Nous mourrons zen nous zaimant (article très long)

Du temps où j’habitais à Paris, j’ai souvent assisté à des opéras à Bastille. De très belles productions, des émotions fortes, des trucs qu’on ne voit pas ailleurs… D’ailleurs, l’opéra Bastille est une de mes salles préférées : seuls ceux qui ont déjà pénétré dans la salle sauront de quoi je parle : cosy, apaisante et surtout l’impression d’être en petit comité malgré l’immensité de la salle. Les photos ne transcrivent pas cette ambiance si particulière.

Depuis que je ne vis plus à Paris, je me rabats sur un opéra municipal de province, ce qui a des avantages (une volonté municipale forte d’encourager la création artistique, ce qui permet d’avoir une grosse programmation en création et musique contemporaine) et des inconvénients (disons que les mises en scènes et les créations artistiques sont assez inégales, quant au placement, il est aléatoire tant niveau assise que visibilité)

Du coup, je me tourne à nouveau vers les opéras en vidéo. Cette année, le Don Carlos de Verdi en version originale de Grand Opéra (comprenez en 5 actes et en français) c’est la grosse production de la rentrée à l’opéra de Paris : diffusé en direct dans les cinémas UGC, en léger différé sur Arte et disponible sur Arte Concert.

Don Carlos transformé en pâle copie de Werther

C’est sur Arte Concert que je l’ai récupéré. J’ai commencé à le regarder sans lire aucune critique avant. J’ai arrêté au début du deuxième acte… et je suis allée voir les critiques, histoire de m’épargner 3h de torture pour 5minutes de grâce.

Don Carlos en français, c’est un de ces opéras dont je collectionne les versions (je dois en avoir 3 ou 4 dans mes cds, ce qui est assez conséquent quand on sait que la version française en 5 actes n’est quasiment plus jamais jouée), du coup, j’en attends beaucoup.

Ici, j’ai été assez déçue. La mise en scène d’abord… J’apprends qu’à la première, le metteur en scène a été sifflé. Je comprends pourquoi. Il a transformé un Grand opéra avec des intrigues politiques importantes en Werther bis.

Acte 1:

J’ai mis du temps à comprendre que Carlos était en train de se souvenir de sa première rencontre avec Elisabeth et non de la vivre en vrai. Je ne voyais pas pourquoi Elisabeth était en mariée blanche, pourquoi Werther-Carlos découpait des journaux et s’était tailladé les poignets. Bref, si tu ne connais pas l’histoire, tu as un peu de mal à raccrocher. C’est con mais j’apprécie que les metteurs en scène pensent à ceux qui n’ont jamais été voir un opéra et qui ne lisent pas le résumé avant (à Bastille, le programme est payant, donc tout le monde ne lit pas les délires du metteur en scène avant la séance)

Bon, disons, pourquoi pas… Mais du coup, niveau vocalise, ce n’est pas du tout la même interprétation : dans la version originale, Carlos et Elisabeth sont naïfs, ils se croient fiancés, ils sont maladroits, tombent amoureux… Dans la version de Bastille, Carlos hurle son désespoir en disant qu’il l’aime… c’est un choix, mais à hurler comme ça dès le départ, il faut arriver à suivre pendant les 3h suivantes sans lasser.

D’accord, on est à Bastille, la salle est grande, l’acoustique pas forcément très bonne, mais de là à crier ! Dans cette même salle, j’ai entendu Bryn Terfel finir une sérénade Don Giovanni en murmurant ! Et je n’étais pas au premier rang… C’est possible de chanter en nuançant un peu.

Donc j’ai fini par mettre la mise en scène en veilleuse et l’opéra en arrière plan pour me concentrer sur la musique. (et ce que je voyais à chaque fois que j’y jetais un œil m’horrifiait…)

Je passerai sur les décors sans âme et les costumes… ok, c’est un genre de transposer une époque à une autre… mais bon, il faut aussi tenir compte des physiques des chanteurs : difficile de faire passer Jonas Kaufmann pour un jeune étudiant anglais avec son pull col en V, et le costume mal coupé de Terzier.

Trop de voix, mal assorties…

J’ai du mal avec Jonas Kaufmann. Oui, c’est the ténor en vogue en ce moment, mais j’ai du mal à apprécier son timbre de voix (je les aime plus clairs quand il s’agit de ténors). Je reconnais qu’il chante distinctement, qu’on comprend ce qu’il dit et on lui pardonne (comme à tout chanteur qui sait articuler le français) un léger accent qui ressort sur certain mot. C’est le jeu de l’opéra. Mais là, j’avoue avoir eu du mal avec son chant trop dans l’excès romantique à la Werther.

Jonas Kaufmann, je l’ai découvert dans Werther, justement, qu’un ami m’avait offert en dvd. J’ai mis du temps à le regarder parce que, bon, Werther, c’est longuet… Opéra romantique avec des grandes plages de musique et assez peu d’air à proprement parler. Et là, j’ai eu l’impression que c’était pareil : Carlos en Werther qui aurait raté son suicide… Alors que les personnages sont totalement différents : l’un est dans le désespoir total parce que sa Charlotte a épousé par devoir un autre type, l’autre tente de sortir de sa dépression, de se prendre de passion pour la politique, pour la justice, parce que son Elisabeth a épousé un autre type par devoir. Donc grosso modo la situation de base est la même, mais leur réaction est à l’opposé. Carlos veut s’en sortir, il s’en donne les moyens ! Pas Werther… (et c’est en ça qu’il est absolument infect) Ici, on est réduit à un clone de Werther qui chougne dès le départ.

C’est dommage d’ailleurs car, Don Carlos, c’est un opéra qui parle plus de politique qu’il ne parle d’amour. Je trouve même plus intéressante la relation Carlos-Philippe-Posa que l’intrigue Carlos-Elisabeth. Là, on a un opéra qui tourne autour de Carlos (alors que sincèrement, l’homme fort, c’est Posa ! C’est lui qui prend en main, qui dirige, qui reste lui-même et qui plait pour ça ! Posa, sans lui, y’a plus d’histoire !)

