C’est amusant (si l’on peut dire) de voir comme on se raccroche aux petites choses quand on sombre

Hier, je suis allée chez l’ostéopathe. Enfin, à l’école d’ostéopathie, j’ai pas vraiment les moyens de me payer un véritable ostéo.

Pendant l’heure qu’a duré la séance, on a beaucoup parlé. Stress, évidemment puisque j’étais coincée de partout, avec cette réaction de l’étudiant : « Essayez d’être moins stressée, relaxez-vous, rien n’est grave. »

Non, rien n’est grave, j’étais un peu dans le pâté en sortant, mais j’ai quand même pu reprendre ma voiture et repartir. Essayer d’oublier, de me détendre, de prendre du temps pour moi, pour relativiser, pour ne plus penser à rien.

Penser à rien, j’y arrive bien en conduisant, je me concentre sur la route, les autres et je me sens bien. Sauf que ma voiture, là, hier en essayant de ne plus penser à rien en sortant de chez l’ostéopathe, elle faisait un tas de bruits bizarres. Enfin, plus bizarre que d’habitude. Je sais très bien que ce petit bruit de liquide qui coule quand je roule, c’est le système de refroidissement. Il faut ajouter du liquide et le bruit disparait. Ça m’est arrivé à plusieurs reprises ces derniers mois, mais c’était juste un tout petit bruit.

En roulant, hier, c’était un bidon de 5 litres qui s’écoulait à gros bouillons. Évidemment que ça m’a inquiétée, je ne suis pas inconsciente. Je n’allais pas m’arrêter en pleine campagne non plus et aucun voyant ne s’allumait sur mon tableau de bord.

Depuis quelques temps, tous les objets techniques (machines, robots, trucs avec pleins d’électronique) nous lâchent un à un. Depuis Noël en fait, il ne se passe pas un mois sans que plusieurs de nos objets « industriels » ne cassent leurs pipes. C’est au point qu’on en vient à parier sur le prochain qui nous lâchera.

On croyait vraiment que ce serait la machine à pain. Elle semble cependant nous avoir laissé un répit, après avoir été graissée (répit de courte durée, la graisser tous les jours ne réparera pas le problème). C’est idiot, nous avons une boulangerie en bas de chez nous ouverte tous les jours de 8h à 20h, nous pourrions nous en passer même le dimanche. Mais bon, c’est super pratique et l’on peut se faire du pain vraiment intégral et bio, des brioches sans lait ni oeufs, des tas de trucs qu’on ne trouve pas forcément à la boulangerie d’en bas. Et au pire, nous avons un four…

La machine à pain a repris son bruit étrange lorsqu’elle tourne. Ma voiture, elle chauffe beaucoup trop. En rentrant, hier, soudain, le bruit de liquide qui coule a cessé. La voiture, elle, s’est mise à souffler comme une damnée. Le ventilo du moteur tournait un peu trop fort à mon goût, j’ai même ouvert le capot pour vérifier que ça ne chauffait pas exagérément (je n’ai pas pu vérifier le liquide de refroidissement, il fait trop noir dans le parking souterrain). Le capot était froid, le moteur à peine chaud mais le ventilo tournait, tournait, tournait…

La voiture roule toujours, mais, là, la visite au garage s’impose. Ce mois-ci, pas le mois prochain. Ce mois-ci, évidemment. Mais nous vivons en ville, il y a les transports en commun, voilà le bon côté. Même si ça nous prends plus de temps, plus d’argent aussi car nous sommes 5 à voyager tout de même, et que nous ne pouvons guère envisager de sortir de la métropole lilloise en bus, métro ou tram.

Je n’irais sans doute pas voir la mer vendredi. L’année dernière, j’avais passé la journée sur la plage, à ne rien faire du tout. Cette année, je m’en passerai.

