Recette : Courgettes farcies végétaliennes

Hier soir, en rentrant de l’hosto, j’avais envie de manger un truc bon et bien cuisiné. Malheureusement, je n’avais plus du tout envie de cuisiner (nous sommes allés aux fraises samedi, donc, depuis samedi soir, je coupe, tranche, cuit, stérilise. 11,6kg de fraises ça donne pour information : 8 bouteilles de jus, 10 pots de coulis, 15 pots de confiture et 200gr de fraises séchées, mais ça dégoûte aussi de la cuisine et de la vaisselle…)

Du coup, après la soupe industrielle un peu fadasse d’hier, je me suis vengée ce midi avec des courgettes farcies. Voici la recette (ouais, maintenant, je mets des recettes voilà !)

Niveau prix : Quedal (au niveau ingrédient, le plus cher là, c’était sans doute les courgettes…)

Ingrédients pour deux :

  • Deux petites courgettes cueillies de la ferme (obligatoire ! sinon, elles sont gorgées d’eau et immangeables 😛 )
  • Quelques dés de tofu-feta express (voir la recette ici)
  • Une grosse poignée d’arachides (des cacahuètes quoi) non grillées non salées
  • De l’huile (un pchiout ça doit faire une cuillère à soupe…)
  • Du jus de citron (comme je mets du en bouteille, je dirais un pchiout aussi !)
  • Une bonne pincée de sel

Vous coupez les courgettes en deux dans la longueur, vous creusez un peu un des côtés pour que votre farce reste dans la courgette (ça sera la base, gardez l’autre côté pour faire capuchon)

Dans un mixeur, vous mettez les autres ingrédients et les bouts de courgettes que vous avez ôtés à l’étape juste au dessus (ça c’est parce que je n’aime pas jeter la nourriture). Vous mixez jusqu’à obtenir une pâte pas trop collante (sinon c’est que vous avez mis trop d’huile ou de citron)

Vous faites deux boudins avec cette pâte, les posez sur les demi-courgettes creusées, refermez les courgettes avec les autres demi-courgettes (je ne suis pas claire, enfin, vous faites un burger de courgette quoi !)

Dans un plat, au four à 180°C chaleur tournante pendant 30 minutes et Pouf, vous mangez un truc bon, chaud et végétalien.

Notes :

A la place des arachides vous pouvez mettre des amandes, mais c’est plus cher (ou des noix de cajou, mais ça doit être beaucoup plus « fort » en terme de goût) et si vous avez la flemme de prévoir le tofu-feta, ben ne le mettez pas (je ne suis pas sûre que ça ajoute du goût, en fait, je voulais faire des courgettes farcies à la feta à la base, mais version végétalienne et j’ai été radine sur le tofu-feta (qui n’a pas duré longtemps lui-même vu que c’est super bon comme ça à grignoter)

Voilà. Bon appétit.

Oui, il est possible de se couper le doigt avec un couteau à pain

Si possible un dimanche, bien entendu.

A quatre heure, pour le goûter en coupant la baguette en deux. Zwiiip !

Une belle entaille juste sur la jointure de l’index entre la première et deuxième phalange. Je l’ai vu avant de la sentir, grande ouverte, béante et pas de sang, juste de la viande quoi. D’un demi centimètre profonde…

Et j’ai su, tout de suite, que là, c’était les urgences, direct.

Puis le sang a coulé. J’ai lâché couteau, le pain, j’ai couru à la salle de bain. Sous l’eau froide pendant… Je sais pas. J’ai eu le temps de dire « Appelle mon père, faut qu’il me conduise aux urgences » (parce que l’homme n’a pas le permis et faut bien quelqu’un pour garder les petits) et y’a eu le temps que mon père arrive… 15 minutes sous l’eau ? 20 ? J’avoue que je ne sais pas. Et ça pissait encore.

Le plus drôle, c’est que j’avais le plus jeune des gamins qui hurlait derrière parce qu’il n’avait pas eu son goûter et qui m’en voulait à mort !