Acte 2:

Venons-en à Posa justement. Ludovic Terzier, français et diction impeccable… jusqu’au duo « Dieu, tu semas dans nos âmes » Si vous ne connaissez pas, ce duo, c’est l’un des plus beaux duos masculins qui puisse exister ! Et soudain… Nous mourrons-Z-en-nous-Z-aimant… Si l’on ne veut pas paraître ridicule, parfois, il faut savoir faire une césure à la place d’une liaison ou au moins ne pas marquer la liaison trop fortement. De plus, j’ai trouvé que les deux voix s’accordaient mal : les deux timbres sont trop semblables, trop sombres tous les deux, du coup, les nuances de Jonas Kaufmann ressortent mal, écrasées par la voix de Terzier.

Là, j’ai arrêté. Le ridicule de la scène m’a tuER…

Après avoir lu les critiques, j’ai repris l’écoute en zappant la mise en scène. On me promettait quelques moments exceptionnels.

Duo Carlos-Elisabeth : Kaufmann nuance enfin… Quelques phrases, échanges tout en douceur entre Sonya Yoncheva et j’y crois, on arrive à quelque chose qui peut émouvoir réellement. Mais il s’oublie rapidement et enfle de la voix avant même l’envolée lyrique finale… du coup, cette dernière perd en puissance ! (il fera la même chose au couronnement lorsqu’il menace le roi)

Entrée de Philippe : Mon Dieu, mais virez le tailleur ! La coupe du costume est ratée sur un roi d’Espagne, bon sang ! Vous les avez achetés chez Kiabi ou quoi ?

L’air de Posa : étouffé par les cuivres de l’orchestre (peut-être un problème de prise de son ? On entend régulièrement et distinctement les gens qui toussent…) et dans le duo qui suit, Terzier manque de souplesse…

Acte 3 :

Alors, jusqu’ici, je n’ai rien dit sur l’Elisabeth de Yoncheva… sauf qu’elle m’énerve depuis le début. Elisabeth est une fille de France, elle a appris dès son plus jeune âge à se comporter en future reine, elle sait choisir entre son devoir et son désir… Et Yoncheva passe son temps à se languir comme une Traviata. Où est la grâce, la bonté, la noblesse ? Comment Eboli peut-elle être jalouse de ça ? C’est elle la garce, pas Elisabeth ! Mais là, elle se moque même de la religion (qui est son seul recours à la fin) en mimant le geste de prière du roi… et niveau voix, c’est pareil, on est dans les émotions qui explosent. Comment peut-elle être vue comme un modèle de vertu, pure et sans tâche, faussement accusé, dans l’acte suivant ? Sincèrement, là, Eboli est une sainte et Elisabeth une garce… Le monde à l’envers.

Trio Eboli-Posa-Carlos : c’est poussif… Terzier s’en sort en nuançant mais il est écrasé par Kaufmann qu’on est le seul à entendre, quant Elina Garanca, pour une lionne blessée qui menace, elle n’est pas très impressionnante. Malheur sur toi, fils adultère… à moitié avalé, ce qui rend la malédiction peu crédible et le trio enchaine trop vite pour être impressionnant : on n’y comprend rien si ce n’est une grande confusion (alors que la scène n’est pas confuse du tout !)

Duo Posa-Carlos : le moment clé, le moment où Carlos confie sa vie à Posa qui sait qu’il va y rester (donc THE bascule dans l’opéra), très peu habité… où est l’enjeu de cette amitié à la vie à la mort si ce n’est un bête échange de paroles dans un couloir…

Le couronnement : J’ai osé regardé la vidéo… ok, donc le roi se désespère bien avant son grand air (qu’on m’a promis magnifique… y’a intérêt), on passe dans le vaudeville : Philippe II, ce grand roi toujours seul qui prend sa charge le plus sérieusement du monde (qui en est à sa troisième épouse s’il faut le rappeler, on va pas parler d’un mariage d’amour !) se bourre la gueule avant son grand oral devant le peuple, bouscule sa femme alors qu’il n’est pas encore au courant de son infidélité supposée…
Bordel, Philippe, c’est l’archétype du roi qui sacrifie sa famille et son bonheur à son pays ! Là on va finir sur « il veut la mort de son fils parce qu’il a piqué sa femme… » Et l’enjeu politique ? Le poids de la religion ? BORDEL LE METTEUR EN SCENE AU BUCHER ! (sans parler d’Elisabeth qui parait avoir fumé du lexomil… et le vieux qui représente Charles Quint planqué derrière une grille, puis arrêté par un vigile et mis à genou comme pour exécution de Daesh…  Posa qui grille une cigarette pendant que Carlos menace le roi… WTF !)

Du coup, j’ai pas vraiment écouté la scène… pourtant c’est la trahison, le choix politique (la justice divine, l’injustice des hommes…), cette scène est politique, c’est la trahison d’un fils, celle d’un ami, c’est la scène de la RAISON des hommes mûrs contre la déraison de la jeunesse… Et ben, c’est bariolé, c’est costumé (punaise, mais TAILLEZ LES COSTUMES AUX MESURES DES CHANTEURS !) et c’est confus visuellement, donc confus pour le type qui n’a pas lu le résumé de l’opéra…

Acte 4 :

Donc on commence par l’air dont j’ai lu qu’il était exceptionnellement bien chanté… Un air qui me donne la chair de poule. Je coupe la vidéo, histoire de me concentrer sur la voix.
Ildar Abdrazakov en Philippe… Ok, la voix qui tremble (la volonté d’exprimer l’émotion ? mes hauts-parleurs ?) je suis pas fan. Mais à part ça, rien à redire et à la fin, le dernier « elle ne m’aime pas » était émouvant. Pas l’extase, cependant.

Duo Philippe-Inquisiteur (Dmitry Belosselskiy) : Alors, là, les critiques que j’avais lu le disait pas très bon, voix qui s’accordaient mal. Je ne suis pas du tout d’accord. Deux orgueils qui s’affrontent, l’un qui finit par plier (et on sent bien la résignation dans la dernière note de Philippe qui sonne comme le glas qu’il est pour Posa)

Duo Elisabeth-Philippe puis le quatuor, le duo, l’air d’Eboli : AH ENFIN ! rien à redire, vocalement superbe. La mise en scène gâche tout : la salle de cinéma privée, Philippe en Othello, je suis pas fan, Posa qui débarque en costume de clown bedonnant (honnêtement, c’est l’impression que ça donne ! ).