En attendant, je continue de tenir ma maison rangée, propre. Ça finit par ressembler à de la maniaquerie. Le soir, je ne vais plus me coucher avant d’avoir fait le tour de l’appart : la cuisine impec, sans vaisselle ni rien qui traîne, le couloir que je parcours en tout sens jusqu’à ce que plus rien ne reste par terre, jusqu’à ce que chaque cartable, manteau, chaussure ait retrouvé sa place, bien rangée, les toilettes sans chaussette qui traîne, avec du papier, la salle de bain où je réaligne les brosses à dents, le salon pour vérifier que tout est à sa place (et souvent, je suis obligée de repasser plusieurs fois et de repartir à l’autre bout de l’appart pour ranger ce qui traîne), et pour finir, ma chambre où je m’assure qu’il ne reste plus rien par terre, que j’ai bien jeté ou rangé les papiers, lettres, facturettes avant de m’autoriser à me coucher.

C’est cette maniaquerie obsessionnelle qui me permet de tenir. Cela occupe ma journée (c’est hallucinant ce qu’on peut salir une cuisine en quelques minutes), me donne l’impression que j’ai prise sur quelque chose de tangible, que ma vie ne s’effiloche pas tant que tout reste en ordre.

La fin du monde peut arriver, mes herbes aromatiques et mes épices sont toutes bien alignées dans leur tiroir.

Le verre d’eau dans lequel on se noit…

Ce qui me fait le plus de mal, en ce moment, c’est cette impression de n’avoir jamais aucun répit.

Mes migraines sont passées, le torticolis est arrivé. Sérieux, évidemment, parce que sinon ça n’aurait pas été aussi amusant. Coincée au lit près de deux jours, des médocs qui font planer (un peu, je suis facilement dans le gaz avec les médicaments), et l’ennui qui s’installe, forcément, parce que je n’ai pas l’esprit à me distraire en regardant des séries à la con ou en lisant n’importe quoi.

Financièrement, le mois d’avril est un mois très difficile : parce qu’il y a les charges sociales à payer, parce qu’on a les échéances d’assurances, parce qu’on a les vacances à réserver (la première fois depuis toujours…), un retard de la cantine à payer (tant pis, je paierai le mois prochain).

J’aime rire de ce qui m’arrive, le rire, c’est la seule chose qui me reste.

Mais des fois, c’est à la limite des larmes.

La CAF nous réclame des sous, environ une année et demie de trop perçu. Pourquoi est-ce toujours nous qui attirons les problèmes administratifs ? Pourquoi ces mêmes administrations mettent autant de temps à corriger le tir ? C’est toujours un an, deux ans de cotisations non-réclamées, ou de trop perçus, évidemment à rembourser d’un coup ou sur un échéancier conséquent. Pas toutes en même temps, non, mais lorsque l’on a réglé un problème avec l’une, c’est une autre qui se manifeste.

A peine sortis d’une période de remboursement pendant laquelle nous calculons tout pour être dans les clous, nous entrons dans une autre. C’est sans fin, du moins, j’en ai l’impression.

Nous avons toujours tenu à n’avoir aucun crédit, parce que nous ne voulons pas vivre sur ce que nous n’avons pas. En tant que travailleurs indépendants, il est difficile de prévoir les rentrées d’argent: un crédit sur 25ans pour payer une maison, sur 5 ou 10 ans pour payer une voiture, ce sont des choses auxquelles nous ne pensons même pas. Même la nouvelle machine à laver, nous l’avons payé cash. Jamais de crédit, jamais d’excès, toujours un budget en équilibre.

Et pourtant, c’est sans arrêt que l’on doit de l’argent ici ou là. C’est donc 3000€ que la CAF réclame, et je me dis que ces sous auraient dû nous faire sentir « riches », ça fait presque 200€ par mois de « trop ». Dans quoi sont-ils partis ? Nous ne sommes pas plus riches, nous n’avons pas de nouvelle télé HD surround (nous n’en avons d’ailleurs pas du tout),  nous avons dépensé moins en essence, en électricité, en eau que l’année d’avant, je n’ai pas refait ma garde-robe, le chéri n’a pas refait ses lunettes… Alors où sont-ils passés, ces sous ?

En décembre, j’ai réalisé (avant même de savoir que cette masse nous tomberai dessus) que je devais faire encore plus attention à mon budget. J’ai tout revu à la baisse et nous n’étions déjà pas dépensiers.

J’ai peur aussi pour les années à venir : pour l’instant, mon compagnon bénéficie encore de l’ACCRE, une aide qui lui permet de ne pas payer ses cotisations sociales à taux plein. Qu’en sera-t-il lorsqu’il devrait payer le double de ce qu’il paye actuellement ?