Bref, les urgences, c’est toujours pareil. J’ai toujours l’impression qu’on va me dire que c’était pas la peine, que j’encombre pour rien, que j’aurais pu aller à SOS médecin.

Sauf que la dernière fois, c’était ce qui m’avait fait attendre jusqu’à 3h du mat.

Flashback: Juste un petit coup (une étagère ikéa de 180kg) sur le doigt, je pouvais le bouger, y’avait juste une croûte sous l’ongle… Pas grave, pas de quoi encombrer les urgences un 15 août !

Ben à 3h du matin, la nuit du 15août, y’a pas grand monde, mais j’aurais eu moins mal si j’étais venue en journée… Et j’ai eu droit au sermon: « C’est peut-être cassé (ça l’était pas), vous auriez dû venir plus tôt »

Bref, cette fois, je savais que c’était les urgences. J’ai tellement été culpabilisée (moi qui n’ai quasiment jamais été aux urgences) par le discours « Urgences débordées, ne venez pas si ce n’est pas grave » que c’est difficile de savoir si on « peut » y aller pour « si peu ».

Certes ma main fonctionnait toujours, mais on m’a suffisamment fait le sermon « La main, faut toujours consulter ! Ça peut être grave même si ça n’en a pas l’air. »

Du coup, je suis allée aux urgences sans avoir la sensation d’être là pour « rien ». Un bobo certes (qui sait, ça aurait peut-être cicatrisé sans intervention), mais un bobo à deux points de suture mais pas trois ! de Monsieur « je suis trop fort » l’interne (très sympa ce monsieur :) )

Je n’ai plus droit de me servir de ma main gauche pendant deux jours (minimum) et vous savez quoi ? C’est vachement dur ! Taper au clavier par exemple…

Dinosôôôôaaarrrh !

Pourquoi continue-t-on de construire les enclos des dinosaures avec du béton, du métal et de l’électricité ? Sérieusement ? Pourquoi les attaquer avec des tasers géants, des seringues hypodermiques grosses comme mon bras et des balles réelles ?

Rien de tout cela ne fonctionne, ça fait 20 ans qu’on le sait, non ? Alors pourquoi continuer ?

Non, la solution est juste sous vos yeux, évidente, et j’espère que vous en prendrez notes pour les deux prochains films  (vu que les films maintenant fonctionnent par trilogie, quitte à bâcler complètement l’intrigue du premier : trop vouloir s’éparpiller mais ne rien approfondir à part l’idylle bluette entre les deux tourtereaux qui pensent qu’à se sauter dessus pour s’entre-dévorer la… Hum, je m’égare… C’est pas grave, ils expliqueront le reste sur les prochains), bref, voilà ma solution de la mort qui tue (en l’occurrence, les dinosaures) pour éviter que ça se reproduise ENCORE une fois (voire deux, cf. l’explication sur la trilogie ci-dessus) :

D’abord, vous construisez un mur d’enceinte entièrement en talons aiguille de la directrice du parc. Sérieux, c’est une experte en survie, ces talons doivent être fait d’un assemblage d’adamantium et de mithril. Si vous faites un mur avec ses chaussures, aucun dinosaure (même un super méga-dino muté caméléon-seiche-grenouille) ne passera. C’est vrai, elle se balade dans la jungle, dans la boue, à courir partout et ils restent impeccables. Le producteur a du avoir un partenariat avec Vanish aussi parce qu’ils restent d’un blanc immaculé (ça c’est un sponsoring qu’on ne fait que deviner, c’est tellement subtil, contrairement à humm… de mémoire : Dr Dre, Pepsi, Lumia – dommage z’auraient dû rester Nokia…)