Duo Carlos-Posa : Kaufmann toujours trop fort, trop puissant: Carlos est abattu, en prison qu’il appelle son tombeau et a encore la force de pousser sa gueulante… Posa par contre a bien conscience que la fin est proche (noble martyr qu’il est) « Dans tes yeux baignés de larmes, pourquoi donc ce muet effroi ? » (sauf que Carlos a plus l’air de faussement pleurer sur le sort de son premier caleçon que sur la mort à venir de Posa. Ah la voilà la belle amitié !), Terzier meurt impeccablement.
Mise en scène : dans les années 30, il y avait des fusils à viseur rouge ?

Duo Philippe-Carlos et fin de l’acte : Bon heureusement, Carlos-Kaufmann-Werther se ressaisit et on peut enfin se laisser porter par la musique dans le désespoir qu’ouvre la mort de Posa.

Acte 5 :

Parfait (si on zappe la mise en scène et Elisabeth qui joue les Juliettes, pour que toutes les références romantiques soient présentes dans un drame qui en manquait visiblement à la base, hein, parce que voilà, les gens sont bêtes, ils ne comprennent pas si on ne leur colle pas des clichés sous les yeux…)

En résumé

Niveau mise en scène, décors, costumes : ça ne vaut pas le coup.  Transformer un chef d’œuvre qui aborde de grands sujets (devoir, religion, justice) en vaudeville où l’on règle ses comptes persos sous couvert de décision politique, c’est lamentable.

Ce qui me dérange le plus avec ces choix, c’est qu’on passe à l’as le côté construction de devoir : Carlos, c’est l’anti-Werther, il évolue, il passe de l’enfant amoureux capricieux et centré sur lui-même à l’adulte qui prend ses responsabilités et s’arrache à cet amour qu’il n’a pas le droit de vivre. C’est un vrai parcours initiatique quand on y regarde de plus près… sauf que tout ça, ici, y’a pas ! Werther-Carlos se suicide, Elisabeth aussi… Où est la morale lorsque Charles Quint débarque et annonce que la paix ne se trouve qu’auprès de Dieu (ça veut pas dire qu’on doit se suicider, ça veut dire qu’il faut assumer son rôle jusqu’au bout ! Charles Quint bordel, s’il y a un type encore plus rigide sur le devoir royal que Philippe II, c’est Charles Quint !)

Direction de Philippe Jordan : un peu brutale, certaines nuances de la partition ne ressortent pas assez… et parfois, ça sort et on se dit « Ouais, ça c’est vraiment bien » (dommage que ça ne soit pas tout le temps).

Quant aux choix de la partition, ils montrent que la vision était une vision romantique (envolées lyriques parfois un peu lourdes et insistantes… c’est cohérent avec le jeu des acteurs… mais bonjour les nuances ! Ils ont coupé le ballet, pourquoi ne pas avoir fait de même avec d’autres moments ? Certains l’avaient fait il y a vingt ans et ça n’avait pas dénaturé l’œuvre.)

Les chanteurs mettent du temps à trouver la grâce qui parcourt l’opéra pourtant du début à la fin… En gros, avant le 4e acte, c’est poussif et peu inspiré car trop dans le pathos : ça marche au 4e acte parce que c’est un acte où l’on hurle, où l’on se bat, se dispute !

J’avoue que je ne suis pas objective : Don Carlos, je l’ai découvert avec la production du Châtelet, avec la direction sobre et efficace de Pappano, la mise en scène impeccable de Luc Bondy, Alagna, Hampson et Van Dam très bien assortis, Karita Matila parfaite et même Waltrud Meier, vocalement limite, était scéniquement admirable. La barre est donc très haute !

De l’épuisement d’être toujours positif

De nos jours, il faut faire face. Rester souriant et aimable, même quand on meurt intérieurement.

On peut mourir de plein de chose : de peur, de honte, d’ennui… Peu importe ce que tu peux ressentir, l’important c’est de ne pas le montrer. Tu passes un oral d’examen ? Reste détendu ! Tu passes un entretien d’embauche ? Joue-la cool-corporate et assuré !

Quoi que tu fasses de social, il s’agit toujours de jouer un rôle. Même quand tu es avec tes amis, tu plaisanteras, riras, en partie parce que c’est un moyen pour oublier ces problèmes qui te bouffent la vie (et c’est parfois nécessaire) et tu éviteras de leur en parler, de tes problèmes. A moins d’être en tête à tête, à moins d’être assez intimes, à moins que cela ne rajoute pas à leurs propres problèmes. Mais à combien de personnes autour de vous pouvez-vous réellement ouvrir votre coeur sans inquiétude quant à leur réaction ?

La survalorisation du positif : la marque d’une société inégalitaire qui se donne bonne conscience

La société actuelle ne valorise que le positif. Et il faut savoir rester positif même dans l’adversité, savoir tirer les leçons de ses échecs, savoir aller de l’avant, se relever, continuer. Si tu ne le fais pas, la seule réponse qu’on t’apporte, c’est « il faut essayer », comme si la seule réponse possible aux émotions négatives étaient de les positiver.

Combien sont les gens, les winners (ou les gens normaux), qui pensent qu’un chômeur de longue durée n’est qu’un fainéant ? Que les jeunes ne veulent pas bosser ? Que les étrangers ne viennent en France que pour les aides et ne foutent rien ? Que les dépressifs ne font pas d’effort ?

Evidemment, ici ou là, un article pointera la magnifique réussite de ce réfugié qui a réussi à apprendre le français et à se faire embaucher quelque part, de cette mère divorcée qui a repris des études pour offrir un avenir meilleur à ses enfants ou encore de ce ex-SDF qui est sorti de l’enfer de la rue et de la drogue grâce à un passion quelconque. Mais vous remarquerez qu’on parle rarement de ceux qui restent sur la touche, qui ne réussissent pas, à moins qu’ils ne crèvent dans la rue (et encore) ou qu’ils se suicident de manière spectaculaire ?