Je n’aime pas non plus l’idée que mon cadet m’amène sa tirelire en nous disant « Tiens maman, c’est pour faire les courses ». Et je me vois obligée de le rassurer que c’est son argent, que nous avons « assez pour faire les courses » qu’il ne faut pas qu’il s’inquiète (c’est un anxieux), alors que je me retiens de leur donner de l’argent de poche lorsque les mois sont difficiles et qu’il voit bien que je calcule tout.

Et en parallèle, j’essaye de voir le « bon côté des choses ». Mais c’est dur.

Peau neuve

Ce blog fait peau neuve. Nouvelle peau, nouveau contenu.

La base de données a été allégée, la machine à gaz que mon wordpress était devenu est redevenue un wordpress de base avec un template de base et le minimum syndical en terme de contenu. Cela faisait longtemps que j’y réfléchissais, il fallait juste arriver à sauter le pas.

Avec un nouveau principe  : les billets auront une durée de vie d’un an. Un peu à la mission impossible Ta da da da da da da da da… Et après ? Ben, vous pourrez toujours aller les lire ailleurs (des tas de sites archivent les autres sites, la BNF en premier lieu, s’ils ont bien fait leur boulot, vous pourrez toujours les retrouver).

Donc si vous aimez un billet, enregistrez-le, sauvez-le, archivez-le, parce que d’ici un an, il disparaîtra.

Vous remarquerez aussi que j’ai viré les bouquins gratos ici et les bouquins pas gratos ailleurs. Je n’ai pas dit que je les supprimais définitivement, juste que je n’ai plus le temps de m’occuper de ça (ni l’envie, il faut le dire), ils reviendront peut-être un jour, sous une autre forme, ou pas. On verra, pour l’instant, je veux me concentrer sur les textes plus récents que j’ai laissé à l’abandon. Et sur ma propre vie aussi.

Mon homme dirait que je me tire une balle dans le pied parce que j’ai un bon site bien classé dans Google et que supprimer des pages « qui attirent » les visiteurs, ben, ce n’est pas intelligent d’un point de vue webistique. Mais comme c’est pas mon métier de bien classer mon propre site, que le-dit site ne me rapporte rien et que finalement, faire des visiteurs juste pour attirer les gens qui s’intéressent toujours aux mêmes pages, ça ne m’intéresse pas. Alors QUÉQUETTE !

C’est mon blog, je fais ce que je veux.

Le stress tranquille

En ce moment, je suis stressée. On ne dirait pas comme ça, mais j’angoisse, je me bats avec ma vie et ses problèmes récurrents, quotidiens. Oh, pas de gros problèmes : les enfants vont bien, les finances ne tombent jamais dans le rouge (vive ma gestion efficace d’un budget) et finalement, je n’ai aucun problème qui ne puisse se résoudre avec du temps, un peu de bonne volonté et parfois aussi un peu d’argent (parlez-en à ma machine à laver, à ma cafetière, à ma balance de cuisine, mon pèse-personne, mon ordi tout neuf encore sous garantie – ouf- et ma voiture).

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Mais voilà, si les problèmes ne sont pas graves, ils sont sans cesse là. Pas le temps d’en régler un qu’un autre est déjà survenu. Si ce n’était que matériel, cela irait, mais il y a aussi les problèmes administratifs (remerciez-moi, je les attire juste pour que vous n’en ayez jamais, vous), les problèmes familiaux (pas grave, c’est juste organiser les vacances en casant 2 mariages en quinze jours, évidemment pas au même endroit et surtout pas à côté de chez moi, ça me fait plaisir bien sûr, mais ça reste un souci « de plus »), les petits rendez-vous médicaux/bancaires/administratifs à droite à gauche qui vous bouffent quand même pas mal de temps.

Tous ces petits riens qui s’accumulent et qui « font la vie » dirait mon homme, mais qui m’occupent l’esprit plus qu’ils ne le devraient. Je devrais arriver à prendre du temps pour moi, à me reposer un peu.

Depuis quinze jours, je fais des insomnies matinales (vivement le changement d’heure), j’ai des vertiges, des maux de tête et cet oeil gauche qui n’en fait qu’à sa tête. Sans doute le stress. Oui, je le sais bien, je l’ai dit au médecin, je sais bien que ça doit être ça. Je sais que je « vais bien » physiquement, je ne m’angoisse jamais pour ma santé, mais pour tout le reste.