Ensuite, si jamais vous avez eu l’imprudence de laisser la porte ouverte (oui, un truc, des portes ouvertes directes sur l’extérieur, sans sas c’est vraiment pas très intelligent, hein… genre même les velociraptors ont un sas pour pas s’échapper comme ça), donc si vous laissez la porte ouverte, vous pouvez toujours courir après votre dino et lui vaporiser un coup de laque immobilisante pour un brushing impeccable. Demandez à la directrice (Tante machin, j’ai même pas retenu son prénom !) Un coup de vapo et votre dino bougera plus pendant 1h30 (après ce délai, le méchant dino ondulera juste légèrement pour prendre un air légèrement décoiffé, mais pas trop, juste pour qu’on comprenne que le perso a trouvé l’amour de sa vie et que donc, elle se fiche complètement de réajuster sa coiffure entre l’attaque du petit dino vicieux et celui du plus gros dino volant)

Bref, un film qui veut trop en faire avec des refs au tout premier film (pour les geeks) mais qui veut juste faire du fric et oublie quand même que le tout premier voulait peut-être faire du fric, mais qu’à l’époque, on misait sur la qualité d’image et surtout d’histoire sans prévoir d’en faire un deuxième derrière « parce que bon ben voilà, ça va marcher aussi bien que le tout premier (parce que y’a le nom, et pis des dino, et donc on va aussi en faire 3, comme pour les premiers) en oubliant que les deux suivants n’étaient pas des réussites…

C’est un peu comme les comédies romantiques américaines où la self-made-business-woman retourne dans son patelin d’origine pour une raison familiale (patelin ici représenté par deux neveux oubliés qu’on lui colle sur le dos pour des questions de divorce) et tombe amoureuse du bouseux local : ça fait bien rire, passer le temps (j’ai pas regardé ma montre), mais y’a pas non plus le côté « romantique » qui fait frémir les coeurs des comédies romantiques. Après, j’ai pas eu l’impression que c’était aussi effrayant que le tout premier. Enfin, j’ai vingt ans de plus et je l’ai vu en 2D, ceci explique peut-être cela… C’est pas une bouse non plus.

Ironiquement, le discours qui mène à ce grand méchant plus méchant que le T-rex qui était déjà très très méchant, c’est « Aujourd’hui, les gens veulent du plus gros, plus impressionnant, donc on doit le leur fournir même si c’est pas « un vrai dinosaure » ».

Ben voilà, Jurassic World, c’est ça. Ça se veut plus gros, plus impressionnant, mais c’est même pas une « vraie » histoire.

Madama Butterfly

Après une bonne journée qui finit en queue de poisson (cf. note précédente), j’ai été voir Madama Butterfly à l’opéra de Lille.

Une valeur sûre : Puccini à la partition (c’est le spectacle bankable de l’année pour l’opéra de Lille) et Jean-François Sivadier à la mise en scène.

La mise en scène de Sivadier

L’idée est de ne pas tomber dans la caricature de la culture japonaise et de traiter Madama Butterfly pour ce qu’il est : un drame. La tragédie grecque donc est l’inspiration de cette mise en scène, avec tout ce que cela peut avoir de théâtral : des personnages couronnés aux toges amples et l’omniprésence du chœur surtout sur le dernier acte. Sivadier est avant-tout un homme de théâtre, avec sa culture et ses références, si éloigné des références traditionnelles en matière de mise en scène d’opéra. C’est bien, ça change.

Premier acte : comédie. Trop surjoué peut-être. Sharpless (Armando Noguera) est un peu trop cabotin au début, donnant l’impression de retrouver le Figaro de l’an dernier (dans une mise en scène de…. Jean-François Sivadier déjà !). Mais c’est sans doute le défaut de la mise en scène puisque Noguera prouve, par la suite, qu’il peut incarner beaucoup plus de profondeur (et j’avoue avoir envie de le retrouver une rôle plus grave à l’avenir)

Il y a une mise en place de quelques signes symboliques (une sorte de salut « bonjour/merci/au revoir » selon le sens dans lequel il est fait) comme une volonté d’éviter absolument tout signe qui pourrait rappeler la culture japonaise. Était-ce vraiment utile ? Vouloir sortir de la japon-niaiserie d’accord, mais tomber dans le travers d’inventer une nouvelle « culture » pour cela relève tout autant du folklore (et éloigne du drame).