Parce que même dans les médias, les comportements négatifs n’ont pas la côte. Médias qui préfèrent nous montrer la guerre au bout du monde que la misère négativiste de chez nous. Ou alors, le sujet est clivant et le but n’est pas de montrer une France aux sentiments négatifs, mais une France marquée par le chômage, le racisme, l’illettrisme, des sujets hautement polémiques. Mais le dépressif de service ou le jeune qui rate son Bac pour la seconde fois, eux, on ne les voit pas.

Le libéralisme joue même dans le cadre de nos émotions : ce qui va nous faire avancer doit écraser ce qui nous ferait stagner.

L’immobilisme contre la fausse mobilité

Car c’est bien le problème : le négatif ne fait pas avancer. Il pompe vos forces et vos envies, il réduit votre imagination, il vous rend moins productif. Il vous fait stagner. Alors que le positif, lui, va vous mettre en mouvement.

Encore un travers de l’essort du libéralisme : le progrès est associé à la vitesse, donc au mouvement, rapide, telle une locomotive à vapeur sur un chemin de fer. Par opposition à l’image du paysan de Millet qui, lui, n’est pas dans le progrès (sauf quand il se mettra en mouvement sur un tracteur), parce qu’il fait ce qu’il a toujours fait : il est immobile dans sa pensée.  Or de nos jours, de plus en plus de paysans retournent à l’agriculture d’antan, abandonnent le tracteur pour le cheval de trait, et l’on voit de plus en plus de contestation des nouvelles voies SNCF.

Cette idée que le négatif fait stagner ne devrait pourtant pas nous effrayer : l’immobilité devrait être associée au repos et non à l’immobilisme. Il faut en passer par des émotions et des situations négatives parce que c’est la vie ! Comment pourriez-vous apprécier les moments positifs, sinon ?

Ce qu’il faut combattre, c’est le principe du mouvement pour le mouvement. Cela ne sert à rien d’avancer si l’on ne sait pas où l’on va. Alors que prendre le temps de se poser va permettre d’éclaircir la situation. Ainsi, si l’on positive juste pour ne jamais se laisser emporter par la vague d’immobilité du désespoir, on ne prend pas le temps d’examiner la situation qui a amené cette vague à nos pieds.

Combattre l’image négative du… négatif

Les situations ne sont ni négatives, ni positives en soi. Il faut qu’on les rapporte à notre propre ressenti pour qu’elles deviennent négatives ou positives. Pour l’un, la perte d’un emploi sera une catastrophe quand pour l’autre, c’est une opportunité de passer à autre chose. Une même situation peut donc être vue de manière négative ou positive. Mais en quoi, la personne qui profitera de son licenciement pour reprendre des études et devenir fleuriste a-t-elle un comportement plus socialement acceptable ?

Le type qui sombre dans la dépression, qui perd toute motivation en la recherche du boulot est tout aussi respectable. Il est juste incompris : vivre une situation que l’on considère comme négative, c’est perdre de la confiance en soi, mais aussi et surtout, dans les autres. Parce que l’on ne se sent pas compris, aidé, parce que l’on ne veut pas faire pitié (la négativité ne gomme pas la fierté), parce que les autres ne comprennent pas ce que l’on vit.  Il y a un décalage entre la société ultra-positiviste et l’individu dont le monde est rempli de négativité : parce que la société elle-même voit cette négativité comme néfaste et donc à bannir. Au delà, c’est l’individu qui les vit qui subit cet ostracisme.

La société va l’encourager à se reprendre en main, à aller de l’avant, à positiver, pensant résoudre le problème d’immobilisme ou de motivation de l’individu, alors que le problème n’est pas là. Ce n’est pas à l’individu d’assumer tous les efforts, c’est à la société de nouer le dialogue, de redonner confiance en elle.

La survalorisation de l’effort : un travers du libéralisme

L’effort est partout : l’effort physique, l’effort financier, l’effort dans les relations sociales, familiales, l’effort de langage, intellectuel, de compréhension… L’effort permet d’atteindre un palier supérieur : on devient plus fort, plus riche financièrement, mentalement ou intellectuellement. C’est une surenchère, une course permanente à l’efficacité. Car oui, si l’on est positif et que l’on fait des efforts, on sera plus efficace, performant… plus, plus, plus…

C’est typiquement un signe que le libéralisme est ancré au plus profond de notre société : pourquoi encourager l’effort de tous ? Pour gagner en productivité, en efficacité, en autonomie, en ressources financières ou matériels : et ce n’est pas l’employé qui y gagne, c’est le patron ! Car l’effort, c’est aussi la menace : faire un effort financier, c’est soit, pour le client, dépenser plus, soit, pour le vendeur, accepter de gagner moins pour la même chose. Les efforts des syndicats, c’est pour ne pas perdre des emplois. Si tu ne fais pas d’efforts à l’école, tu n’auras pas ton bac. La menace ne disparait pas lorsqu’on la couvre du positif « C’est pour ton bien »

Sans compter le typique « Fais un effort » exaspéré que l’on vous lance lorsque vous manifestez peu d’enthousiasme à aller voir une tata ronchon ou à parler au beau-frère que vous en pouvez pas sentir. Parce que le monde libéral marche sur les conventions sociales : respect de la famille, de la hiérarchie, des ordres sociaux. A partir du moment où les employés ne regardent plus leur patron comme un demi-dieu pourvoyeur d’emplois, l’ordre établi est menacé, et avec lui les privilèges de certains.

Que l’effort soit une bonne chose, c’est une question de situations. S’il est subit, tout comme la positivité forcée, il n’est pas à encourager.

Le positif fatigue autant que le négatif, voire plus

On sait que les émotions négatives vous bouffent l’esprit, l’énergie et vous contaminent : voir les choses en noir, c’est connu, n’est pas pour vous remonter le moral. C’est connu… même aucune étude ne le prouve.

Mais on ne parle jamais de l’épuisement de la « positivité ». Garder la face, ça implique beaucoup plus d’efforts que de se laisser aller à pleurer, hurler ou même laisser tomber. Il faut ravaler sa fierté, ses convictions, retaper sa confiance en soi comme on rafistole un vieille maison. C’est un acte de tous les instants : à chaque fois que l’évènement négatif vous revient en mémoire, il faut le combattre, vous rassurez sans cesse sur vos capacités, sur votre expérience, votre propre valeur. C’est une action permanente de lutte contre notre nature humaine qui veut que l’on soit triste et déprimé face à ce qui est triste et déprimant.