Il y a quelque année, j’ai assisté à une conférence sur le Burn out maternel. Le même que celui qu’on trouve chez les employés stressés/pressés. Et s’il y a une chose que j’ai très bien comprise, c’est que le burn out, ce n’est pas péter les plombs, tout envoyer balader et sauter par la fenêtre. Au contraire, c’est sournois. C’est le fait d’accumuler les angoisses, les soucis, tous les « petits riens qui font la vie », et de les accumuler au point d’en avoir ras-le-bol. Mais pas un ras-le-bol explosif, non, un ras-le-bol plat, fade, qui vous fait fonctionner en mode automatique. On est en situation de burn out lorsque l’on ne réagit plus que par automatisme, qu’on est dans une sorte de train qui va trop vite et qui nous oblige à cesser de penser, de réagir en individu. Quand on devient une sorte de machine vivante. Et c’est très grave : exploser, c’est réaliser que ça ne va pas et vouloir changer; fonctionner en mode auto, c’est, au contraire, intégrer ce stress à sa vie et ne pas se rebeller contre lui. C’est finir par somatiser avec des migraines, des vertiges, des insomnies, et un oeil qui vous force à rester dans l’obscurité parce qu’il ne peut plus supporter la lumière du jour.

Je devrais prendre du temps pour moi, pour mes projets qui sont au point mort depuis trop longtemps (quels projets ? Quelle direction prendre ? Même ça, je n’en ai plus aucune idée !), mais je n’y arrive pas.

En attendant, j’ai deux nouveaux rendez-vous à prendre (prise de sang, médecin) et un médicament qui m’empêche de conduire (monsieur n’ayant pas le permis, je dois trouver une alternative pour le transport des petits, les courses, etc.), ce qui ne fait qu’ajouter à la somme que j’ai déjà sur le dos. Moi qui pensait résoudre une partie de mes problèmes en allant chez le médecin… Ironique, non ?

Je suis prête pour aller vivre à la campagne…

Puisque je n’écris plus, en ce moment, je joue les bonnes mères de famille.

Il faut bien occuper ses journées…

Les chocolats de Pâques que j'ai fait la semaine dernière (les gros sont doubles couches : lait et blanc, comme des Kinder surprises) - Mes pauvres enfants vont encore dire qu'ils préfèreraient les vrais kinders (surtout les gros parce que leurs copains en ont tous eux...)
Les chocolats de Pâques que j’ai fait la semaine dernière (les gros sont doubles couches : lait et blanc, comme des Kinder surprises) – Mes pauvres enfants vont encore dire qu’ils préfèreraient les vrais kinder (surtout les gros parce que leurs copains en ont tous eus…)

Hier, j’étais de sortie de classe: une journée en forêt avec la classe du petit dernier, les 3-4ans et demi (très important le et demi)

Départ 8h30, avant ça, j’avais fait 1h d’insomnie (vivement le changement d’heure, je me réveillerai à 6h30, ce sera plus décent que 5h30), puis 30minutes de sport (pour perdre les 3kg pris depuis Noël, et pis un peu plus plus avant l’été, hein, sinon, la piscine, j’irai pas), fait cuire les haricots noirs (et lancé la stérilisation de plus d’une heure), râlé contre les enfants encore en pyjama (puis pour les dents, puis pour les sacs, puis pour raaaaaaaah – je ne parlerais pas d’un matin ordinaire, d’habitude, je ne les emmène pas à l’école…) et j’ai même sortie le linge de la machine (je ne l’ai étendu que le soir par contre, je ne suis pas Wonderwoman)

La sortie de classe, c’était marrant en gros : on a vu 3 grenouilles dans une mare, on a mangé, on a fait du « sport » (et là, je dois dire que j’ai morflé quand il a fallu lever les bras – POURQUOI ai-je fait du sport le matin, hein ? J’ai failli me taper la honte devant une bande de gamins de 4ans tellement ils étaient lourds, mes bras !) et puis on est rentré. Il était 15h30. Et à 16h15, quand 4ans est revenu de l’école avec son papa, il m’a raconté toute sa journée (les grenouilles, les têtards, la course de relais…) comme si je n’y avais pas été (mémoire de poisson rouge, le gamin).