La mise en place du décor, par contre, est vraiment intéressante, les murs sont des étendards déplacés à l’envi. Le principe reste le même que pour Le Barbier de Séville l’année dernière : un plateau vide, quelques sièges et des rideaux de théâtre. Malgré tout, la scène n’est pas vide et l’on se laisse prendre par les mouvements des acteurs (les chanteurs ne sont jamais moins de quatre sur scène).

Deuxième acte : Que dire ? Serena Farnocchia (Cio-cio-san) chante bien, mais n’a pas réussi à me transcender. Peut-être n’avais-je pas l’esprit à ça. Mais justement, cela aurait dû me changer les idées, me faire vivre autre chose… le principe de catharsis toussa (on reste dans le théâtre grec, voyez !) Rien. C’était agréable à écouter, sans plus. Très musical, pas vraiment émotionnel.

Mise en scène très intéressante lorsque Cio-cio-san et Suzuki dénudent le jardin de ses fleurs pour couvrir le sol de pétales. Pas de pétales, pas de fleurs. Elles arrachent juste les étendards pour s’enrouler dedans, ce qui laissent une forêt de croix (très christique tout cela, ça fonctionne bien, on voit le drame venir même si l’on ne connaît pas l’histoire)

madama-butterfly-lille2015

Troisième acte : Un peu trop théâtral peut-être, avec l’omniprésence du chœur. Omniprésence qui plombe sensiblement cet acte assez intime, non pas par la présence des choristes, mais par l’impression qu’ils donnent d’avoir été mis là pour signifier quelque chose sans que l’on sache vraiment trop quoi. Ils bougent, gesticulent même une espèce de symbolique inintelligible qui donne l’impression que, par manque d’idée, Sivadier a voulu développer l’idée du chœur antique des tragédies grecques sans vraiment savoir quoi en faire sur la fin. Il faut dire que Puccini n’aide pas, c’est souvent un peu longuet…

(Enfin, c’est toujours mieux que Lucia di Lammermoor par Stanislas Nordey en 2013, où la mise en scène était un peu près sur tout : une bonne idée de départ, de bonnes intentions, mais une mise en place complètement à côté de la plaque : les déplacements, les personnages et même les jeux de lumière étaient toujours à côté de leurs pompes ! Sivadier, heureusement, nous évite ça.)

Il se rattrape d’ailleurs bien sur la fin. Pas les dix minutes de fin, non la vraie fin, les dix dernières mesures, bref, sur le suicide de Butterfly, ce qui est assez court et sans doute bien aidé par la musique de Puccini (malgré un couac parmi les percussions ou peut-être mes oreilles m’ont-elles joué un tour ?) Dix mesures à vous prendre aux tripes.

Pour la musique, rien d’exceptionnel, pas de véritables audaces. Les chanteurs sont bons, bien dans leur rôle. J’ai eu une préférence pour Armando Noguera (Sharpless) et François Piolino (Goro), et puis Rachid Zanouda en serviteur muet très bien utilisé.

Conclusion : un bon spectacle assez consensuel à voir (il sera diffusé en live mardi 2juin un peu partout dans la région et sur la culturebox de France Télévision). Et sinon, je déteste toujours autant le personnage de Pinkerton !

Suite de mes histoires de santé…

Je ne pensais pas que c’était à ce point-là, mais je stresse sans doute beaucoup plus que je ne le pense.