La positivité, c’est une lutte permanente. Elle épuise aussi et lorsque l’on arrive à la limite de ses capacités, on craquera peut-être plus que si l’on se laissait aller de temps en temps à pleurer ou à s’énerver contre quelqu’un. Parce pleurer ou crier, c’est exprimer ce que l’on ressent vraiment, c’est naturel, c’est même psychiquement sain. Ne pas se voiler la face en quelque sorte.

Le positif, c’est le mouvement, il faut faire un effort pour rester en mouvement, alors que le négatif, c’est l’immobilité, cela ne demande que de l’abandon, non pas au sens d’échec, mais au sens de repos. Il faut apprendre à se reposer aussi psychiquement : s’abandonner au négatif permet de reprendre des forces pour se remettre en mouvement. Tout comme le sommeil est indispensable à l’homme (sans lui, il devient fou), les sentiments négatifs doivent faire partie de sa vie et non pas être refoulés au non d’une idée productiviste de la positivité obligée.

Mes voisins me détestent…

Je dors peu depuis quelques jours, je me réveille vers 4h du matin parce qu’il le faut. Je n’ai pas d’insomnie, hein, c’est juste qu’il le faut. Donc depuis peut-être deux semaines, je me réveille trop tôt pour moi.

En plus, depuis quelques jours, je stresse, ce qui ne facilite rien. La situation va encore durer une semaine, il faut donc que je tienne encore un peu.

Ce matin, j’ai été réveillé à 2h du matin par des cons qui avaient l’air de jouer à la pétanque dans la rue… J’ai réussi tant bien que mal à me rendormir. 4h, le réveil, je me lève, m’habille, mange un bout, me lave les dents… A 4h30, j’étais dans la voiture, en route vers une longue matinée.

Cet aprèm, chez moi, je me suis dit : je fais une sieste. Histoire de pas égorger mes enfants ou ne pas faire une crise cardiaque avant dimanche prochain.

Tout est calme, il n’y a pas de manif de motards ou d’étudiants ivres au bar d’en face. Cool ! Je m’allonge, je cale mon masque de nuit, et j’essaye de ne plus penser à rien. Et soudain, vous connaissez sans doute ce moment, je sens enfin que je m’enfonce, ce délicieux moment où, effectivement tu oublies tout à part le plaisir de sombrer dans le sommeil.
Re-Cool !

C’est précisément ce moment-là (vrai de vrai), après DES MOIS d’inactivité dans l’espèce de garage-vide grenier d’en face, que le chanteur se décide à lancer sa sono… et que mon voisin du dessus s’est soudain rendu compte qu’il manquait quelques trous dans son mur en béton.

Je déteste mes voisins.

Dentiste

Je déteste aller chez le dentiste…

J’y vais, je suis un brave petit soldat courageux. Je ne bronche pas pendant les 40minutes où je garde la bouche ouverte, nuque en extension légèrement sur le côté (je vais fais la fortune du dentiste ET de l’osthéopathe), quand je m’étrangle avec ma salive, quand il m’enfonce son gant en latex écoeurant dans la bouche (les molaires, c’est loin et puis c’est mal placés), quand il me lime le squelette pour enlever nerf et vaisseaux, « la bidoche qui risque de moisir comme un steak de boeuf qu’on laisserait macérer en plein soleil l’été », quand il essaye de m’arracher la joue pour voir s’il a bien fait son travail (parce que le précédent dentiste avait pas bien nettoyé avant de mettre le plombage, d’où l’intervention catastrophe de celui-ci), quand il me dit « Je peux pas là, faudra le faire la prochaine fois, ça n’arrête pas de saigner » et même quand il m’annonce que je ne peux ni boire ni manger pendant deux heures, qu’il est midi, que j’ai rien avalé depuis 7h du mat (c’était un smoothie pomme-poire et deux tranches de pain au beurre…) et que du coup, j’ai faiiiim. Non, je ne bronche pas, je garde le sourire (ouais, bon c’est un sourire intérieur, hein) parce que c’est sans doute plus agréable pour lui et que de toute façon, je peux rien y faire puisqu’il faut de toute manière en passer par là…

Et maintenant, en plus, l’anesthésie se réveille et, là, j’ai mal.

L’enflure de l’hippocampe (et autres titres à la c**)

Ce qui vous amène à lire un livre, c’est la curiosité. Parce que même un livre que vous devez lire, vous ne le lisez finalement que par curiosité (sinon, vous le survolez, vous lisez le résumé ailleurs, vous vous débrouillez pour ne pas le lire du tout ou trouver le film…)

Bref, un bouquin pour être lu doit piquer votre curiosité et seulement deux choses arriveront à attirer votre attention sur les étals (et sur internet aussi) :

La couverture et le titre.

La couverture, bah, nous sommes saturés d’images H24, du coup, ce n’est plus vraiment accrocheur. La plupart des couvertures reprennent les codes du genre de bouquin écrit : noires et rouges, c’est pour les vampire ou les polars bien sanglants; aussi bariolées qu’un magazine de déco, c’est les romances contemporaines où l’héroïne se bat contre son célibat à coup de soirées copines et d’achat de rouges à lèvre en promo (je sais pas où ils les trouvent ces filles, moi, je n’en ai jamais croisées); la fille de dos face à la mer/la ville/le lac/n’importe quoi c’est pour les bouquins de Marc Levy…

Bref, la couverture, c’est devenu un truc qui doit sortir du lot mais qui se bagarre avec les 200 autres couvertures qui l’entourent et qui sont toutes sur le même modèle.

Alors, il ne reste plus que le titre. Un titre, c’est hyper important pour un bouquin, je le sais, j’en ai déjà parlé ici (article supprimé, ben ouais, internet n’a pas de mémoire…)

Le problème, c’est de trouver un titre accrocheur, qui éveille la curiosité (parce qu’on ne peut pas s’empêcher de lire les titres des livres s’ils passent dans notre champ de vision), et qui n’existe pas déjà ou ne soit pas réservé (vous saviez qu’on peut « réserver » un titre comme on dépose une marque ?)