Enfin, mes conserves de haricots noirs sont belles et bien fermées (va falloir que je rachète des couvercles par contre parce que je commence à être à court de couvercles pas rouillés et hermétiques…) et je programme déjà les futurs conserves à faire :

Fin mars ou début avril : sécher une cagette de 3kg de champignons de paris frais (parce que c’est quand même super pratique à mettre dans la soupe, et les champigons séchés, ça coûte un bras)

Fin avril-mai, les confitures de fraises  car nous sommes venu à bout des 26pots de la récolte des 14kg de fraises cueillies en 2013 (va falloir les modérer un peu cette année, les convaincre que cueillir les carottes ou les haricots, c’est bien aussi…), mais aussi des autres pots de confitures (l’♂ ayant ouvert le dernier pot de confiture d’abricot dimanche…)

En juin, les petits pois (24 pots ça serait bien, mais je ne sais pas si j’aurais assez de place et de pots pour en faire autant – surtout que ce sont les mêmes pots que pour les aubergines à la provençale -25 pots par fournées, ça me tient 6mois-, donc je vais avoir du mal à tout stocker et/ou faut que je rachète des pots…) et puis ça dépendra aussi du prix à la cueillette, même si je préfèrerai mettre du frais et local en conserve, si c’est trop cher, ça sera des petits pois surgelés (oui, je fais des conserves de légumes surgelés parce que c’est plus écolo de stocker en pot qu’en congélateur – d’autant que j’ai un petit appart donc un petit congel, un pot ça se glisse partout, pas un congélateur, oui, mais dans ce cas, pourquoi je ne prends pas des petits pois déjà en conserve ? Parce qu’il y a un tas d’additif dedans et surtout il y a toujours du sucre ! au moins, mes conserves sont clean, en plus, je peux avoir des petits pois cultivés en France pour moins cher que ceux vendu en pots)

En juillet, la confiture d’abricots et faire des abricots secs aussi, j’arrive au bout de ma première tentative de l’année dernière (j’avais séché 3kg d’abricots et ai obtenu un pot à bonbons en verre ikea -ma référence « dosage », m’en faudrait deux pour l’année prochaine)

En Août, si la récolte est bonne et mon oncle sympa, récolter des pommes (pour tenter de faire du jus et des compotes) et bien sûr des prunes ! J’ai dû sécher 5 ou 6 kg (sur 12) l’année dernière et j’avoue que c’est tellement bon, que je vais en refaire beaucoup plus cette année (là, je me modère parce que j’arrive au fond du pot…) Par contre, les pommes séchées, ça ne se bonifie pas avec le temps (elles sont devenues toutes molles après quelques semaines… ça vaut pas le coup)

En Septembre, faire les mûres en « cueillette sauvage » (non, je vous dirais pas où, c’est mon coin à mûres faudrait pas que vous alliez le piller avant moi, non mais !) pour faire de la gelée.

Et sans doute au milieu de tout ça : refaire des conserves de haricots beurre et d’aubergines à la provençale. Peut-être aussi du pâté végé pour cet été (genre, on va en camping, le pâté c’est un peu obligatoire)

Et puis faut que je range l’appart (et vire des tas de trucs qui nous servent pas – tenez, une table comme ça, en brun, ça ne vous intéresse pas, par hasard ?), que je fasse l’état des lieux des garde-robes printemps-été (pour moi, c’est « la cata », j’ai plus aucun top mettable (je ne fais pas ma lolita-fashion victime : mes hauts ont tous plus de 5ans, voire 10 pour les plus vieux, et entre les taches indélébiles, les trous et la trame visible, je n’ai vraiment rien à mettre qui ne fasse pas clodo sur le retour) et pour finir, faut aussi que je regarde des tas de reportages sur les catastrophes aériennes (mon truc du moment, allez, ça occupe et puis on se dit « Punaise, mais, c’est pas vrai, plus jamais je m’approche d’un aéroport ! »)

Des nouvelles

Je n’ai rien écrit ici depuis Janvier. Un bel article pour m’indigner, dire que je fermerai pas ma gueule et puis plus rien. Ironique, non ?