Donc, depuis vendredi, j’ai à nouveau (parce que ça me l’avait déjà fait le mois dernier, mais j’avais mis ça sur le compte de ma séance d’ostéopathie), j’ai à nouveau, dis-je, des attaques de panique. L’impression de ne plus pouvoir respirer, d’avoir mal à la poitrine, d’être oppressée.
Ah, ah, ah…Ouais, ça serait drôle si ce n’était pas si gênant. Parce que ça m’empêche de dormir correctement, du coup, je suis crevée et c’est pas ça qui m’aide à déstresser.Et surtout, je ne vois pas ce qui me stresse. Pas vraiment, en tout cas, rien qui n’ait déjà été présent depuis des mois, alors pourquoi maintenant ?

Bon jour, mauvais jour

Hier, je n’ai rien fait ou presque. J’ai paressé au lit quasiment toute la journée. J’ai fait le repas de midi. Cela m’a pris trois fois 2minutes : le temps de mettre les ingrédients du séitan dans la machine à pain (un essai de seitan façon poisson, avec du court bouillon et des algues nori, pas très concluant, ça n’a quasiment pas de goût), puis le temps de mettre le séitan ainsi que le mélange riz-riz sauvage-lentilles vertes à cuire au cuit vapeur et, enfin, le temps de mettre le tout dans deux assiettes pour manger.

Ensuite, je suis retournée dans mon lit en cafardant.

A un moment de l’après-midi, j’ai eu un sursaut d’honneur, j’ai fait 10minutes de vélo elliptique (résistance à zéro, ça fait quinze jours que je suis pas montée dessus à cause de mes migraines/torticolis/oppression thoracique/hanche coincée/flemme) mais c’est tout. Je suis restée en jogging toute la journée à regarder la saison 10 de l’inspecteur Barnaby.

Hier, ce n’était pas une bonne journée.

Aujourd’hui, allez savoir pourquoi, ça va mieux : nous sommes allés au marché, avons acheté des fruits, j’ai décidé d’inaugurer mon cadeau d’anniversaire en faisant du jus de pommes (c’est en train de juter), nous avons enfin mis à la poste une lettre qui traine depuis des plombes, les chèques de remboursement sécu à la banque, j’ai fait des burgers à midi (même que j’ai fait les petits pains moi-même), bref, là ça va mieux. Je sais pas si je ferai du vélo elliptique aujourd’hui (naaaan, faut pas rêver, j’ai toujours la hanche un peu coincée et puis faut pas trop en faire à la fois non plus, sinon demain je déprimerai à nouveau 😛 )

Nous avons aussi découvert un nouveau magasin végé (ça ne serait pas arrivé si nous n’avions pas posté la lettre !) qui est moins cher que les biocoops où je vais et vends des tas de faux-mages végétaux et même que le faux cheddar a une texture et un goût de cheddar, dingue non ? (si vous avez déjà essayé des fromages végétaux, vous comprendrez que ça tient du miracle)

Bref, aujourd’hui, c’est une bonne journée.

C’est amusant (si l’on peut dire) de voir comme on se raccroche aux petites choses quand on sombre

Hier, je suis allée chez l’ostéopathe. Enfin, à l’école d’ostéopathie, j’ai pas vraiment les moyens de me payer un véritable ostéo.

Pendant l’heure qu’a duré la séance, on a beaucoup parlé. Stress, évidemment puisque j’étais coincée de partout, avec cette réaction de l’étudiant : « Essayez d’être moins stressée, relaxez-vous, rien n’est grave. »

Non, rien n’est grave, j’étais un peu dans le pâté en sortant, mais j’ai quand même pu reprendre ma voiture et repartir. Essayer d’oublier, de me détendre, de prendre du temps pour moi, pour relativiser, pour ne plus penser à rien.

Penser à rien, j’y arrive bien en conduisant, je me concentre sur la route, les autres et je me sens bien. Sauf que ma voiture, là, hier en essayant de ne plus penser à rien en sortant de chez l’ostéopathe, elle faisait un tas de bruits bizarres. Enfin, plus bizarre que d’habitude. Je sais très bien que ce petit bruit de liquide qui coule quand je roule, c’est le système de refroidissement. Il faut ajouter du liquide et le bruit disparait. Ça m’est arrivé à plusieurs reprises ces derniers mois, mais c’était juste un tout petit bruit.