Mais il y a de plus en plus de titres qui ne reflètent pas le bouquin, qui sont accrocheurs et qui, finalement, mal utilisés et surtout utilisés à outrance, sont complètement ridicules. Surtout que ces titres se veulent souvent inspirants, philosophiques, avec un sens caché et profond que tu ne découvriras qu’après avoir lu le livre… Livre qui se résume à une histoire gentillette, sans profondeur (ou alors une profondeur de pataugeoire), ni réel intérêt littéraire. J’entends par « intérêt littéraire » un intérêt ARTISTIQUE de la littérature : qui parle du monde, qui vous questionne, qui vous fait ouvrir les yeux, et non pas qui est joli et bien beau à lire… (désolée, en ce moment, je lis un roman sur la dictature argentine, pas le genre à vous faire voir le monde en rose)

Bref, des titres à la c*n…

Allez, je suis sympa, je vous en donne quelques titres gratos pour ceux qui n’en trouveraient pas pour leurs futures oeuvres :

  • L’arthrite de l’écureuil du parc de la Villette (l’histoire de  la rencontre d’une vieille dame et d’un jeune SDF au nord de Paris)
  • Pourquoi les mouches à merde se posent sur les coquelicots en bord de mer ? (un ancien catcheur se retrouve vigile dans une station balnéaire en plein hiver et se met à écouter du Francis Cabrel en boucle)
  • Le jour où Amanda Troubilon se décida à mettre une robe verte (l’histoire de Luc Biloutin, un type qu’on sait pas trop ce qu’il fait dans la vie, mais qui est attachant et n’arrête pas de se rappeler un souvenir heureux de son passé qui va sûrement changer sa vie à l’avenir)
  • L’outrage de la moule (Kévin, un ado fermé comme une huître, s’ouvre au monde en se découvrant une passion pour le ballet contemporain. Qu’est-ce que vous alliez penser bande de pervers ?)

Cantine 3 étoiles (et déception parentale)

La mairie propose un menu réalisé par un chef étoilé à midi.

Le soir, tu demandes : « Vous avez aimé la cantine ce midi ?
– Oh oui ! C’était trop bon ! » répondent tes trois monstres en cœur.

Tu penses Chouette ! enfin des recettes de légumes que tu vas pouvoir leur refaire (parce que la mairie, sympa, te donne le livret avec les recettes de la mousseline de petit pois aux asperges, de la julienne de légumes à la ciboulette et de la compotée de rhubarbe)

Et là, ce qui devait arriver arriva :

Numéro 3 : « Le poulet, il était trop bon » mais pas les légumes avec…
Numéro 2 : « J’ai aimé que la compote avec le yaourt »
Numéro 1 : « L’entrée, la purée bof, mais le petit gâteau avec, il était trop bon »

En gros, les légumes, on repassera… (J’y ai cru pendant une bonne minute quand même)

Pâte à crêpes végétale et parfaite

J’ai pas encore trouvé, je vous l’avoue.

MAIS je vais vous expliquer pourquoi.

Depuis des années, je fais ma pâte à crêpes ainsi :

  • 6oeufs
  • 500gr de farine
  • 1 litre de lait

C’est la recette ancestrale de la crêpière familiale Tefal et elle est super. Pas de repos (à peine, juste le temps de faire remonter les grumeaux pour les atomiser au mixer), pas de levure, de bière, de sucre… Nada ! Des oeufs, de la farine, du lait.

Depuis mon adolescence et mes expériences de babysitting, je fais aussi des crêpes sans oeuf, puisque lorsqu’on promet des crêpes à deux gamins de 8ans et qu’on ne sais du tout où leur mère planque les oeufs, on fait sans. Certaines fois, c’était même sans lait, donc juste de la farine et de l’eau (ce qui donne une superbe recette de crêpes-mongolfière à la Gaston mais qui a l’avantage de bien amuser les-dits enfants et de pas être trop dégueu sous la montagne de nutella qu’ils y ajoutaient)

Bref, la pâte à crêpes végétale, j’en fait depuis un moment : 500g de farine et 1 litre de lait de soja (parce que bon, les crêpes à l’eau, c’est pas aussi bon et puis le lait de vache…).

Mais voilà, comme les 3 poêles se détéflonisaient à outrance, nous les avons virés pour les remplacer par 2 nouvelles poêles sans revêtement : une belle sauteuse en inox et un magnifique poêle en fer. La sauteuse en inox pour les crêpes, on oublie. Mais j’ai lu partout que les crêpes dans la poêle en fer, c’est un régal, ça glisse tout seul, c’est magique.

Ma poêle en fer est bien culottée, elle est noire maintenant, et en effet, ma première tentative (un jour de grand désespoir où l’homme était malade, où les enfants avaient faim et où j’avais la flemme de faire le repas prévu…) les crêpes se décollaient sans problème, même mieux que sur les deux autres crêpières (une téflon et une céramique). Un rêve !

Puis lors de mes essais suivant, la cata ! Cela refusait de se décollait, les crêpes cramaient à l’extérieur, n’étaient pas cuites dedans… Et après de longues semaines d’essais, j’ai fini par en venir au problème : ma pâte à crêpes sans oeuf ne convient pas à une poêle en fer. Même en huilant entre chaque crêpe, même en mettant de l’huile, du sucre, de la compote dans la pâte. Rien à faire !

Par contre, celle avec des oeufs… Le rêve !

Voilà, sans être une vegan ultra-rigoriste (par exemple, je mange les haricots du cassoulet de mes enfants parce que bon, c’est déjà la galère de faire la bouffe alors faire 2 plats différents, non !), lorsqu’arrive la fin du mois, les 10 oeufs bio achetés le 1er sont déjà partis !  Du coup, il me fallait trouver un moyen pour faire une pâte à crêpes SANS oeuf et qui ne colle pas dans ma belle poêle (parce que je n’ai pas encore viré les crêpières, mais j’aimerai bien m’en débarasser quand même)

Du coup, j’ai réfléchi un peu.