Mais voilà, j’ai pas l’esprit à continuer ce blog « dans un but purement d’écrivain ». J’ai commencé à bloguer bien avant ce site, d’ailleurs, ici, au début, c’était juste un nouveau blog sur tout et n’importe quoi (recettes de cuisine &co, cherchez pas, j’ai viré tout ça l’année dernière). Parce qu’en ce moment, j’ai des soucis, des trucs imprévus : machine à laver qui tombe en panne, puis c’est la chaine hifi, puis le volet roulant coincé, la balance de cuisine qui déconne, la voiture qui fuit de partout, mes plantes qui se sont chopées un truc (des araignées ? un champignon ? enfin, elles crèvent toutes les unes après les autres quoi), l’impétigo du petit qui refuse de partir, les 3 kg que j’ai pris depuis le début de l’hiver, l’impression d’étouffer, physiquement et moralement, sous les corvées, les affaires, les imprévus.

Parce que je ne me sens plus du tout non plus dans cette histoire d’autopublication (je vous épargne, pour l’instant, le couplet sur le fait que c’est pas forcément une bonne chose pour un auteur), parce que je n’ai rien écrit depuis novembre (le Camp NaNo arrive, peut-être que ça me remotivera…) parce que ma vie, en ce moment, c’est « comment faire pour dépenser moins » alors qu’on fait déjà attention à tout, comment voulez-vous que je réfléchisse, que je replonge dans les méandres d’un cerveau en ébullition, d’une activité intellectuelle, quand il est, lui (mon cerveau), entièrement tourné vers le mode « survie quotidienne » ?

Je pense que ce blog va redevenir un truc plus fourre-tout, moins orienté. Ne parler que d’écriture, cela me convenait quand j’avais quelque chose « à vendre » (même si ce n’est pas la bonne façon d’attirer le lecteur de romans que de parler d’écriture, on n’attire que les écrivains). Là, j’ai besoin d’un truc plus personnel.

(pas de titre)

J’ai attendu un peu, quelques jours, que la tension retombe, que l’émotion (bien que toujours là) baisse et me laisse réfléchir. Être moins dans l’affect, c’est toujours une bonne chose sur internet comme dans la vie.

Lorsque j’ai appris la nouvelle, j’ai pensé « Bah, c’est pas grave, Charlie ne peut pas s’arrêter, ça leur est déjà arrivé. » Et puis douze morts, non, c’est énorme. Et les noms sont tombés : Cabu, Wolinski, Charb se sont les trois noms que j’ai retenus au début (évidemment, je n’oublie pas les autres que je connaissais de loin comme Bernard Maris, ou pas du tout – tous les autres : Honoré, Tignous, Elsa, Michel, Mustapha et les anonymes : Frédéric, Franck et Ahmed, sans compter les blessés et les survivants, ceux qui portent le drame parce qu’ils ont été épargnés.).

Cabu et Wolinski surtout.

Parce que c’est mon enfance qu’on a volé. Cabu, c’est RécréA2, le club Dorothée. Le fameux nez de Dorothée n’aurait pas été si célèbre sans lui. Parce que le Beauf (que je ne trouvais pas toujours drôle) hantait le Canard enchainé et était devenu cette caricature du Beauf friqué qui dévoie tout au titre de l’argent et du cul. Parce que c’est mon enfance qui s’envole définitivement et que, mes enfants, eux, y sont toujours (d’ailleurs, c’est dur à vivre : ils sont si inconscients de tout ça, et toi tu veux leur parler, mais ils continuent à te parler de Mario, de leurs copains, de la paire de chaussures de sport qu’il faut pour demain) Cette nuit pourtant, 7ans a dormi avec nous, il avait peur des monstres (que son petit frère se transforme en loup-garou, parce qu’il est souvent « pas d’accord avec lui » et qu’ils se battent tous les jours pour de simples mots…) Même si on m’a volé mon enfance, je dois conserver la leur pour qu’ils ne deviennent pas ça en grandissant, pour qu’ils n’aient pas peur.

framboisier

Par Soulcié (l’image a été twittée ici, mais je ne sais pas d’où elle vient à la base) – Une des rares images qui m’ait arraché un éclat de rire depuis deux jours (elle est vraiment bonne XD)

Wolinski parce que c’est un mythe, tout simplement (au même titre qu’a pu l’être Sempé ou que l’est Uderzo), un type qui a tout fait et qui continue(ait) même à 80 balais.

