je sais vivre en quasi hermite ou en cureton laïc, j’ai besoin de voir du monde. Voir ma famille, mes amis, mais pas que. J’aime observer les gens, d’un air distrait, l’air de rien, pour m’en inspirer.
    J’ai besoin des autres pour me retrouver « en dedans », comme tu l’écris.
    « Plus rien, en dedans » ? J’aimerais te dire que ça passera, mais je ne prétends pas avoir cette certitude. La période n’est pas aux certitude, à part celle de la situation actuelle.
    Nulle existence n’est vide. Exister, c’est occuper de l’espace et du temps. La vacuité est ailleurs.
    Prends soin de toi.

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