La poêle en fer fonctionne avec le principe de la réaction de Maillard : elle chauffe, cuit les protéines qui forment une belle croûte de protection (celle qui donne le cancer, car pleine d’acrylamide surtout sur les produits végétaux, hihi, téflon ou acrylamide : peste ou choléra ?) qui, lorsqu’elle est bien formée, permet à l’ingrédient de se décoller de la poêle sans aucun effort. C’est pour ça qu’au début, le steak, il colle puis que d’un coup, il se détache tout seul (y parait, j’ai jamais cuit de steak dedans).

Bref, c’est simple, sans oeuf, ma pâte à crêpes manque de protéines (ah ben oui, on te l’avait dit qu’en devenant végétarien, on manquait de protéines !).

J’ai donc fait quelques essais avec ce que j’avais sous la main : au premier essai, j’ai mis un peu de farine de pois-chiche. Pas assez sans doute, ça a collé un peu quand même.

Au deuxième essai, j’ai mis plus de farine de pois-chiche ET une cuillère à soupe de gluten (pour un gros bol de pâte à crêpes). Et ben, là, miracle, ça se décollait tout seul. Pas encore le rêve, mais c’est déjà ça.

Voilà donc pour ceux-ceusses qui cherchent la recette de pâte à crêpes vegan parfaites pour les poêles en fer : il faut y ajouter des ingrédients riches en protéines.

A vous de voir :

  • Soit de la farine de pois-chiche (inconvénient, si tu mets le « bon » dosage pour que ça se décolle, ta crêpe a un goût de pois chiche…)
  • Du gluten pur (si t’es un vegan sans gluten, ben tant pis pour toi, voilà !)
  • de la farine de lupin (il y a plus de protéines que dans celle de pois-chiche, mais c’est cher, j’en ai pas et j’ai peur que ça ajoute un goût bizarre)
  • du tofu soyeux ? (y’a des protéines dans le tofu, nan ?)
  • des oeufs (hahaha, pas vegan ça) c’est quand même le plus facile et ça donne un meilleur résultat que le gluten/pois chiche/truc bizarrre, parce que même avec le gluten ma pâte à crêpes vegan dans ma poêle en fer, c’est quand même moins le rêve que celle avec des oeufs.

Sinon, pour ceux-ceusses qui ne savent pas par quoi remplacer le jambon dans les crêpes : des carottes fraîchement râpées à 4mm, natures comme ça, sans sauce, ça fait super bien illusion je trouve. (Essayez, je vous assure que c’est super)

Bonne chandeleur à vous !

Obsolescence programmée

Il n’y avait pas une loi contre ça ?

Le grille-pain

Mon grille-pain est un grille-pain du genre basique : pas de système qui fait « sauter » le pain, pas d’interrupteur, tu le branches, il grille tant que tu ne le débranche pas. C’est le même grille-pain qu’il y avait chez mes grands-parents pendant les vacances et que j’ai toujours vu depuis toute petite. Celui-là avait bien plus de trente ans (40 ? 50 ? qui sait, c’était une antiquité ce truc). Du coup, quand je me suis installée, j’ai pris le même : l’aspect neuf en plus, l’amiante en moins.

Il a bien 15 ans maintenant. Enfin, il avait… Un peu avant Noël, il a rendu l’âme.

Vous me direz 15ans pour un grille-pain, c’est une belle vie ! Ouais, ok, mais quand même, je vous dis, le truc c’est un truc basique. Du coup, lorsqu’il a cessé de fonctionner (enfin de chauffer, c’était la chose qu’il faisait), on l’a démonté et on a trouvé ce qui ne marchait plus. C’était la résistance (le seul truc qui pouvait se casser en fait), dont le filament de métal s’était coupé. Du coup, on a voulu la remplacer parce que je vous dis, c’est HYPER FACILE à réparer ! Hop, en route pour Darty pour commander la fameuse résistance à changer. En faisant la queue au service après-vente, j’en ai profité pour aller voir le prix du grille-pain en rayon. Ce n’est plus tout à fait le même, maintenant, il y a un interrupteur (du coup, tu peux le laisser brancher en permanence… mais ça fait un truc de plus qui peut « lâcher » et surtout, il n’est pas automatique donc ça ne change pas le fait que si tu l’oublies, ton pain se transforme en bout de charbon alertant tout l’étage que tes talents culinaires dégagent beaucoup de fumée.) Bref, je regarde le prix : 29,90€.

Au service après-vente arrive enfin notre tour : la pièce est à 25€, plus 6€ de frais de port…. total 31€.

31€ juste pour la résistance à revisser dans ton vieux grille-pain (qui est le même que celui en rayon, hein, juste qu’il n’a pas d’interrupteur)

29,90€ pour le grille-pain COMPLET ! On marche sur la tête, et quand on fait la remarque au vendeur, il nous dit « Ben oui, mais ce sont les prix du fabricant… »

Voilà de quoi décourager la réparation. Bref, mon grille-pain est parti à la déchetterie (voilà, alors qu’il n’y avait qu’une seule pièce à changer) et on n’en a pas acheté de nouveau. Depuis, on fait griller notre pain au four : ça a les mêmes inconvénients que mon vieux grille-pain (si tu l’oublies, l’alarme incendie se met en route) mais ça prend moins de place dans mon placard.

La Cocotte Minute

Il y a deux ou trois « outils » que je trouve indispensable en cuisine et que je me suis empressée d’acheter lorsque je me suis installée dans mon chez moi, il y a un peu plus de quinze ans : le grille-pain dont je vous ai parlé et, entre autres, la cocotte-minute. La première a été remplacé au bout de 5ans car devenue trop petite, j’ai craqué pour une plus grande et plus « technique ».  11ans donc que je l’ai. Ma belle cocotte minute dont les 3 points faibles sont : le joint (que nous avons changé 2 fois en 11ans), la poignée pliante qui refuse de rester dépliée (nous ne l’avons pas changée même si elle n’est pas chère à racheter car ça ne gène pas le fonctionnement du bazar) et… le minuteur.