Charb, je l’ai découvert au détour d’un article de Marianne, il y a quelques mois, sur les personnes protégées (j’avoue rarement regarder les signatures de caricature). Le type inspirant, sympa, qui continue de vivre et dire ce qu’il pense, qui n’a pas peur (des autres, de la mort, d’être en désaccord).

Charlie Hebdo, c’est le journal de mon papa. J’ai donc toujours vu ça traîner à la maison. De l’humour lourdingue avec un peu de bon sens (et quelques éclairs de génie, mais toujours grossier, bordel de merde). Des types anars post-68ards qui bouffaient du curé (quelle que soit sa religion, au curé, d’ailleurs plus souvent catho que musulman) et des politiques, parce qu’ils croyaient que les idéologies de toutes sortes sont mauvaises. Avec de la mauvaise foi aussi, souvent. Parce qu’on est dans un pays libre, qu’on peut dire et écrire ce que l’on pense en restant dans le cadre de la loi (et qu’ils ont rarement été condamnés pour ce qu’ils ont publié).

Alex pour le Courrier Picard

Par Alex pour le Courrier Picard (bel esprit, c’est exactement ça !)

Musicalement, j’ai grandi avec Renaud, Font et Val, donc l’humour grossier de Charlie, je connais (et il me fait même parfois rire). Leur entêtement sur les caricatures de Mahomet (surtout sur celles qui n’étaient pas drôles et clairement offensantes), je ne l’ai vu que comme un entêtement borné de gamins qui feront toujours ce qu’on leur interdira. Du poil à gratter, voilà ce que c’était. Si le Canard Enchaîné révèle les petites et grandes histoires politico-religieuses en adulte, Charlie hebdo, c’est le gamin, l’adolescent attardé, le journal qui refuse de grandir, de mûrir, et qui avait raison, il faut rester fidèle à soi-même et ses idées. C’étaient des cons (et je leur rend hommage en utilisant ce mot), mais ils avaient au moins la décence d’être cons pour essayer de nous faire rire, ils ne se prenaient pas au sérieux, eux. Parce que les cons pour de sérieux sont légion et c’est bien désespérant !

J’ai passé deux jours accrochée à Twitter et au site du Monde. J’y passerai sans doute encore la journée, parce que je n’arrive pas à penser à autre chose. Depuis deux jours, j’ai finalement peu viré de gens de ma vie internet. C’est dans ce genre de moment que les gens se révèlent vraiment. Tous ceux qui disaient « C’est bien mérité », je les ai virés (et je me demande bien comment j’ai pu m’intéresser à des gens pareils un jour…) parce que non, personne ne mérite de mourir pour avoir donné son avis, jamais et dans aucune circonstance. J’imagine mal Cabu ou Charb aller planter leur poing dans le gueule de ceux qui étaient d’un avis différent (quant à les tirer comme des lapins… haha, je me marre) : ils faisaient des dessins pour s’expliquer, ils n’utilisaient pas la violence physique. L’avantage du verbe, du dessin, c’est qu’on peut toujours en faire abstraction : mes idées ne vous plaisent pas ? Et bien ne les lisez pas, ne les écoutez pas ! C’est plus dur avec un poing dans la gueule.

J’ai laissé une petite chance à ceux qui tentaient d’expliquer qu’on ne pouvait pas être contre le meurtre, anti-raciste, féministe et en même temps pour la liberté d’expression (oui, oui, y’en a eu deux ou trois comme ça : Charlie étant leur bête noire depuis un moment). Ben si, parce que je pense qu’on peut l’être ET RESPECTER que d’autres soient d’un avis différent. La dialectique, la discussion c’est l’important. Il faut laisser les gens dire ce qu’ils pensent, c’est le meilleur moyen de contrer leurs arguments, de les convaincre qu’ils ont tort (ou moi-même de réviser mon jugement, je n’ai pas la science infuse) Mais pour cela il faut qu’il y ait discussion. Si on empêche les gens de dire « les extra-terrestres, c’est tous des voleurs », ils le penseront quand même, mais on ne pourra pas leur faire comprendre que ce n’est pas une généralité… parce qu’on ne les entendra plus et qu’on ne pourra plus les contrer. C’est pour cela, il faut qu’il y ait discussion et échange de points de vue, et donc, liberté de parole (et de presse) !