En roulant, hier, c’était un bidon de 5 litres qui s’écoulait à gros bouillons. Évidemment que ça m’a inquiétée, je ne suis pas inconsciente. Je n’allais pas m’arrêter en pleine campagne non plus et aucun voyant ne s’allumait sur mon tableau de bord.

Depuis quelques temps, tous les objets techniques (machines, robots, trucs avec pleins d’électronique) nous lâchent un à un. Depuis Noël en fait, il ne se passe pas un mois sans que plusieurs de nos objets « industriels » ne cassent leurs pipes. C’est au point qu’on en vient à parier sur le prochain qui nous lâchera.

On croyait vraiment que ce serait la machine à pain. Elle semble cependant nous avoir laissé un répit, après avoir été graissée (répit de courte durée, la graisser tous les jours ne réparera pas le problème). C’est idiot, nous avons une boulangerie en bas de chez nous ouverte tous les jours de 8h à 20h, nous pourrions nous en passer même le dimanche. Mais bon, c’est super pratique et l’on peut se faire du pain vraiment intégral et bio, des brioches sans lait ni oeufs, des tas de trucs qu’on ne trouve pas forcément à la boulangerie d’en bas. Et au pire, nous avons un four…

La machine à pain a repris son bruit étrange lorsqu’elle tourne. Ma voiture, elle chauffe beaucoup trop. En rentrant, hier, soudain, le bruit de liquide qui coule a cessé. La voiture, elle, s’est mise à souffler comme une damnée. Le ventilo du moteur tournait un peu trop fort à mon goût, j’ai même ouvert le capot pour vérifier que ça ne chauffait pas exagérément (je n’ai pas pu vérifier le liquide de refroidissement, il fait trop noir dans le parking souterrain). Le capot était froid, le moteur à peine chaud mais le ventilo tournait, tournait, tournait…

La voiture roule toujours, mais, là, la visite au garage s’impose. Ce mois-ci, pas le mois prochain. Ce mois-ci, évidemment. Mais nous vivons en ville, il y a les transports en commun, voilà le bon côté. Même si ça nous prends plus de temps, plus d’argent aussi car nous sommes 5 à voyager tout de même, et que nous ne pouvons guère envisager de sortir de la métropole lilloise en bus, métro ou tram.

Je n’irais sans doute pas voir la mer vendredi. L’année dernière, j’avais passé la journée sur la plage, à ne rien faire du tout. Cette année, je m’en passerai.

En attendant, je continue de tenir ma maison rangée, propre. Ça finit par ressembler à de la maniaquerie. Le soir, je ne vais plus me coucher avant d’avoir fait le tour de l’appart : la cuisine impec, sans vaisselle ni rien qui traîne, le couloir que je parcours en tout sens jusqu’à ce que plus rien ne reste par terre, jusqu’à ce que chaque cartable, manteau, chaussure ait retrouvé sa place, bien rangée, les toilettes sans chaussette qui traîne, avec du papier, la salle de bain où je réaligne les brosses à dents, le salon pour vérifier que tout est à sa place (et souvent, je suis obligée de repasser plusieurs fois et de repartir à l’autre bout de l’appart pour ranger ce qui traîne), et pour finir, ma chambre où je m’assure qu’il ne reste plus rien par terre, que j’ai bien jeté ou rangé les papiers, lettres, facturettes avant de m’autoriser à me coucher.

C’est cette maniaquerie obsessionnelle qui me permet de tenir. Cela occupe ma journée (c’est hallucinant ce qu’on peut salir une cuisine en quelques minutes), me donne l’impression que j’ai prise sur quelque chose de tangible, que ma vie ne s’effiloche pas tant que tout reste en ordre.

La fin du monde peut arriver, mes herbes aromatiques et mes épices sont toutes bien alignées dans leur tiroir.