AAAAAAhhh ! Le minuteur. En gros, c’est un truc électronique qui compte le temps pour toi : il bipe une première fois pour te dire « la pression est bonne, tu peux baisser le feu » et une deuxième fois pour te dire « c’est bon, c’est cuit ». Le truc indispensable, si, comme moi, tu as tendance à oublier que tu as mis un truc à cuire… (cf le grille-pain ci-dessus)

Le minuteur de ma cocotte est une truc en plastique qui ne passe pas à l’eau (attention, hein !) et qui a un léger petit défaut de conception qui n’a jamais été corrigé depuis que j’ai cette cocotte : l’un de ses pas de vis est fragile. En 10ans, nous en avons changé 4 fois et toujours à cause du MÊME problème : l’un des pas de vis en plastique se casse, le bidule n’est plus fermé correctement, la vapeur se faufile à l’intérieur et après des mois, le tout fini par rouiller et ne plus fonctionner. Le plus dingue, c’est que la pile à l’intérieur n’a jamais eu le temps de s’épuiser ! On a toujours dû remplacer le minuteur AVANT d’avoir à en changer la pile. Et en 10ans, le fabricant n’a jamais réparé ce problème… Une vingtaine d’euros à chaque fois (soit là, vu que bientôt il nous lâchera de nouveau), au total le prix de la cocotte neuve… hé ouais. (après, on peut se servir de la cocotte sans, mais je suis une vraie tête en l’air en cuisine)

La machine à pain

La machine à pain est, chez nous, devenue un indispensable : elle sert tous les 2 jours, voire tous les jours pendant les vacances. Nous descendons bien 15kg de farine par mois en pain. On l’a bien rentabilisée, on a calculé que c’était beaucoup plus rentable que d’acheter du pain et comme on n’aime pas trop la croûte, ben c’est génial !

Depuis deux ans (depuis que notre machine à laver nous a lâché en fait, c’était en même temps, juste avant Noël, il doit y avoir des mauvaises ondes chez nous à cette époque de l’année pour les objets électronico-électriques), elle fait un bruit de rotor d’avion quand elle pétrie le pain. Le problème est connu, il faut la nettoyer, la décrasser à mort. Elle a peut-être 8-10ans (là, j’avoue ne plus me souvenir quand nous l’avons achetée).

Bref, c’est devenu insupportable d’entendre la machine vous réveiller à 3h du matin, avec cette impression qu’elle va rendre l’âme, que son moteur va péter, c’est sûr, c’est pas possible qu’il tienne encore avec cet effort qu’il nous fait à CHAQUE pétrissage (et il y en a 2 ou 3 par fournée…)

Donc, le problème est connu sur internet : il faut la nettoyer. Sauf que pour la nettoyer à fond, il faut la démonter. Et là, c’est le problème : les vis utilisées (2 ou 4 à peine) pour fermer la coque en plastique sont des vis « propriétaires ». En gros, si tu n’as pas le tournevis Moulinex, tu ne peux pas l’ouvrir. Donc depuis 2ans, on se dit que vraiment il faut qu’on tourne ce fichu tournevis (et là, j’avoue, c’est la flemme et puis ça fait ch… d’acheter un tournevis pour JUSTE 4 VIS !)

J’ai la vie intellectuelle d’une huître…

… et cela ne me dérange pas plus que ça.

J’ai lu un bouquin le mois dernier parce qu’on me l’a offert à Noël. C’était « je vais le lire, il n’est pas long, 4 nouvelles, ça me prendra 4 soirées, jeudi je peux le mettre sur la pile des livres à donner ».

Le dernier film que j’ai regardé, c’était… bon si on ne compte pas les Disney avec les gamins, les Marvel avec l’homme… je sais plus. Il y a plus d’un an sans doute…

Je vais encore voir des spectacles parce que je suis abonnée, ou des expos. Mais lorsqu’il faut traîner les gamins qui ne veulent paaaaas, ce n’est pas aussi amusant. Et puis, je regarde, je ne lis plus les textes qui accompagnent les oeuvres. Je ne les ai jamais vraiment lu, mais maintenant, je ne les lis plus du tout. Du coup, c’est beaucoup moins stimulant c’est vrai. Mais je m’en fiche.

Je n’ai même plus envie de faire la cuisine, je ne fais que le nécessaire, déléguant dès que je peux à autrui.

Je sais qu’avec le fait que je préfère souvent rester au lit plutôt que de me lever, cela ressemble à de la dépression. Mais je vais bien ! Je me suis remise au sport (3 à 5 séances de gym par semaine selon mon état de santé), je n’ai pas l’impression de sombrer dans l’obscur comme à chaque fois que cela m’est arrivé.

J’ai 34 ans et l’activité intellectuelle d’une moule. Je ne révise même plus pour le concours que je suis censée passer en avril. Enfin à toute chose, malheur est bon : j’ai appris à résoudre le Rubik’s cube de mon fils.

Le démon de la lecture

Depuis des mois, nous nous battons pour que notre fils aîné lise autre chose que des BD (pas que nous soyons contre, mais bon, il y a tellement d’autre chose à lire que relire sans cesse les mêmes gags de Gaston)

Des mois qu’on lui dit « Tu sais Harry Potter, c’est bien tu devrais essayer. » Et qu’il nous répond « Nan ! » Parce que les livres sans image de plus de 50 pages lui paraissent trop longs (mais bon 50 pages, il les finit en un quart d’heure, donc cela ne l’occupe pas longtemps)

Et le voilà qui part pour dix jours de classe verte avec seulement deux magazines sur Minecraft qu’il a déjà lus de long en large (mais c’était la seule chose qui rentrait dans son sac à dos… il en aurait bien pris deux de plus), deux magazines pour dix jours, alors qu’il ne peut pas s’endormir sans avoir lu pendant une bonne heure… Du coup, j’ai agi dans son dos, je lui ai acheté le premier tome d’Harry Potter, je l’ai mis dans son sac en cachette avec un mot « Tu verras, si tu t’ennuies, lis ça »

Il a enfin commencé ce p*t*** de livre et il aime ça ! Plus d’un an qu’on le baratine avec des livres sans image, plus d’un an qu’il nous répond qu’il déteste Harry Potter (ou Tara Duncan, ou n’importe quoi qui ne soit pas une BD ou un magazine)…

Bon, ben ça, c’est fait (en espérant que ça dure).