Je me marre aussi de voir que Notre-Dame a sonné le glas pour des athées, que le FN se pose en victime « non-invitée » à un rassemblement censé être apolitique, alors que Marine n’a pas attendu deux jours pour récupérer l’affaire et proposer un référendum sur la peine de mort (ce qui est totalement contre les valeurs que défend Charlie, mais toutes les occasions sont bonnes à prendre), je me marre de voir que les politiques sont en train de se taper dessus pour un rassemblement (le même) avec des appels à « non-récupération politique », alors que le « peuple » se débrouille très bien sans eux pour organiser des manifs spontanées dans le calme et l’union (comme quoi, les politiques ne servent qu’à foutre un peu plus la merde auraient sans doute commenté certaines victimes).

Vidberg pour Charlie

Par Vidberg (elle ne m’a pas fait rire, mais elle est tellement vraie)

Je pleure de voir que des cons (des vrais, des méchants) attaquent des lieux de cultes musulmans (ou considérés comme tels : une famille dans une voiture, un kébab… comme si ils y étaient pour quelque chose, eux ?) juste parce que les assassins ont crié Allah akhbar (comme si c’était un cri terroriste entonné par des millions de musulmans tous les jours, ça signifie juste Dieu est grand ! Bordel ! N’importe quel catho fait pareil et on ne va pas tous les accuser d’être des terroristes juste pour avoir affiché leur foi, non ?)

Je pleure de voir que ces gens (ceux qui prétendent faire payer l’attentat à tous ces salauds d’islamistes-musulmans, amalgame facile et qui démontre leur peu de compréhension du monde) se font justice eux-même, comme des terroristes, sans aucun respect pour les deux policiers qui sont morts (sans oublier les deux policiers gravement blessés) et qui, eux, faisaient leur boulot en défendant les lois et valeurs de la République. Valeurs que ces gens bafouent en prétendant la défendre !

Bref…

En décembre, comme tous les ans, je cogite beaucoup sur l’année à venir, à me demander si je dois continuer ou non, si je dois écrire des trucs « populaires » (et qui se vendent bien) ou sur ce qui m’intéresse vraiment même si c’est plus littéraire, moins agréable à lire (pas à cause du style, mais à cause du sujet et du temps que ça me prend à écrire). J’allais m’y remettre (à écrire), et puis, voilà, y’a ça qui tombe. En décembre, j’avais presque décidé d’arrêter ce blog, parce que j’en avais marre des commentaires désobligeants (que je censure, hé oui mais parce qu’ils sont insultants), et que j’ai bien compris que pour qu’on parle de mes livres ailleurs, il fallait que je me case un peu, que j’arrondisse les angles (trop de coups de gueule, les gens n’aiment pas, sachez-le), qu’être blogueuse (surtout ici, il n’y a pas de pub, ça ne me rapporter donc rien financièrement…) hé bien, c’était pas mon boulot, que je devais plutôt écrire. Et disparaître d’internet, un peu, parce que ça me bouffe (du temps, de l’énergie, de la motivation) et que ça ne me fait pas avancer professionnellement (comme dit plus haut : les gens ne lisent pas les trucs un peu polémiques ou engagés, ils veulent du rassurant ou du rêve, désolée, j’écris plus de ça)

Et voilà, là, c’est juste impossible. Si je le faisais, je ferais, non pas le jeu des terroristes, mais le jeu de ceux qui veulent une société bien lisse et sans accroc, une société qui ne fait pas polémique et qui s’endort (une société endormie, c’est pas bon). Une société qui nie les positions extrêmes et déterminées (quelles qu’elles soient) et donc qui les stigmatise, les met à la marge, les rejette et les pousse à penser de travers, à penser que la France n’est pas un pays pour eux et qu’il faut le changer (et, ironiquement, leur permet de rallier tous ceux qui se sentent exclus du système), et finalement qui les pousse à la violence pour se faire entendre. Et ça, je n’en veux pas.