Le verre d’eau dans lequel on se noit…

Ce qui me fait le plus de mal, en ce moment, c’est cette impression de n’avoir jamais aucun répit.

Mes migraines sont passées, le torticolis est arrivé. Sérieux, évidemment, parce que sinon ça n’aurait pas été aussi amusant. Coincée au lit près de deux jours, des médocs qui font planer (un peu, je suis facilement dans le gaz avec les médicaments), et l’ennui qui s’installe, forcément, parce que je n’ai pas l’esprit à me distraire en regardant des séries à la con ou en lisant n’importe quoi.

Financièrement, le mois d’avril est un mois très difficile : parce qu’il y a les charges sociales à payer, parce qu’on a les échéances d’assurances, parce qu’on a les vacances à réserver (la première fois depuis toujours…), un retard de la cantine à payer (tant pis, je paierai le mois prochain).

J’aime rire de ce qui m’arrive, le rire, c’est la seule chose qui me reste.

Mais des fois, c’est à la limite des larmes.

La CAF nous réclame des sous, environ une année et demie de trop perçu. Pourquoi est-ce toujours nous qui attirons les problèmes administratifs ? Pourquoi ces mêmes administrations mettent autant de temps à corriger le tir ? C’est toujours un an, deux ans de cotisations non-réclamées, ou de trop perçus, évidemment à rembourser d’un coup ou sur un échéancier conséquent. Pas toutes en même temps, non, mais lorsque l’on a réglé un problème avec l’une, c’est une autre qui se manifeste.

A peine sortis d’une période de remboursement pendant laquelle nous calculons tout pour être dans les clous, nous entrons dans une autre. C’est sans fin, du moins, j’en ai l’impression.

Nous avons toujours tenu à n’avoir aucun crédit, parce que nous ne voulons pas vivre sur ce que nous n’avons pas. En tant que travailleurs indépendants, il est difficile de prévoir les rentrées d’argent: un crédit sur 25ans pour payer une maison, sur 5 ou 10 ans pour payer une voiture, ce sont des choses auxquelles nous ne pensons même pas. Même la nouvelle machine à laver, nous l’avons payé cash. Jamais de crédit, jamais d’excès, toujours un budget en équilibre.

Et pourtant, c’est sans arrêt que l’on doit de l’argent ici ou là. C’est donc 3000€ que la CAF réclame, et je me dis que ces sous auraient dû nous faire sentir « riches », ça fait presque 200€ par mois de « trop ». Dans quoi sont-ils partis ? Nous ne sommes pas plus riches, nous n’avons pas de nouvelle télé HD surround (nous n’en avons d’ailleurs pas du tout),  nous avons dépensé moins en essence, en électricité, en eau que l’année d’avant, je n’ai pas refait ma garde-robe, le chéri n’a pas refait ses lunettes… Alors où sont-ils passés, ces sous ?

En décembre, j’ai réalisé (avant même de savoir que cette masse nous tomberai dessus) que je devais faire encore plus attention à mon budget. J’ai tout revu à la baisse et nous n’étions déjà pas dépensiers.

J’ai peur aussi pour les années à venir : pour l’instant, mon compagnon bénéficie encore de l’ACCRE, une aide qui lui permet de ne pas payer ses cotisations sociales à taux plein. Qu’en sera-t-il lorsqu’il devrait payer le double de ce qu’il paye actuellement ?

Je n’aime pas non plus l’idée que mon cadet m’amène sa tirelire en nous disant « Tiens maman, c’est pour faire les courses ». Et je me vois obligée de le rassurer que c’est son argent, que nous avons « assez pour faire les courses » qu’il ne faut pas qu’il s’inquiète (c’est un anxieux), alors que je me retiens de leur donner de l’argent de poche lorsque les mois sont difficiles et qu’il voit bien que je calcule tout.

Et en parallèle, j’essaye de voir le « bon côté des choses ». Mais c’est dur.